30-06-2009
Andahuaylas - Abancay
Andahuaylas - Avant Kishuara (52 kms) / Avant Kishuara - Abancay (92 kms)
A Andahuaylas, il y a peu ou pas de tourisme mais une ONG française est présente sur place et il est possible de croiser du gringo, des volontaires vivant ici depuis quelques temps. L’un d’eux a ouvert un café ou je vais passer une bonne partie de la journée de repos que je m‘accorde ici.
Le lendemain, je reprends la route juste avant midi, la faute au compatriotisme…
Encore une fois, la journée débute par une montée. Je ne suis pas dans les meilleures dispositions mais la pente n’est pas si importante et rapidement Andahuaylas n’est plus qu’une tache de civilisation en contrebas.
La route croise quelques habitations au départ, un village ensuite et puis plus rien. Je suis au col relativement rapidement mais du fait de mon départ tardif, c’est aussi déjà la fin de journée.
Je vais pourtant trainer en haut tant le spectacle des cimes enneigées me transporte. Et puis le froid arrive soudainement et il faut me remettre en selle.
Il fait bientôt si froid que planter la tente ici m’apparait peu raisonnable. Je décide de continuer pour dormir un peu plus bas, mais la nuit va me surprendre…
J’ai trop pris mon temps là-haut et le soleil décline très vite. Du coup, je pédale comme un forcené dans les hauteurs. Il n’y pas réellement d’endroit de camping, il me faut avancer.
Et dans ma malchance, je retire ma polaire d’un de mes sacs et arrime mal le tout dans la précipitation de continuer. Quelques centaines de mètres plus tard, je réalise que le sac est tombé…Je dois faire machine arrière (en montée). Une fois récupéré l’ensemble de mes affaires, la nuit est complètement tombée…Je dois continuer à la frontale sur ce chemin, les mains gelées.
Commence une longue descente, les mains sur les freins. La frontale n’éclaire pas grand-chose et j’essaye tant bien que mal de rester au centre du chemin pour m’éviter un à-pic fatal.
J’aperçois des lumières en contrebas, le moral remonte, une maison et c’est gagné pour le camping. Je croise deux ou trois camionneurs dans la descente. Ils me rappellent ma petitesse tant ils m’apparaissent gigantesques dans la nuit avec un système de lumière autrement plus efficace que le mien.
Et puis les lumières aperçues disparaissent du fait de la route sinueuse. Mes pensées ont du mal à sortir du « Qu’est-ce que je fais là? » accentuée par l’inconfort des conditions, le froid, l’obscurité, la dangerosité.
Enfin, j’atteins les marques de la civilisation, quelques maisons le long de la route. J’ai peur de ne trouver personne à l’extérieur vu l’heure tardive mais c’est le contraire qui va se passer.
A la deuxième maison, un homme me hèle et me demande ce que je fais là. Je lui répond être perdu…Ce qui n’est pas complètement vrai mais qui peut s’avérer plus propice à l’hospitalité.
Je lui explique que je fais du vélo (…), que les montagnes en haut étaient tellement belles que je me suis attardé et, que je me suis fait surprendre par la nuit. Et bien sur, j’en place une sur le fait que j’ai une tente et qu’un petit endroit de rien où la planter ferait de moi un homme heureux.
Deux minutes plus tard, je plante la tente juste à coté de sa maison.
Il a déjà vu des vélos passer mais jamais d’aussi prêt et il se montre très curieux quant à mon matériel. La palme pour mon réchaud qui me vaudra une explication de son fonctionnement devant toute sa famille écoutant religieusement.
Enfin, je tombe de sommeil mais la nuit eut put être un bon moment de repos si ce n’est ce chien qui aboiera contre la tente pendant des heures.
Le lendemain, je me réveille sous les yeux interrogateurs des enfants qui se préparent pour aller à l’école. Le chef de famille (qui s’appelle aussi Julian) vient me saluer aussi avant d’aller travailler sur sa parcelle.
Je lève le camp en début de matinée et reprend un chemin « éclairé ».
Je dépasse bientôt une ribambelle d’écoliers qui va de la petite fille sage et timide aux groupes de petits garçons qui veulent briller devant leurs amis en se moquant de ce gringo providentiel. Je répond aux sourires par un sourire et passe mon chemin.
J’arrive rapidement à la hauteur d’un village plus important appelé Kishuara. Peu après, je rencontre deux femmes sur le chemin. Elles m’indiquent que deux cyclistes sont passés hier et ont dormi un peu plus haut…Les Osmosnos?
J’atteins bientôt un petit sommet et dans la descente, je les aperçois. Grand plateau, quelques minutes plus tard, je suis à leur hauteur, Qui?…Les Osmosnos.
On échange sur nos derniers jours et on reprend la route à trois. La route tout en descente se fait belle. On traverse quelques pinèdes. La seule appréhension est de ne pas se laisser surprendre par certaines parties sablonneuses qui ont facilement raison de votre équilibre pour peu que vous arriviez vite.
Abancay, ville étape de la journée est en vue très tôt, sur la montagne voisine, après une longue et sinueuse descente et une petite remontée.
Je prends les devants dans la descente mais attends régulièrement les deux autres. Arrêts paysages, pain fromage, réapprovisionnement, crème solaire, etc…
La descente est rapidement derrière et une fois traversé le pont enjambant la rivière, on retrouve…l’asphalte. On rejoint ici la route principale allant de Lima à Cusco. Après cinq ou six jours sans avoir vu le pétrole sous les roues, on parait rouler sans effort. Même si la route monte jusque Abancay, on peut se permettre d’avoir un rythme régulier et c’est appréciable.
Abancay est atteinte en fin de journée. Elle n’a rien d’attrayant et débute par une longue avenue bordée de garages de voitures sales. La ville est étriquée, la Plaza de Armas mal située.
Avant de rejoindre un hôtel pour la nuit, je me fais interrogé par une télévision locale. Le journaliste n’arrête pas de passer du vélo à ma tête et j’en rajoute sur la beauté de sa région pour lui faire plaisir. Il repart guilleret.
Les dernières nuit ayant été courtes, le sommeil aura raison de moi tôt dans la soirée.
11-06-2009
Ayacucho - Andahuaylas
Ayacucho - Paso (49 kms)/Paso - 5 kms avant Chincheros (114 kms)/Chincheros - Andahuaylas (95 kms)
Ayacucho a été une étape agréable. La sortie de
la ville sera un enfer.
Sans réellement y avoir prêté attention, j’avais
imaginé une route asphaltée vers Cusco. Mais je roule en réalité sur un chemin
caillouteux qui serpentent entre les maisons dans un quartier populaire. Je demande
plusieurs fois mon chemin, persuadé de m’être trompé.
Je mets du temps à m’extirper de la ville, vers
midi, je n’ai pas fait 20 kilomètres. La journée va être une longue et monotone
montée. Je croise un cycliste péruvien qui s’arrête à ma hauteur à l’occasion d’une
pause pain fromage. Mais il engage peu la conversation, il se contente de me dévisager.
Le paysage évolue en fonction de l’altitude. Je
monte sans beaucoup plus d’intérêt que celui de voir le sommet se rapprocher.
Je n’ai d’autre choix que de continuer à
monter. J’arrive à un embranchement, ne sait pas vraiment quelle route prendre
et la circulation est quasi inexistante. Je la joue à la boussole, ca devrait être
à gauche.
Je fais un kilomètre et je crève. Je fais un
point rapide, je suis peut être perdu, je viens de crever, je n’ai pas d’eau,
pas de maisons à des kilomètres, le jour qui décline et mes mains qui
commencent à geler…
Dans ces cas là, j’essaye de ne pas réfléchir
plus qu’aller de l’avant, impossible moralement de revenir sur mes pas. Je répare
et repars. Apparait alors un camion. Je le fais arrêter en
agitant les bras. Ma première question veut vérifier la véracité d’absence d’humanité
dans les prochains kilomètres. Réponse affirmative, je suis loin du prochain
village. Alors je l’informe de ma situation critique au niveau de l’eau.
Le courant de la journée s’inverse ici. Il sort
de la cabine du camion un bidon de 20 litres d’eau et m’invite à me servir. En
fait il me sauve la journée. Avec cette eau, je peux me désaltérer mais aussi
cuisiner. Je ne vais pas demander mon reste plus longtemps et quand on se
quitte, je n’ai qu’une idée, trouver un emplacement pour la tente.
C’est chose faite rapidement. Et cette nuit
depuis Mexico, je vais vivre ma première expérience de silence total. Pas un
bruissement dû au vent, pas un bruit d’un rio lointain. Rien. Rien que le
silence…Assourdissant.
Au matin, même sentiment d’être seul au monde
et non pas une sensation de solitude, non, une sensation de liberté.
Je ne m’attarde pourtant pas et suis sur le vélo
dès le soleil levé. Je roule sur les cimes, dépasse quelques formations archéologiques,
toise des collines d’altitude seulement habité par quelques vaches.
Les deux bus allant à Cusco me dépassent dans
la matinée, c’est à peu près le seul contact avec le monde que j’aurais de
toute la matinée..
Je roule bientôt dans une plaine au delà de
4000m, un bout d’altiplano. Je me fais courser au départ par une meute de
chiens de berger, ensuite je me fais charger par 4 cochons sauvages. Finalement
je vais faire la course avec des vigognes. Elles se déplacent avec l’allure de
biches.
Je remet dans le contexte: je suis à vélo au
milieu d’un paysage d’altiplano andin avec des étendues d’eau qui reflètent le
ciel. Je suis seul et les vigognes m’accompagnent le temps d’un instant
sauvage. La faune et la flore me font la fête.
J’atteins finalement le sommet du col débuté
depuis Ayacucho et en apercevant le cirque des montagnes et la longue
redescente, je ne peux une nouvelle fois m’empêcher de penser que mon quotidien
passe si régulièrement par ces moments rares qu’il en devient souvent
exceptionnel.
Quand je me sens réellement submergé par cette énergie
qui me fait crier, seul en haut d’un col, je ne crie pour personne, je crie car
je suis submergé.
Dans la descente, j’arrive à la hauteur de ce
village, Ocros, celui dont on me parle depuis la veille. Je décide de m’y arrêter
pour déjeuner mais trois hommes sur le côté de la route me recommandent de
poursuivre juste sur quelques kilomètres vers le village de Tumbes où je
trouverai des restaurants de meilleures factures.
La température est remontée après 1000 mètres
de dénivelé en moins. Dans la descente, je croise un couple d’allemands à vélo,
en voyage pour un an. (bike2008@web.de)
Et puis, il va m’arriver un évènement
inattendu. A la faveur d’une portion de descente assez rapide, ma sacoche avant
gauche se détache en arrachant son support en acier. Je m’arrête in extremis évitant
la chute. Je m’enquiert des dégâts et fais les yeux ronds devant l’acier tordu.
Je n’ai pas d’explication mais dans ma malchance, j’ai la chance que l’acier ne
se soit pas tordu dans l’axe des rayons, ce qui aurait générer des dégâts
autrement plus importants.
En fin de journée, j’ai fini de descendre et
roule au niveau d‘un cours d‘eau d’un joli bleu clair.
Un enfant se met à rouler à ma hauteur mais je
suis un peu fatigué pour avoir le contact complètement sympathique. C’est la
fin de journée et je commence à réfléchir au bivouac du soir. Mais ici, les
moustiques sont omniprésents. Si je mets pied à terre, tout de suite, ils m’entourent
en moins d’une minute. Planter la tente ici aurait un désagrément majeur.
Il est tard, je suis fatigué et pourtant la présence
des moustiques va me faire avaler 700 mètres de dénivelés pour retrouver une
altitude désertée par ceux-ci. Il fait nuit, j’avais imaginé atteindre le
prochain village mais finalement, à la faveur d’une maison au bord de la route,
je vais tenter ma chance.
Je tombe sur un couple de personnes âgées, qui
n’ont aucune idée de qui je pourrais être, trop éloigné de leurs quotidien.
Pourtant ils m’offrent l’hospitalité d’une
parcelle de terrain pour planter ma tente. Je ne demande pas mon reste, plante
la tente, dine dans la foulée et m’endors fourbu.
Le lendemain, je fais plus amples connaissances
avec la famille, les enfants du couple de personnes âgées sont rentrés pendant
la nuit. Ils m’offrent une « mazamorra de trigo » et des « camotes ».
Je les remercie mais avoue avoir caché une moue dubitative devant la bouillie
de blé chaud offerte.
Ensuite, c’est l’histoire d’une longue montée…Je
me répète? Imaginez que c’est beaucoup plus difficile sur un vélo.
Le yoyo entre 2000 mètres et 4000 mètres
est devenu un quotidien et avec des
descentes rapides, on a souvent l’impression de ne faire que monter. En début de journée, je traverse deux villages
et des moyennes montagnes dense en population mais au fur et à mesure de la
montée, la présence humaine s’éclaircit.
Une nouvelle fois, le franchissement du col
provoque un déferlement d’énergies positives. La descente est chaotique de l’autre
côté du sommet. Je descends sur les freins. Je dépasse des villages en dehors
du temps. C’est la fin de journée, on rentre les troupeaux et je croisent de
nombreuses personnes ployées sous un volume impressionnant d’herbes enveloppées
dans du tissu.
Je m’arrête peu car j’ai la volonté de rallier la ville d’Andahuaylas ce soir. J’y ferai mon entrée dans la nuit.
08-06-2009
Huancayo - Ayacucho
Je repars de Huancayo en solo. Les deux autres
sont partis la veille. L’accord est tacite, j’aime alterner route à plusieurs
et voyage en solo. Je dis souvent que les voyageurs à vélo, s’ils ont en commun
de passer des heures sur un vélo, ont tous une façon différente d’appréhender
le quotidien.
La team Osmosna aime à se retrouver seule le
soir, loin du contact des populations locales, leur espagnol limité y est pour
quelque chose mais aussi, ils ne goutent guère la nuit chez l’habitant, souvent
fatigués d’être le centre d’attraction d’enfants parfois envahissants.
Pour ma part, j’aime prendre le temps de discussions inopinées au bord de la route. Aussi, je pédale à mon rythme et ne doit pas faire l’accordéon, a devoir rejoindre le groupe si j’ai effectué une pause. L’esprit est aussi moins occupé à analyser l’état d’esprit de vos compagnons de route.
La route est asphaltée en début de journée,
elle monte, mais ne présente pas de difficulté majeure et le col est atteint
sans réelle difficulté. Ensuite l’altimètre chute rapidement à la faveur d’une
descente entre les montagnes.
Le premier village traversé s’appelle Izcuchaca,
je m’y arrête déjeuner et m’élance ensuite sur une route pierreuse.
La circulation devient quasiment inexistante et
je fais la route dans un canyon. Je ne possède pas d’indications précises et j’oublie
la carte pour m’orienter selon les dires des personnes que j’interroge.
A la faveur d’un de ces arrêts, je recharge mes
provisions en eau et chocolat et en profite pour interroger l’auditoire sur les
vertus des feuilles de coca que l’on mastique. Un énorme sac est en évidence et
j’engage la conversation à sa vue.
Les deux femmes de l’échoppe sourient en face
de ce gringo sorti de nulle part et me font l’article. J’en mâchouille une pour
gouter et devant mon rictus, les sourires se font rires. J’apprend que l’on achète
ici un bon petit sac plastique pour un sol (environ 25 centimes) et avec on
vous donne une pate (un activateur) qui va décomposer les feuilles dans votre
bouche. On ne mâche pas, on place le tout entre la mâchoire supérieure et la
joue.
Je tenterai plus tard. Mais le moment est
heureux. Quand un homme me souhaite bon voyage « avec l’aide de dieu »,
je lui dit répond avec l’aide de Dieu et celle de la coca. L’hystérie devient générale
et je pars dans les rires.
La route continue dans les cailloux. En fin de
journée, je m’arrête dans un petit village et demande si a tout hasard, il n’y
aurait pas un mécano de vélo. J’ai une pédale qui fait des siennes et il me
manque une clé pour fixer le tout.
Je suis tout de suite l’attraction, on m’accompagne
devant l’atelier mais le mécano joue au football avec les ouvriers du barrage
tout proche. Je parlemente un moment et finalement le soleil vient à tomber. Je
demande alors s’il n’y aura pas une petite parcelle de terrain pour un cycliste
dormant sous la tente. Une vielle dame me répond que son patio pourrait faire l’affaire.
Formidable.
Elle habite seule dans la maison à côté. La
pauvreté ici est criante et avec mon vélo je fais figure d’extra terrestre.
Pourtant, l’humanité est là, bien présente, on ne s‘encombre pas de statuts.
Je plante la tente tout en conversant avec
cette vieille femme qui a du être et qui reste une femme de caractère.
Le lendemain débute comme un bonheur. Je suis
en version solitaire dans un écrin de nature. Je continue de rouler à flanc de
canyon avec une eau en contrebas virant du vert, au jaune et finalement au …rouge.
Les jamaïcain comprendront.
La belle journée continue et vers midi je
croise un couple d’allemands. Ils remontent depuis l’Argentine. Ils sont tout
sourire, on passe vingt minutes en palabres sur le Pérou et anecdotes sur nos
voyages respectifs. On se donne les bons plans pour dormir et on se quitte. Auf
wiedersehen.
Je déjeune et les péripéties débutent…
Ca
commence par le passage d’un gué raté. Je maitrise mal le vélo et doit poser le
pied dans le courant d’eau froide. Rien de très grave mais un pied trempé.
Ensuite, dans la fin d’une descente, je suis
tout à ma musique, volume au maximum et pensée quelque part entre la terre et
le ciel. Je vois la moto au dernier moment…
Le manque de visibilité, le virage, je n’ai pas
compris. J’arrive vite, peut à peine redresser, une fraction de seconde passe.
Mon cri se termine, la moto est passé. Nos deux rétroviseur sont passés à 5
centimètres. C’est allé trop vite, mon adrénaline est au maximum, je viens de
passer à deux doigts d’une 125 cc, de face.
Chacun dans notre lacet, on se salue de la
main, on a été imprudents tous les deux. On l’a échappé belle tous les deux.
Une heure se passe et une nouvelle fois grisé
par la vitesse sur le chemin, je croise la route d’une bergère et de…son chien.
Je ralentis à peine mais là où le chien
normalement se met sur le côté, là il se plante au milieu de la route. Il aboie
mais ne bouge pas, je dois faire un écart où je lui roule dessus. Mais dans l’écart,
je doit passer sur l’autre empreinte du chemin et le petit dépôt entre les deux
m’est fatal. C’est la CHUTE!
Le vélo a dérapé de la roue avant et dans l’élan
je suis projeté en avant. Je me rattrape finalement pas si mal mais crie d’une
force...La bergère prend peur. Le chien fait bien de déguerpir. Je lâche jurons
sur jurons. Je n’ai rien, le vélo non plus mais les jambes tremblent et la
bonne humeur du matin s’est envolée pour de bon.
Je retrouve mes esprits, ne répond pas à la
vieille dame qui me dit que son chien n’est pas méchant. Je reprends la route
avec une grosse envie d’en finir.
Après une dernière crevaison, (ce n’est décidément
pas la journée), je rejoins le village de Mayyoc. C’est décidé, je prends l’hôtel
ce soir. Le mental est fatigué. Mais le tenancier du seul hospedaje m’est
franchement antipathique, sa chambre est miteuse et à ma vue il me concocte un
prix sur mesure, à la hausse évidemment. Je prends congé.
Je vais tenter ma chance du côté du
commissariat. Ils ont le contact sympathique mais j’essuie un refus quant à
planer ma tente sur le petit carré de terrain attenant. Nouvelle improvisation
et direction une petite entreprise de transport mais nouveau refus.
Je m’en retourne vers le commissariat. J’insiste.
Finalement, je décrit mon type de terrain idéal
et prend l’exemple du terrain derrière le mur, en face du commissariat. Je
pourrais me mettre là. Conciliabules des gens en uniforme et finalement l’un d’eux
pousse une vieille porte, elle donne sur un champs. Personne n’habite plus ici,
parfait.
Je suis derrière un mur, en face du
commissariat, j’ai la bénédiction de l’autorité, c’est plus qu’il m’en faut. Je
plante ma tente.
Je retrouve le sourire, amusé de voir les
policiers enfourcher mon vélo l’un après l’autre. La journée a été bien remplie et
se termine sur une bonne note.
Le réveil est matinal, je ne vais pas m’attarder de trop et commence la journée avec une grosse envie d’atteindre Ayacucho, où j’envisage de me reposer quelques jours.
Le décor est celui d’un western mexicain. Des collines arides plantées de cactus. Une rivière serpente en contrebas.
La piste est en mauvais état mais j’avale les kilomètres sans trop de problèmes. La montée vers la ville de Huanta est quelque peu difficile mais j’y retrouve l’asphalte.
Et puis, en me dirigeant vers le
centre de la ville, je tombe sur un groupe de cyclistes. Ils sont jeunes, s’entrainent pour la compétition
de la semaine suivante.
Je me dirige vers le gros du
peloton et là me retrouve à discuter avec le responsable de l’évènement. Il rêve de voyager ainsi au long
cours. On parlemente, les enfants tout autour veulent tout savoir de la mécanique,
veulent toucher. Je répond aux
sollicitations avec bienveillance, entretenant la flamme du cyclisme dans les
yeux de ces sportifs.
Moi, en vedette sportive…Parfois la vie s’amuse
de ses humains.
Je m’arrête une bonne heure à Huanta et puis reprends la route. Casque sur les oreilles, j’attaque la montée d’un col. Mais avec l’asphalte après des jours de piste, même si ca monte beaucoup, c’est sans difficulté que je prends de l’altitude.
La descente qui s’ensuit est avalée en un rien de temps. J’aperçois des ruines pré-incas en contrebas mais je n’ai pas le cœur à m’arrêter visiter. Je suis en recherche de mon repas du midi.
J’ai bien avancé depuis ce matin et l’après-midi devrait être courte pour rallier Ayacucho. Une dernière montée sous les encouragements des personnes rencontrées le long de la route et la ville se dessine au détour d’un virage.
07-06-2009
Huanuco - Huancayo
Huánuco - près de Chicrin (81 kms)
Pres de Chicrin - Pres de Junin (92 kms)
Pres de Junin - Jauja (150 kms)
Jauja - Huancayo (52 kms)
La sortie de Huanuco est asphaltée, ce qui fait une grande différence avec les derniers jours. L’avantage est facile à deviner, les conditions de pédalage sont meilleures et le dénivelé moins assassin. Mais asphalte peut se traduire aussi par un contact moindre avec la nature et les personnes.
Enfin, ca monte et les kilomètres défilent.
Juste une aparté pour comprendre le quotidien d’un cycliste dans la cordillère des Andes au Pérou, ci après, la courbe de dénivelés des prochains jours…
La journée est relativement monotone, les contacts extérieurs peu nombreux. La journée se résume aux fondamentaux. Pédalage, rêveries personnelles, points cartes, arrêts pain fromage, bananes en face du paysage…Re-rêveries.
Le camping du soir s’organise le long d’une rivière. Ma sensation est celle formidable de faire la route au Pérou, d’échanger autour des réchaud préparant la collation du soir, avec deux autres cyclistes, compagnons d‘un soir.
Camping sauvage, liberté totale de parcourir un pays, de s’arrêter quand le jour décline et de s’endormir sur une pelouse faiblement éclairée par la lune.
Cyclistes célestes monsieur Jack K?
Le programme du deuxième jour en direction de Huancayo, je vous le donne en mille…une montée. Il faut aller le chercher les 4000m.
On débute la journée en dépassant une mine et un village construit tout autour. Ici on vit pour la mine. Tout est construit autour de l’entreprise, des baraquements pour les travailleurs au stade de football pour se frotter entre collègues. Sur le rond point vieillissent d’anciennes machines qui ont fait, surement, la fierté de l’entreprise. Et puis tout autour, les petites échoppes, les enfants…l’école aux murs peints à la gloire du travail.
Et tant pis si l’entreprise engendre une pollution visible, les considérations ne sont pas réellement à ce niveau là et qui oserait tenir tête à la raison d’être de ce village.
La route reprend son ascension et les montagnes ont perdues leurs végétations, la roche est à peine recouverte d’une fine pellicule d’herbe. Une végétation propice aux élevages de…lamas.
Les clichés du Pérou sont ici une réalité et les paysans coiffés de bonnets recouvrant leurs oreilles, mâchouillant la coca, s’occupent à faire paitre lamas et autres alpagas.
Le col dépassé, on bascule dans l’altiplano. On pédale dans une immense plaine à 4000m d’altitude. Les yeux embrassent un paysage à perte de vue. Au loin le lac de Junin, là tout autour les troupeaux de ces animaux exotiques andins.
Les rayons du soleil décline dans ce paysage particulier et le moral se délecte de ces nouvelles images.
En cherchant un emplacement pour le camping du soir, on tombe sur une palce de village totalement surréaliste. La municipalité a dédié toute entière la place à la gloire de la maca, une plante ressemblant à la betterave aux vertus énergisantes et complément idéale pour l’alimentation locale.
Il y a du Dali dans cet énorme radis violet posé au milieu de cette place.
Du fait de la difficulté d’établir un campement loin des yeux, on demande l’hospitalité d’un champs pour planter les tentes. La famille n’y voit aucun inconvénients et après avoir amadouer le chien, on dormira d’un sommeil paisible.
Au matin du troisième jour, on dépasse Junin rapidement après quelques emplettes. Je teste cette fameuse maca vendue en poudre et que m’avait recommandé un cycliste quelques jours avant quant la pente se fait difficile. L’essai est loin d’être concluant, le goût est absolument…mauvais.
S’ensuit une longue descente, le troisième plateau est de sortie (anecdote cycliste…peut-être le métier qui rentre, ca fait tout de même plus d’un an que je suis sur la route).
Je longe la voie ferrée du train le plus haut du monde. Quand il passe, je le salue et en retour, j’ai le droit à un coup de klaxon tonitruant.
Altiplano, lamas, et paysages désertiques, un léger cliquetis au niveau de la chaine. Ma route passe ici.
En début d’après-midi, on atteint la ville de La Oroya à la triste réputation d’être la ville la plus polluée du Pérou. En même temps, la cheminée de la mine est au centre de la ville, elle-même entourée de montagnes. Toute ressemblance avec une considération d’un précédent post serait purement fortuite.
La fin de journée sera chaotique. La team Osmosna ont un échange vif et l’un des deux prend la route en solo. Je laisse les deux amis à leurs réconciliation en leur laissant de l’avance. Mais un orage éclate.
On avait convenu d’un village pour passer la nuit mais à son passage, pas de traces des deux autres. Je poursuit en demandant aux personnes si deux cyclistes m’auraient précédé. Réponse affirmative, je continue.
Je les retrouve finalement tous les deux, l’orage météo et celui entre les deux amis sont passés mais il se fait tard et la végétation est détrempée, ce qui n’engage pas au plantage de tentes.
Finalement, on prend la décision de rallier la ville de Jauja, une vingtaine de kilomètres plus bas, on devrait avoir juste le temps avant que la nuit ne tombe.
Mais, et c’est la loi des séries, après ma crevaison et celle de David plus tôt dans la journée, c’est au tour de Sébastien de « runner flat ».
On termine la journée en mode peloton qui file vers Jauja et on atteint de justesse les faubourg de la ville quand la nuit se fait totalement noire. Ce soir, nuit à l’hôtel.
La journée du lendemain pour rejoindre Huancayo est une formalité, une cinquantaine de kilomètres dans une plaine.
On élit domicile dans un petit coin de paradis au cœur de la ville et on passera deux jours entre repos, écriture, internet et autres lessives et mécaniques cyclistes.
Chavinillo - Huánuco (73 kms)
La journée débute comme celle de la veille. A trois, sous le soleil et dans une légère montée. On s’arrête souvent lorsque l’on pédale à plusieurs. On dépasse quelques villages de montagnes. Au loin, une nouvelle chaine de montagnes enneigées.
La route est plus fréquentée que la veille et les bus qui nous dépassent, soulèvent des gerbes de poussières impressionnantes. Aveuglés, recouvert d’une couche de poussière de la tête aux pieds, à chaque fois je m’arrête, me couvre le yeux et entre l’interstice de deux doigts, vérifie que la poussière est retombée. C’est bon, je peux repartir.
Le sommet est vite atteint, l’essentiel de la montée avait été réalisée la veille. On pique nique dans les hauteurs avant d’attaquer la descente vers Huanuco tout en bas.
Mais là où on pourrait traduire descente par roue libre, il va falloir tempérer. Au départ le terrain est plutôt clément avec une route en terre avec des parties sablonneuses mais elle laisse bientôt place à une route caillouteuse, de celle qui font trembler le vélo dans tous les sens.
Et ca descend sur plus de 1000 mètres de dénivelé, autant dire qu’il faut une attention de tous les instants, être en permanence sur les freins, éviter les pièges. La partie de plaisir normalement intrinsèque à une descente n’est pas au rendez vous mais on se plaindra pas, on pourrait la faire dans l’autre sens.
Au petit jeu de la descente, je suis devant et attend systématiquement les autres. Je laisse souvent aller le vélo à la limite.
Deux, peut être, trois heures plus tard, la descente se termine mais la ville de Huanuco n’est pas encore ralliée et il faudra encore s’échiner sur une partie plate d’une route en très mauvaise état avant d’atteindre les faubourgs de la ville.
On atteint rapidement la « Plaza de Armas » et avant même de se trouver un petit hôtel, on s‘installe en terrasse…On y passera la fin d’après midi, juste récompense de cyclistes montagnards poussiéreux, fatigués mais heureux.
Huanuco est une ville moyenne, je vais prendre un jour de repos ici.
24-05-2009
La Union - Chavinillo (68 kms)
Ce matin, on fait la route à trois, avec les deux cyclistes rencontrés la veille.
La journée commence par une légère descente qui longe un rio. Le soleil est au rendez-vous et la journée s’annonce sous les meilleurs hospices. Je prends les devants mais les autres ne sont jamais bien loin.
Je m’arrête discuter chaque fois que l’occasion se présente, d’abord avec une bergère et ensuite avec un cavalier venant dans l’autre sens. Les autres me rejoignent à chaque fois mais leurs espagnols étant limité, ils ne sont pas coutumiers d’échanger avec les péruviens.
Ensuite, la route (à traduire à présent systématiquement par un chemin au mieux sablonneux, au pire caillouteux) remonte mais avec un degré régulier et peu important. On alterne vue dégagée et forêts d’eucalyptus à mesure que l’on prend de l’altitude.
Et puis, surgit sur ma droite, roulement de tambour…un mouton!
Les chiens, je connais, ils aboient, montrent les dents et la technique est d’arrêter le vélo et de crier plus fort. Mais ce mouton là, non seulement il surgit mais il se dirige droit sur moi et donne un coup de tête dans le vélo. Incroyable.
Je suis entre la surprise et l’amusement. Les autres éclatent de rire. Mais en me rejoignant, voilà le mouton qui s’en prend à Sébastien qui est quitte pour plusieurs tours autour de son vélo pour éviter les charges. Un paysan sourit en regardant la scène et quand je passe à sa hauteur, il me dit que le mouton est connu pour son mauvais caractère…
Il faudra redoubler d’effort pour le semer car il est en forme et parait vouloir faire un bout de chemin avec nous.
Arrivé au sommet de la cote, on casse la croute au pied d’une église et ensuite on pique nique en surplombant le paysage. S’ensuit une longue descente empierrée et je fais le trou avec la « team Osmosno ».
On se retrouvera une heure plus tard pour continuer sur un rythme promenade cette belle journée.
Les heures s’égrènent lentement, chacun des trois dans sa bulle contemplative.
On croise de nombreux villages et je ne sais pas ce qui se passe au Pérou mais en mai, ça doit être à peu près tous les jours la fête.
Les hommes souvent passablement éméchés vous interpellent pour boire un verre et il faut parfois faire preuve de diplomatie pour refuser gentiment un verre d’arguardiente qui vous couperait les jambes une fois avalé. Je trempe les lèvres, sourit et me remet en selle.
En fin de journée, les endroits de bivouac par milliers pendant la journée se font rares et finalement on décide de s’arrêter au village de Chavinillo.
On décharge les vélos entourés de dizaines d’enfants et on trouve une chambre au prix dérisoire de 6 soles (1,5 euros). Les conditions sont sommaires mais l’ambiance est là et on improvise rapidement un repas au réchaud arrosé de bières sur le pas de porte, en parlant…anglais.
Je fais connaissance avec mes nouveaux acolytes voyageurs, sur les routes depuis des années et à vélo. Ils sont une grande partie de l’année en Asie, organisent des tours sur place, ont développé un quotidien sur la route, et ont des anecdotes à la pelle. Des histoires auxquelles il faut rajouter une bonne dose d’humour typically british…
[La team Osmosna, sur internet:
- Blog: www.osmosno.wordpress.com
- www.osmosno.com ]

19-05-2009
Près de Carpa - La Union (81 kms)
Je me suis réveillé plusieurs fois dans la nuit du fait du froid et en émergeant ce matin, la fermeture éclair est difficile à ouvrir…
Je comprend en voyant les morceaux de glace tomber dans la tente. A l’extérieur, tout est gelé, la tente, le vélo sont recouverts d’une couche de givre glacé.
Heureusement, le soleil monte peu à peu et réchauffe l’homme et le matériel.
Je me gèle les doigts en récupérant de l’eau du ruisseau en contrebas et décide de bien commencer en me faisant un repas chaud.
Et c’est reparti, la journée commence ni plus ni moins par une série de lacets qui me feront passer un col à plus de 4800 mètres! Je pédale à l’altitude du Mont Blanc. Et je remercie ma jeunesse de ne pas trop souffrir de l’altitude sur ce chemin cabossé.
Le froid, l’altitude, l’effort physique, maso moi? Pas tout à fait, le paysage est absolument magnifique. Imaginer faire du vélo dans un parc national, ne croiser absolument aucun véhicule et embrasser du regard des montagnes enneigées pour vous tous seul.
Après ce premier col à 4800, je redescend à 4600. Je dépasse une roche où sont dessinées des peintures rupestres et dépasse bientôt un berger plus bas dans la vallée, la seule personne avant cette apparition…
Alors que je n’ai vu personne depuis la veille et depuis des kilomètres, je croise une petite fille. Ce n’est pas le petit prince et mon avion n’est pas en panne.
Ce pourrait être la petite princesse et je suis à vélo. Pas besoin de dessiner un mouton, il y en a tout autour.
Je lui tire le portrait, lui offre des caramels, on se sourit et je la questionne si elle n’aurait pas vu le couple de suisses partis la veille de mon départ de Huaraz. Elle me répond par l’affirmative, ils ont dormi pas loin la nuit dernière.
Un nouveau col à plus de 4800 mètres, une nouvelle vision imprenable sur une chaine de montagnes enneigées et j’entame la descente. Après quelques kilomètres de descente rugueuse, je rejoins la route principale et l’asphalte.
Après avoir dépassé une mine, très nombreuses au Pérou, je fais mon entrée dans Huallanca et je retrouve non seulement le couple de suisses mais aussi deux autres cyclistes, la « team Osmosna » aka David d’Angleterre et Sébastien de Hollande.
Les suisses restent dans ce village pour la nuit, je décide de poursuivre jusque La Union où je me trouve un petit hôtel.
Le village est en fête, déguisés en esclaves, les habitants parcourent la ville au son de la fanfare. Je vais dormir avec les bouchons d’oreille, trop fatigué pour me joindre aux festivités.
Ma tête est encore dans l’écrin de nature du début de journée.





18-05-2009
Huaraz - près de Carpa (71 kms)
Retour au vélo après les montagnes version trekking. Je quitte la famille en inaugurant leur livre d’or et je m’élance sur une pente légèrement ascendante.
Après quelques kilomètres, je m’arrête en constatant un grincement au niveau de ma pédale gauche. Je pense d’abord à un desserrement mais en fait j’ai cassé un des roulements. Il me faudra réparer à la prochaine ville importante mais pour l’heure, je peux continuer en croisant les doigts pour qu’elle tienne le coup encore quelques kilomètres.
Ensuite et une nouvelle fois, je rate l’entrée du parc national à travers lequel j’avais pensé poursuivre ma route. Me rendant compte de mon erreur, j’arrête un camion pour qu’il m’indique l’embranchement. Je fais marche arrière et vers midi, retrouve la route désirée.
Je m’arrête pour me cuisiner une collation et profite d’une fenêtre de temps clément. Derrière et devant moi, le temps est au gris et à la pluie.
Le paysage me fait beaucoup penser à l’Ecosse et coup du sort, mon MP3 se met à jouer « l’hymne des celtes ». Les picotements m’envahissent quand débute « Tri Martolod » d’Alan Stivell, version concert. Je chante, je crie, j’ai la chair de poule, un énorme sourire. Tout seul au milieu de cette lande péruvienne, mes origines bretonnes prennent le contrôle et déclenche un déferlement de dopamine. Bagad Kemper, Lann Bigoue, ça enchaine, le moment est brillant.
Ensuite bien sur, vient le crachin breton. Quand la pluie se fait plus dense, je m’abrite sous un porche. Je suis au dessus de 4000m, le temps s’est obscurci, on est en fin d’après-midi, il va me falloir trouver un endroit pour le soir. Je repère un petit panneau indiquant le village de Carpa à 4 kilomètres…
Je reprend le pédalage mais passe 5 puis 6 kilomètres et…rien. Encore un village fantôme.
La pluie mélangé au froid se transforme en sorte de grêle, giboulées. Je n’arrive plus à passer les vitesses tant mes doigts sont engourdis. Je me fais une raison, il va falloir affronter les intempéries cette nuit.
Le soleil décline mais la pluie s’est arrêtée. Après plusieurs tergiversation, j’élis domicile à quelques mètres du chemin, en contrebas.
Je n’ai pas la force de me faire à manger et dine du muesli du matin. Je peine à gonfler mon tapis de sol tant mes lèvres sont tétanisées. Finalement, je m’introduit comme je peux dans mon sac de couchage, la nuit va être très froide…
Huaraz - 3 jours off
Huaraz est ville qui a été reconstruite après un tremblement de terre dans les années 70. Elle manque de charme historique mais les paysages qui l’entourent sont de toute beauté.
Par l’intermédiaire d’un cycliste rencontré sur la route, je suis hébergé dans une famille charmante. Entre deux discussions sur le quotidien au Pérou, je déguste la cuisine locale.
Et, échange de bons procédés, je réaliserai un tajine pour remercier la gentillesse de la maitresse de maison qui m’accueille chaque soir avec un Pisco Sour, un alcool local.
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14-05-2009
Trekking Huayhuash - 4 jours
Les photos de 4 jours de randonnée magnifique au cœur de la cordillère andine…
(cliquer sur les photos pour les agrandir)
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