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hualihza

Un an et demi de vélo sur les routes d’Amérique centrale et d’Amérique du sud

04-05-2013

New adventure and new blog!

Bonjour and hello,

After latin america, I'm now heading toward Asia. Check my new blog: http://theroadinsideme.tumblr.com/

Love always.

J.

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08-08-2009

**************************** FIN ******************************

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Clap de fin pour hualihza en 2009

La nouvelle surprendra surement…mais l’aventure hualihza s’arrête en Bolivie pour l’année 2009.

J’ai découvert un endroit paradisiaque. J’ai eu le coup de foudre.

L’endroit respire une énergie particulière. A 2000 mètres d’altitude, j’ai posé mes valises dans un éco-lodge au milieu d’un écrin de nature.

C’était une envie personnelle que j’avais depuis longtemps que de me mettre au vert, apprendre un maximum sur la construction d’habitat écologique mais aussi  prendre le temps le vrai, celui de la réflexion, de la lecture et de l’apprentissage d’un mode de vie différent.

La récolte du café est à présent terminée, place à la machette au quotidien en mâchant la feuille de coca et en apprenant l’Aymara (dialecte local). Je travaille en tant que jardinier/maçon/menuisier en compagnie des ouvriers de l’hôtel.

Je ne travaille pas pour l’argent mais pour un toit, le déjeuner, et l’apprentissage de la technique de massage Shiatsu distillé par la propriétaire, une allemande de 70 ans. Je médite aussi chaque jour.

Sans faire de long discours, l’endroit est magique et donne envie de s’y arrêter pour qui le temps n’a plus de prise. L’endroit s’appelle « Sol y Luna », Coroico, Nor Yungas (www.solyluna-bolivia.com)

Et Ushuaia? Me direz vous…

L’’idée, au jour d’aujourd’hui est de vivre en Bolivie jusque fin 2009, revenir en France une courte période, environ 6 mois histoire de remettre quelque peu les finances à flot etpuis…Repartir.

Il va de soi que la découverte du Chili, de l’Argentine, de la Patagonie et de la Terre de feu reste d’actualité. Ce sera le programme de hualihza2010, de La Paz à Ushuaia,  toujours à vélo…mais cette fois-ci très vraisemblablement…en couple.

J’ai pris beaucoup de plaisir à vous conter mon quotidien de voyageur à vélo, de vous faire part de mes états d’âme, d’essayer de faire transparaître une certaine image des pays traversés à travers des descriptions de paysages, des anecdotes humaines, un peu de social, parfois de la politique.

Je m’arrête après un peu plus de 11000 kms, de nombreux pays traversés, d’innombrables rencontres et un bonheur au quotidien de me sentir vivant et de manger la vie.

Il y aura d’autres aventures… Hualihza 2010 bien sur, et puis ensuite surement un projet musical a Buenos Aires avant que l’Asie ne vienne frapper à la porte.

Voilà, il me reste à vous saluer toutes et tous, lectrices et lecteurs réguliers ou occasionnels.

Je  referme la page avec le grand plaisir de vous retrouver un jour, sur la toile une nouvelle fois, ou mieux les yeux dans les yeux, ici ou ailleurs.

Prenez soin de vous.

Julien.

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07-08-2009

Copacabana - La Paz

Copacabana - Batallas (90 kms) / Batallas - La Paz (61 kms)

Je passe une journée à Copacabana en petite forme, la faute à un fromage qui en voulait à mon estomac. Je reprends pourtant le vélo le lendemain en me gavant d’immodium.
Je suis pas au meilleur de mes possibilités mais je n’ai pas le gout de me morfondre dans une chambre d’hôtel une journée de plus.

La route n’est pas tendre avec moi le matin de mon départ et commence ni plus ni moins par un petit col à 4200 mètres. La route ensuite redescend jusqu’à l’estrecho de Tiquina.
Je m’arrête en chemin pour manger un bout et un suisse à vélo, vient à ma rencontre. Il remonte en solo depuis l’Argentine, c’est un fondu de vélo. L’échange est bref mais sympathique et quelque part j’aurais bien parcouru quelques étapes avec lui mais il va dans l’autre sens.

L’estrecho de Tiquina, sépare deux rives de quelques centaines de mètres. Faute de pont, les véhicules empruntent des barges pour passer. Je charge le vélo et je suis rapidement de l’autre côté.
Je dépasse ensuite plusieurs petits villages et une nouvelle fois, je suis confronté à la pollution aux abords du lac. Si on lève les yeux par contre, le paysage est magnifique. Je me rapproche petit à petit des sommets enneigés.

Le froid fait son apparition en fin de journée pour clore une journée peu riche en évènement. Je choisis de m’arrêter au village de Batallas.
Je fais quelques emplettes pour le soir et j’en profite pour demander à la vendeuse s’il n’y aurait pas un endroit où dormir pour le voyageur de passage.
Elle me répond qu’il n’y a pas d’hôtel dans le village mais m’indique qu’elle a déjà vu des voyageurs à vélo comme moi et qu’ils ont trouvé l’hospitalité derrière cette grille près de l’église…Le presbytère.

Je tente ma chance et un père vient à ma rencontre. Il se montre tout de suite avenant et me propose un lit une fois s‘être enquis de mon histoire.
Il a à peine le temps de me dire qu’il vient d’Indonésie et qu’il vit ici depuis quelques années, que ses « affaires » l’appellent. Je le remercie alors de sa bienveillance et commence à cuisiner sur le pas de la porte.
Je me couche dans la foulée, dans une chambre aux posters boisés, avec une lumière venue du ciel et reprenant les principes de la Bible…

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De retour au vélo dans la matinée, je fais la route sur un altiplano un peu morne et rapidement j’atteins la ville d’El Alto, juste avant La Paz.
La ville est un cloaque, de la circulation partout, pas de respect des signalisations, la jungle. Je me fais même couper la route par une camionnette qui passe au rouge et le chauffeur de lever son majeur devant mes remontrances…

Je demande ensuite ma route à un agent de la circulation (qui aura servi aujourd’hui) et au détour d’une habitation, l’Apparition.

La Paz est là, en contrebas, impressionnante. La ville est construite dans une cuvette dont tous les rebords sont à présent couverts d’habitations. Jusqu’au plus près de falaises friables, les boliviens ont construit. Au loin, qui surplombe la ville, le sommet de l’Illimani et ses neiges éternelles.
Je ne peux m’empêcher de rester un long moment à contempler la ville d’en haut, c’est vraiment une folie.
J’entame ensuite la descente vers la Plaza San Francisco et m’en vais prendre du bon temps dans cette ville, capitale économique de la Bolivie.

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26-07-2009

Isla del Sol (2 jours off)

L’Isla del Sol a la beauté des paysages de la Corse ou de la Sicile mêlés à celui du lac Léman depuis Lausanne, pour les sommets enneigés sur l‘autre rive. C’est magnifique, presque magique.

L’île est considéré comme le berceau du soleil. Et, comme la vie est bien faite,  ce soir c’est le solstice du soleil et le 21 juin est considéré comme le début de l’année pour les indiens Aymara.
Cette nuit, réveil donc dans la nuit pour monter jusqu’à des ruines…pour « recevoir » les premiers rayons du soleil. Un peu de musique autour d’un feu et un grand concours d’embrassades dans ce lieu impromptu une fois le soleil apparu.
Le reste de la journée, je trek avec des Français rencontrés en chemin jusqu’au sud de l’île.  Une petite sieste au soleil pour se remettre de la courte nuit et déjà c’est le retour sur le continent.

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Puno - Copacabana, Bolivia

Puno - Juli (81 kms) / Juli - Copacabana, Bolivia (61 kms)

Et la route de reprendre, le dernier tronçon avant la Bolivie.

J’ai beaucoup apprécié le Pérou, plus que jamais l’expérience « naturelle » de la traversée de Huaraz à Cusco a été comme une grande et belle période de mon voyage jusqu’ici.
Même si la route était un enchainement de cols, ces journées m’ont fait comme entrer dans une poésie au cœur de la cordillère andine. Tous ces paysages et ces gens rencontrés ont ouvert une fenêtre nature que l’on troque volontiers en fin de journée pour une douche chaude mais qui en réalité ont une énergie particulière.
Une journée avec trois voitures croisées et une nuit dans la solitude de la montagne est une « grande » journée.

La route d’aujourd’hui est relativement plane et suis de près les contours du lac Titicaca. C’est l’époque des moissons et les ballots de roseaux parsèment la paysage. Beaucoup de familles battent le blé fraichement coupé. Le bétail sert aussi à écraser la céréale. Les animaux tournent comme au manège. Ensuite les femmes exécutent la dernière étape, de séparation du son des grains avec l’aide du vent.

Pas de longue conversation le long de la route aujourd’hui mais un paysage qui défile petit à petit. Je me suis fixé la ville de Juli pour la soirée. Les fin d’après-midi sont froides et j’apprécierai mieux un hôtel à 2 euros cette nuit.
La fin de journée est belle avec des rayons qui déclinent dans une plaine à élevage, au loin le lac et encore après les montagnes enneigées.

Juli est une ville étape: hôtel et restaurant sur la petite place centrale et une fermeture des rideaux tôt dans la soirée.


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Petit déjeuner dans la chambre, j’attends quelque peu que les rayons du soleil aient réchauffé le fond de l’air, pour m’élancer.
La route débute par une petite côte de mise en jambe et une descente dans le froid.
A ce sujet, je commence à moins apprécier les descentes. Je n’ai pas le goût de m’arrêter en haut de chaque montée et d’enfiler une couche. Alors je me refroidis dans les descentes et attends secrètement que la route s’aplanisse pour gagner des degrés.

Dans la matinée, j’atteins le bas du lac Titicaca. Je dois le contourner par là. La route se rapproche de l’eau et la route emprunte une petite montée qui offre un joli point de vue en haut. Je fais une photo et immortalise mon passage au lac Titicaca.

Un léger vent contraire sur une quinzaine de kilomètres, un dernier pique-nique pain et fromage au Pérou,  et je suis à la frontière.
Personne excepté mon vélo (qui est venu avec moi), et un minibus remplis de polonais. Je troque mes soles péruviens pour des bolivianos et m’en vais tamponner le passeport de sortie du Pérou. Je répète l’opération côté Bolivie et en moins d’une demi heure, j’ai changé de pays.

Encore quelques kilomètres et je suis à Copacabana, village de départ des bateaux pour l’Isla del sol.
A l’entrée, il y a un barrage de militaire. Ils me prennent pour un bleu et me demande dix bolivianos (1 euro) pour rentrer dans la ville. Le motif, je fais mon entrée dans une zone touristique…
Mes yeux faussement ronds et mes dénégations auront raison de leur détermination et je passerai sans rien débourser.
Tout en me demandant si cette expérience serait un cas isolé ou si la Bolivie souffre d’une possible corruption, je fais mon entrée dans Copacabana.

La ville est touristique mais l’activité n’est pas extrême, la faute surement aux barrages au Pérou qui empêchent les touristes en bus de passer.
Je me trouve un petit hôtel et vais boire des verres pour prendre le pouls. C’est calme. Je me renseigne sur l’Isla del Sol, le bateau sera pour demain.

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Juliaca - Lac Titicaca - Puno

Juliaca - Capachica (43 kms) / Capachica - Amantani - Puno (bateau)

Aujourd’hui, je prend l’itinéraire Bis. Mon idée est de rejoindre l’ile d’Amantani sur le lac Titicaca. Et, sur la carte, il semble possible de s’y rendre depuis une péninsule à l’est de Puno. Puno est le port principal du tourisme sur les iles du lac Titicaca coté péruvien.

Je recherche le début de la route dans les faubourgs de Juliaca et demande mon chemin à des boliviens incrédules de me penser aller dans cette direction.
Finalement, je trouve le chemin et c’est parti pour la piste version Paris-Dakar. La route principale étant trop « cahot »ique,  je fais les bordures. Des marques serpentent sur la pampa, je les suis. Je fais du cross en fait. Je parcours les kilomètres comme une récréation.

Deux fois, je dois m’arrêter devant une fourche. J’attends alors une hypothétique camionnette pour lui demander la route.
Le chemin m’apparaissait plus court sur la carte mais à force de méandres et de pistes caillouteuse, j’avance laborieusement. Je croise quelques bergères avec des chapeaux colorés que surmontent deux boules de laine. Et, j’ai l’étrange impression de venir d’une autre planète tant j’ai le droit à des écarquillements de yeux sur mon chemin mais toutes les personnes rencontrées se montrent bienveillantes.

Aux alentours de midi, je prend la pause déjeuner devant une station service du bout du monde, style Bagdad Café…J’attend que le pompiste retrouve les clés du cadenas rouillé pour me fournir en essence. Mon réchaud est à vide.
Je déguste un poulet au riz que j’avais eu la présence d’esprit d’acheter à Juliaca en attendant. Finalement je reprends la route sans avoir fait le plein. Le pompiste toujours à la recherche de son trousseau.
Puis, je fais quelques centaines de mètres à peine et je retrouve les suisses (on s’était donner rendez-vous). C’est parti pour le lac Titicaca. Une dernière colline et il est là sous nos yeux...

L’apparition est magnifique. On dirait la mer tant il est immense, d’un bleu profond. Je dévale les derniers mètres vers la plage, déballe mes sacoches, trouve mon maillot et cours.
Je jette ma casquette au plus haut et me baigne dans une eau pas plus froide qu’en Bretagne. On est pas loin des 4000 mètres d’altitude et je fais des ronds dans l’eau. Du bonheur.

On monte le campement directement sur la plage et on assiste au balai des bergers qui amène le troupeau boire…dans cette mer…d’eau douce.

L’endroit est charmant et même si la température baisse rapidement, on ne se lasse pas de regarder l’horizon. Le coucher de soleil sur le lac sur une plage déserte justifie et compense largement les efforts de la journée.

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Réveil matinal. Le bateau pour l’île d’Amantani démarre à 7h. On charge les vélo comme on peut sur une embarcation faite maison. Durant le trajet vers Amantani, le moteur va s’arrêter de nombreuse fois et au milieu du lac, le préposé au bateau joue du tournevis pour refaire démarrer le tout.
On redémarre à chaque fois après un moment de…flottement.

Arrivée sans encombre sur l’île d’Amantani, on trouve rapidement un habitat chez l’habitant. C’est spartiate mais à un pris défiant toute concurrence, 2 euros la nuit en pension complète.
On dépose les affaires et débutons l’ascension de l’île. Elle est formée de deux petites collines avec des chemins montant à deux temples, Pachamama (la terre mère) et Pachapata (la terre père). La vue en haut est magique. A travers les arcs de pierre, l’île plonge dans le bleu intense du lac. Au loin, on aperçoit la cordillera Real, une chaine de montagnes enneigées côté Bolivie.

Ensuite, on redescend pour prendre le déjeuner au sein de notre famille et on s’en va prendre le soleil sur une petite plage où, avec Michel on se rebaigne et en profitons pour nous laver.

Le soir, je prendrais place dans la cuisine enfumée et échangerais longuement avec la chef de famille nous préparant une délicieuse soupe à la quinua. Les femmes d’Amantani porte souvent un voile sur la tête qui leur donne un air solennel et une beauté toute ilienne.

Un petit bémol tout de même sur la journée, je trouve le lac, par endroits, victime de la pollution que ce soit le phosphate qui a fait se proliférer les algues vertes sur le bord ou bien des déchets de la vie quotidienne en évidence. Aussi, je demande qu’est-ce qu’il en est de la pêche car je suis étonné de ne pas voir beaucoup d’embarcations de pêcheurs. On me répond que le poisson s’est fait rare ces dernières années.
J’imagine alors que la faute incombe ici à une méconnaissance du milieu et une préoccupation pour l’écologie reléguée une nouvelle fois au second plan après la survie.
Pour autant je m’entend raconter une histoire à mon sens farfelue qui voudrait que les chiliens empoisonne le lac…Le Pérou possède une rivalité importante avec son voisin et les guerres de territoire ont laissé des traces.

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La journée du lendemain, on reprend un bateau et rejoignons Puno sans visiter les iles flottantes d’Uros me paraissant trop touristiques.

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14-07-2009

Cusco - Juliaca

Cusco - Combapata (107 kms) / Combapata - Santa Rosa (100 kms) / Santa Rosa - Milieu de la pampa (88 kms) / Milieu de la pampa - Juliaca (51 kms)

Je quitte Cusco au matin. Cette ville m’a vraiment charmé et a été une belle étape. Mais le désir d’asphalte a tout de même fait sa réapparition il y a quelques jours et aujourd’hui je vais combler ce manque.
La sortie de la ville n’est pourtant pas très romantique et les premières heures de la journée s’écoulent sans plus de saveur. Je fais tout de même une belle rencontre, un cycliste suisse, barbu, les yeux rieurs, on s’entend tout de suite.
On discute un long moment, il a le temps et moi aussi. On est rejoint par deux cyclistes péruviens version vélo de course et la conversation se prolonge à 4. Une petite heure passe et chacun reprend sa route. Le suisse remonte sur Cusco.

Des ruines, une petite lagune, des paysages relativement vert et pourtant je suis fatigué, physiquement, moralement. Peut-être la perspective d’une route plus plane que les belles montagnes d’avant Cusco me font me sentir de la sorte.

J’avale tout de même les kilomètres en légère montées descentes.
En fin de journée, je dois slalomer entre des pierres sur la route et je dépasse plus loin une longue file de véhicules à l’arrêt. Ils sont bloqués par des manifestants qui empêche le passage d’un pont. Les revendications sont double.

Tout d’abord, ils manifestent contre la privatisation de l’eau. Le gouvernement est en passe de donner l’exploitation de l’eau de toute la région à une entreprise étrangère. Des emplois qui ne bénéficient pas aux péruviens et une augmentation certaine des prix de cette ressource naturelle en perspective.
Les manifestants réclament la grève générale et bloquent ainsi les entreprises de transport pour ajouter à leur efficacité de paralysie.

La deuxième revendication est une solidarité pour les peuples d’Amazonie du nord du pays. Les policiers quelques jours auparavant se sont confrontés aux natifs. Résultat un bang de sang, une cinquantaine de personnes tués, du côté des indiens comme du côté des forces de l’ordre.
En jeu une nouvelle fois, une concession faite par le président pour exploiter les ressources du sol de cette région par une entreprise étrangère et des populations qui sont déplacées ou qui subissent la destruction et la pollution du milieu naturel.

On pourra remarquer que le président du Pérou, Alan Garcia pour ne pas le nommer, applique ici une politique bien différente de ses voisins.
En Bolivie, Evo Morales, lui, a évincé les entreprises étrangères de l’exploitation du pétrole pour plus de justice sociale en nationalisant les ressources.
En Equateur, Rafael Correa, a accepté des aides à la préservation des milieux pour limiter là encore l’exploitation pétrolière.

Pour en revenir à la route, en cette fin de journée, je fais face à de nombreux manifestants et une route barrée par des pierres.
Je stoppe mais rapidement on m’indique de passer. Le gringo à vélo peut passer. Alors j’entends une voix me crier de jouer de mon klaxon…Je m’exécute et c’est l’euphorie générale. Des clameurs tout autour de moi, comme un footballeur qui rentre sur le terrain. J’abuse du klaxon et les clameurs de reprendre. Hourra! J’éclate de rire et continue finalement mon chemin.

Plus loin, les revendications ont été peintes sur chaque mur le long de la route. Je m’arrête pour faire des photos et aussi un point carte.
Je décide que j’en ai fait suffisamment pour la journée et je vais m’arrêter ici pour ce soir. Le village s’appelle Combapata…et en raison des manifestations ressemble à un village fantôme.
Je trouve tout de même un endroit pour dormir. Pour le restaurant ce sera plus complexe. Du coup je sors le réchaud sur le toit terrasse de l’hostal et me fait la cuisine.
Je m’endors finalement devant un James Bond avec une réception de mauvaise qualité.

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Le lendemain, je reprends la route mais on me promet de nombreux barrages et des difficultés pour poursuivre ma route.
Après quelques kilomètres, la route est effectivement barrée. Je passe tout de même sans encombre mais il n’en va pas de même pour les autobus qui se retrouvent bloqués. Je croise alors des touristes malchanceux qui doivent porter leurs sacs sur des kilomètres et doivent rebrousser chemin…

Au deuxième barrage, ça se corse, les manifestants sont remontés. On m’intime l’ordre tout d’abord de ne pas passer. Je prends mon mal en patience et commence à discuter. Je leur indique que je pense que la lutte sociale est un combat qu’il est nécessaire de mener dans bien des cas et que la France n’est pas en reste.
On parle aussi bien sur du pourquoi du comment de mon voyage à vélo et très vite, je me fais des amis. Ils me retiennent bientôt plus pour discuter, et pour que je prêche la bonne parole par la suite sur leurs revendications.
Au bout d’une demi heure on me dit que je peux passer. Je fais deux mètres et là fait face au noyau dur des manifestants.
L’un deux ira même jusqu’à mettre un bâton dans mes roues et est à deux doigts de me casser quelques rayons. Je retire son bâton promptement et perd soudainement mon sourire. Finalement tout rentre dans l’ordre car la majorité veux me laisser passer. Je laisse les partis s’expliquer et continue ma route.
Mais en partant je sens un frottement sur ma roue arrière. Je m’arrête et en me retournant observe les manifestants hilares. L’explication? Quelqu’un m’a accroché une bouteille plastique remplie de sable à mon paquetage. J’éclate de rire. Je les salue de loin, le pouce levé, ils rient de bon cœur et je poursuis mon chemin.

Je roule des kilomètres dans la plaine, sur une route sans voiture, croisant de nombreux vélo comme une journée sans voiture à Paris ou ailleurs.
Les barrages se succèdent avec à chaque fois le même mode opératoire, je mets pied à terre et je passe après avoir reçu un accord tacite des personnes en place.

En traversant la ville un peu plus importante de Sicuani, je traverse des rues ayant connu des heurts plus violents. Je dois souvent faire de longs détours pour ne pas rouler sur une route jonchée de tessons de verre. Je fais attention de ne pas faire trop de photos de peur de heurter. Une grande partie des villageois des alentours est présente et les visages sont fermés.

Après ce village, les barrages se font plus espacés. La route monte peu à peu jusqu’un col atteint sans difficulté. A la hauteur d’un péage, je demande si le couple d’amis cyclistes suisses ne serait pas passer la veille. Ils me répondent qu’un couple vient de passer il y a…trois quarts d’heure seulement.

Je continue de pédaler dans un paysage à la fête, les sommets enneigés ont fait leur réapparition. Ensuite je vais avoir droit au début de la pampa. Je croise un couple de cyclistes allemands qui vont dans l’autre sens, ils viennent de croiser les autres et ce sont bien les suisses.

La nuit n’est pas loin et après avoir pris mon temps comme à l’habitude, je prends un peu plus de vitesse pour opérer la jonction.
Pourtant la nuit tombe bientôt et pas de cycliste en ligne de mire…que du lamas. J’interroge les personnes sur le bord de la route et tant qu’ils continuent à me dire qu’ils les ont vu, je continue. J’observe tout de même alentour les possibilités de camping. Je dépasse bientôt un petit village et après plus de traces des suisses. J’en déduis qu’ils n’iront pas braver le froid cette nuit et ont décidé de prendre une nuit à l’hôtel ce soir.

Je m’en retourne au village et rapidement retrouve leur traces, Sherlock Holmes sur un vélo ce soir.
Je passe la tête à travers la porte de leur chambre d’hôtel et là au milieu de nulle part, ils hallucinent de me voir.
Sur le chemin, ils ont pris le temps, bain de boue, etc. On se raconte nos derniers jours, je ris longuement avec les personnes qui tiennent le petit hospedaje.
Bientôt tout le monde ira dormir sous une bonne couche de couverture. Dehors, il gèle.

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Je troque ma solitude de cycliste pour une nouvelle journée à trois.
Le paysage de la pampa, fait de longue ligne droite sur l’altiplano, est de toute beauté. Les cultures ont pris une couleur jaune sous le soleil. Une véritable invitation à la rêverie quand je ne discute pas avec les autres côte à côte, sur une route peu empruntée.
Les rapaces sont en nombre ici et il est très facile de les observer de près. Aussi, excepté un déjeuner pris dans un village, la civilisation est peu présente.
Je laisse ici parler les photos, elles valent plus que les longs discours…

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La journée du lendemain est une copie conforme de celle de la veille. Route plane, pampa à perte de vue et grand sentiment de voyage au long cours.
Dans l’après-midi, on atteint la ville de Juliaca. C’est jour de marché et c’est l’effervescence à notre arrivée. Repos ici avant de rejoindre demain…le lac Titicaca.

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07-07-2009

Cusco, le Machu Picchu et des bonus...

Cusco, la ville:

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Machu Picchu:

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Bonus...

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Abancay - Cusco

Abancay - Sahwite (45 kms) / Sahwite - près du paso après Limatambo (91 kms) / Près du paso après Limatambo - Cusco (64 kms)

Abancay est quittée sans regret. Je prend la route en solo, les Osmosnos enfourcheront le vélo plus tard.
Tout de suite la route présente une particularité avec deux options, une route à la pente très  marquée et une autre tout en lacet. La plus pentue est j’imagine privilégiée par les véhicules dans la descente. Je vais quand mêm faire l’essai de celle-ci pour couper un virage…Je ne le retenterai plus ensuite.
La route monte ainsi d’un lacet à l’autre, serpentant entre les maisons. Je salue les villageois qui me dévisage et monte lentement.
Et puis je fais une rencontre, un français en solo sur la route et…à pieds. Il monte avec un sac à dos léger et traine un petit chariot avec le reste de ses affaires. On hallucine respectivement sur le paquetage de l’autre. On fait connaissance, partageons le pain sur le bord de la route et on se quitte, j’imagine avec cette même idée de l’autre: « motivé le gaillard ».
La route monte longuement mais c’est asphalté. Je serpente en solo voyant Abancay diminuer petit à petit, le sommet arriver peu à peu.

Et, une nouvelle fois un cri de bonheur. Un décor qui ressemble à une image de puzzle, les coniferes au premier plan, une chaines de sommets enneigées en arrière plan. C’est magnifique. En plus, une lumière oblique vient parfaitement éclairer les cimes. Je laisse mon vélo prendre de la vitesse dans la descente mais je n’arrive pas à ne pas m’arrêter àchaque nouveau point de vue.
Peu après, j’atteins la communauté de Sahwite. Ici est entreposé une imposante pierre inca entièrement sculptée. Il s’agissait en fait d’une fontaine. Le site inca est de second ordre mais l’intérêt revient à la pierre. On y distingue nettement tout un bestiaire: crabe, grenouille, singe et j’en passe.

Je fais la visite entouré de jeunes filles du village. La plus grande doit avoir 10 ans, elle me demande une propina pour des explications en plus de la petite somme versée à l’entrée. Je préfère leur offrir à toute les bonbons qu’il me reste et erait quitte pour ramasser les papiers jetés nochalamment.
J’engage ensuite la conversation pour savoir s’il y aurait possibilité de planter ma tente sur l’un des cotes du terrains de foot situé à coté de la pierre. Elles ne savent pas trop mais j’irai trouver finalement un adulte qui me répondra par l’affirmative.

Ce soir je rêverai de ballon rond et de gloire footballistique.

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Le réveil est frais et le lait de mes céréales proche de 0°C ce matin. Je traine en attendant les premiers rayons du soleil et me remets en selle.

Je descend jusque la ville voisine ou je complète mon petit déjeuner de riz et de viande. Tourner les jambes sur un vélo, c’est un estomac qui en veux toujours plus.

Dans la dégustation, je me retourne et retrouve…les Osmosnos. Ils ont dormi  un peu plus haut que moi et m’ont rattrapé à la faveur de mon arrêt. On reprend la route ensemble.
Le paysage, une nouvelle fois est grandiose, on redescend en direction du rio bleu turquoise au fond des gorges.
Dans la descente, on croise un couple de cyclistes d’expérience. Ils sont hollandais et on va rester un long moment à échanger sur le côté de la route.

En bas des gorges, on croise des touristes en activité canyoning...On se rapproche de Cusco.
S’ensuit un long faux plat montant sous le soleil. Les Osmosnos ont les jambes aujourd’hui et là où je pensais légèrement remonter le dernier col avant Cusco pour véritablement fournir un effort le lendemain, ils continuent sans piper mot.

Je les accompagne lentement mais surement jusque la fin de la journée. Et je vais me jouer tout seul, un mauvais tour.
Alors que l’on attend David (arrêté pour remplir sa poche d’eau de 10 litres en vue du campement du soir), je m’arrête en surplomb à la faveur d’un lacet et ne fais pas attention à la végétation autour. En repartant, mon pneu s’est orné de fleurs épineuses. En les retirant du pneu, un léger chuintement se fait entendre…Crevaison.
C’est le mauvais moment, il doit rester 25 minutes de jour. Je suis pourtant bloqué, pneu complètement à plat. Je leur dis de continuer et de trouver un endroit en me laissant derrière. Je leur indique juste de réaliser une pyramide de pierre sur le bord de la route pour retrouver le campement. Et je répare.

J’ai enlevé deux grosses épines mais ne retrouve qu’un trou. Rustine, repaquetage, ca a du prendre 15 minutes. Et commence la longue ascension en solitaire. Il se passe dix minutes et la nuit est complètement tombée. Je pédale à l’énergie et n’essayant de ne rien perdre du côté de la route et d’une éventuelle pyramide. Je passe une première demi-heure et commence à douter. Et le pneu qui recommence à se dégonfler…le deuxième trou. Impossible a réparer à présent, on n’y voit goutte.

J’interroge alors les quelques personnes que je croise sur deux cyclistes en amont. On me répond systématiquement par l’affirmative. Je continue donc et pompe régulièrement.
Ma situation est chaotique. Peu ou pas d’endroit pour camper, la nuit est tombée, la mécanique fait des siennes, je suis fatigué.
Je m’accroche et encore une grosse demi-heure plus tard, je distingue la lueur d’autres frontales…Je les ai retrouvé. Ils n’ont pas trouvé de campement idéal et la nuit les a aussi surpris dans leur recherche. On fait alors machine arrière d’une centaine de mètres et on décide d’aller frapper à une maison isolée.

Je suis le préposé à la demande du fait de mon niveau d’espagnol et je tombe sur un jeune adolescent qui s’empresse d’aller chercher sa mère devant une telle apparition.
Cette famille va s’avérer d’une hospitalité exemplaire et nous invite rapidement à nous installer dans l’arrière cour.
On s’installe en moins de temps qu’il ne faut pour le dire et bientôt les réchauds sont de sortie. Je ne suis pas mécontent d’en avoir terminé pour aujourd’hui. Et demain…Cusco!

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Après près de 4 semaines dans la cordillère andine péruvienne, tendu vers un objectif, Cusco sera atteinte dans en fin de journée. Le matin se fait d’autant plus agréable. De plus, hier en fin de journée, on a bien avancé et le passage du dernier col est à présent tout proche. Ensuite une longue descente et la dernière montée sur la capitale inca.

Peu de chose à dire sur cette dernière journée. La montagne est derrière, les hommes fatigués mais heureux d’en finir avec ce tronçon.
L’essentiel de la journée se fait dans une vaste plaine. Et puis cette arrivée sur les hauteurs de Cusco.

La ville est belle vue d’en haut et magnifique vue d’en bas. Je vais prendre le temps ici.

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Posté par jrihani à 00:47 - Commentaires [0] - Permalien [#]