hualihza

Un an et demi de vélo sur les routes d’Amérique centrale et d’Amérique du sud

30-12-2008

Medellin (6 jours off)

Repos, rencontres, nuits, Medellin version cigale (...)

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Environ de Medellin:

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Yarumal - Medellin (130 kms)

Et devinez quoi? Ce matin…ça monte.

Mais la cote n’est rien en comparaison de ces deux derniers jours et ce soir je suis a Medellin, le moral est forcement la et l’énergie aussi.

J’atteins bientôt un village dans les hauteurs. Je prend une pause dans la fraicheur du matin dans les montagnes. Je suis bien, seul, au calme. Le repos d’hier m’a fait beaucoup de bien.

Et enfin la descente tant attendue, plus de 1000m de dénivelé négatif et un plaisir immense de couper dans les virages, danser littéralement sur le vélo, poids, contrepoids, doubler les camions, vitesse moyenne 55 km/h.
Quasiment 40 minutes de descente, on se sent pousser des ailes. Je baisse la tête, j’ai l’air d’un coureur. La récompense des ces trois jours de montée.

En bas, on a gagne quelques degrés, la circulation se fait plus dense a mesure que Medellin se rapproche.

Pour autant la journée a été longue et il me faut encore pédaler dans la vallée,. Un dernier faux plat montant de quelques kilometres, et, la oui, c’est Medellin!

Juste après être entre dans les premiers faubourgs de la ville, je suis arrêté par des militaires. C’est désormais un classique. J’ai le droit a un feu nourri de questions. Ça impressionne le militaire que je passe partout avec le vélo. Forcement pour eux la menace est partout.

Je reprend le vélo, avant le relâchement final, il faut conclure dans le flot de la mégalopole.
Encore quelques hectomètres, demander une dernière fois la direction et a la manière d’un Batman qui rentre a la base après l‘accomplissement de la mission, je rejoins l’hôtel backpackers et m’écroule sur la pelouse. 


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Valdivia - Yarumal (37 kms)

Montagne, Clap, deuxième.

L’essoufflement est matinal avec un premier tronçon jusque « Alto de las ventanas » qui est une suite de curvas assassines.
Malgré tout, le climat est plus clement que la veille du fait de l’altitude.

Beaucoup de personnes me klaxonnent ou me saluent le pouce levé. Dans l’effort, plus c’est dur, plus tu as d’amis.

Les réactions sont partagées, j’ai du mal a répondre a toutes les sollicitations de personnes sur le bord de la route.
Hey ou tu vas? Mais je dois contrôler la respiration, parfois je prend le temps de répondre, je me retourne très peu. En règle générale tout de même, on se salue cordialement, enfant, mères de famille, etc.

Ici comme partout, certains sont natures, et le contact se fait dans un sourire, ou alors il y a de la timidité, de la fierté aussi, qui es tu l’étranger? Et mon salut reste suspendu a un rictus. Passons.

Le long de la montée, je dépasse quelques baraquements ou s’entasse des familles dans la majorite des cas. Les baraquements sont en realites des cabanes, les murs des baches. Ces gens la n’ont rien, difficile de faire face a de telles conditions de vie.

Retour a l’asphalte avec une route apres « Alto de ventanas » qui se révèle décevante dans le sens ou ca monte et ca descend, terrible pour un cycliste.
Je commence sérieusement a fatiguer avant l’arrivée a Yarumal. Je n’ai pu me restaurer sur la route et l’énergie est bien basse.

Les 2400 seront atteint dans la douleur.
Je decide de rester a Yarumal meme s’il n’est que 13h. Le fait est que ca monte jusque 2800  (Yarumal est a 2150) et je suis pas sur de vouloir mourir aujourd’hui.

Je prend finalement un repos pas si mal gagné.

 

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23-12-2008

Taraza - Valdivia (62 kms)

Je commence la journée en croisant beaucoup de laveurs de camions qui détournent l’eau de ruissèlement et ont adapté un travail a une matière première en abondance ici.

Je m’arrête pour faire une photo et j’en profite pour questionner l’un d’eux sur la présence de mannequins devant la porte des maisons…
La question me turlupinait, un épouvantail devant la maison? Pour effrayer le percepteur?
En fait, pour nouvel an, ils brulent le mannequin qui symbolise l’année qui vient de s’écouler…Ils le brulent non sans l’avoir au préalable truffer de balles.

Mais bon cet éclaircissement en introduction ne saurait cacher la réalité de la journée…
La montagne commence aujourd’hui…

Apres 40 derniers kilomètres de plat relatif, ca monte d’un coup. J’appréhendais un peu le moment, ai-je la condition pour grimper la montagne?
Je débute doucement. Le dénivelé est très important au début et le flow des véhicules aussi.  Je m’arrête très régulièrement, je monte de 10m d’altitude en 10m d’altitude.
Je pars de 100m et dois atteindre la ville étape de Valdivia située à 1100m d’altitude.

De la même façon que dans des étapes précédentes, je refuse les propositions de m’aider. Avec ici une particularité en plus, le jeune de 10 ans avec son bicross qui s’accroche au camion et grimpe sans forcer.

Forcement, c’est un peu décourageant quand tu sues sang et eau pour juste monter un lacet de plus. Forcement énervant quand je suis aux manettes d’un équipage lourd et encombrant, a traduire par difficile d’accrocher le camion et dangereux quand le camion prend un virage serre.

Pas d’autres choix que de voir revenir les vieux démons de la remise en cause d’un tel effort face aux peu de kilomètres que ca représente.
Le pire quand on est a 150 mètres scotches a la route après un virage au dénivelé a deux chiffres, c’est que Valdivia n’est que l’étape du soir. Je commence une montagne qui doit m’amener a 2700m!

Quand tu luttes et tu as mal aux cuisses., il fait a peu près 30 degrés, il est humain de penser que cette fois non ca ne sera pas possible.
Après c’est du mental, tu te bas contre toi. Parfois dans mes lubies je pense être trop têtu, têtu comme un breton…
Dans la montagne colombienne, ça aide d’être têtu, et ça vous remplit de joie quand enfin, la ville étape est en vue.

C’a a duré des heures, été très dur mais la journée au final s’est bien passée. Et puis, la montagne est belle, les paysages somptueux.

Il y a juste un bémol a votre enthousiasme de fin de journée, demain…il faudra monter a 2400.


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21-12-2008

Buenavista - Taraza (107kms)

Dernier jour de plat avant la montagne, le paysage changera tres peu toute la journee, une succession de ranchs, l’elevage est partout.
Je croise aussi beaucoup de vendeurs de poissons, en direct sur la route…le must un Bocachino, entre le poisson chat et le maquereau.

Un peu avant midi, je creve roue avant et arriere. Je répare sous les yeux des curieux et repars sans encombre.

En reprenant la route, je vais avoir droit a une vision Apocalypse Now avec un vol d’helico. En Colombie, l’armee est partout, des barrages routiers tous les 20 kilometres en moyenne. La presence militaire est partout mais encore plus presente ici.
On m’a averti déjà il y a deux jours, et on me le repete incessamment, je traverse une zone de non droit.
On y croise paramilitaires, orpailleurs et narco trafiquants…

Le samedi soir a Taraza, je decide de ne pas sortir, dans la rue, les agences d’achat d’or côtoient les bars a entraineuses. Le boulanger en devinant que je suis etranger me supplie de rester dans ma chambre d’hotel, on est samedi et pour peu qu’une personne me prenne en grippe, pas de loi de mon cote, non droit total.

Je ne tente pas le diable, je suis fatigue et vais reste dans ma chambre avec les bruits de la nuit. Surprenant me concernant mais le lieu est véritablement impressionnant. C’est la deuxième fois depuis le début du voyage ou l’insecurite est palpable avec cette ville western au Chiapas, Mexico dont je vous avais parle dans un post précédent.


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Posté par jrihani à 22:09 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Chinu - Buenavista (119 kms)

Ce matin, la route commence comme hier, valloné mais sans plus, les jambes tournent bien.

Après les deux premiers jours, ça y est je suis lance, la forme est la et quand la forme va, tout va, je vais faire beaucoup de rencontres aujourd’hui. Les camions me saluent, les moto taxi se portent souvent a ma hauteur pour s'enquérir de mon périple…

Top 5 des questions posées:

- Ou tu vas?
Loin
- D’où tu viens?
Question ambigue car je suis français et j’ai commence a Mexico. Les trois quarts des personnes n’ont aucune idee ou se trouvent la France ou le Mexique. Les polis me disent depuis tout la-bas?…
- Tu fais ca tout seul?
Suivi juste apres de…
- T’as pas peur? …Tu pourrais te faire enlever
- Pourquoi je fais ça et qui me sponsorise?

Ma premiere rencontre de la journee se fait avec des vendeurs de dindons…C’est bientôt noel .
C’est eux qui m’interpellent, ils veulent savoir qui je suis (cf les questions au dessus). Ils me sont bien sympathiques.
Après les premiers rires, on me demande si je n’aimerais pas rompre ma solitude, rien de plus facile selon eux...J'ouvre des grands yeux et refuse. Alors, ils me demandent si je ne suis pas contre la spécialité colombienne… Ici, c'est du vice ou du vice...Nouveau refus mais apprentissage qu’ici l’usage n’est en rien limite aux classes aisées. 

La route continue tout en montées/descentes. Lors d’un arrêt jus de fruits, je prend le temps a l’ombre d’une échoppe et écoute les anciens discuter du bon vieux temps, des oranges beaucoup plus grosses avant, du pesos qui ne vaut plus rien.
J’opine du chef , tout en sourire. Je suis bien sur le bord de cette route…Un rythme de voyageur a velo.

Finalement, la route s’aplanit et je pousse jusqu’à Buenavista.
Je dors a une station service. On est vendredi, je suis étonné de ne pas voir plus de monde.
L’explication? On est le 13, les colombiens sont payées a la quinzaine…


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San Onofre - Chinu (88 kms)

Après une première heure ce matin, les premiers kilomètres sont derrière.

Je n’ai pas de douleurs particulieres et pourtant mes jambes sont comme de la guimauve.
Est-ce que j’en ai trop fait hier? Je ne sais pas, la route est monotone, l’esprit ne s’evade pas, j’ai l’impression que les pneus collent a la route…Oui c’est ca, j’ai une defaillance.
Fatigue physique mais aussi morale, l’emotion du redémarrage est retombée, le changement de rythme a été soudain. 

Ca va etre ca pendant pres de deux heures. Et puis je fais une rencontre, discute cinq bonnes minutes avec une colombienne qui m’interroge sur mes motivations. Elle me pose beaucoup de questions avec en meme temps un quelquechose dans le regard qui trahit un amusement. Elle me quitte en me souhaitant un bon voyage…
Je reprend la route sourire aux levres, la route devient belle. Oubliee la defaillance, les kilometres qui suivent sont un bonheur.

A Cartagena, j’ai rajoute un klaxon sur le velo et j’en use pour saluer les enfants. Le contact se fait aussitôt, l’interrogation du regard se transforme en salut amical, pouce leve.
Les populations vivant ici sont des descendants des esclaves et les habitations ressemblent en tout point a l’Afrique noire. Les femmes pilent le ble en exterieur, devant la maison. Les enfants jouent nus tout autour.

La route monte et descend mais de toute la journée, il n’y aura qu’une cote majeure juste avant la ville Sincelejo. Elle sera vite passée mais elle sera suffisante pour me faire réfléchir sur ma condition.. pour la montagne en perspective.

Le soir, je fais la connaissance avec une demi douzaine de chauffeurs de camions et dors dans un routier après avoir été l’attraction d’un groupe d’enfants.


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Posté par jrihani à 01:12 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17-12-2008

Cartagena - San Onofre (122 km)

C’est parti…

Je débute tôt mais déjà la chaleur est la. La sortie de la ville est chaotique et je dois me frayer un chemin dans la circulation colombienne, être attentif aux motos taxi qui pullulent ici. (Pour info, tout le monde peut s’improviser moto taxi. C’est illégal mais il faut reconnaitre que c’est pratique et moins cher que le taxi. On reconnait le moto taxi au deuxième casque sur le guidon. C’est simple, il y en a partout) 

Une question va m’obséder toute la journée, la condition sera-t-elle au rdv après deux mois?
Je vais rompre le suspense tout de suite…J’avais des fourmis dans les jambes…Elles vont se transformer en crampes.

Les automatismes du velo vont revenir rapidement mais la condition est loin. La route est quelque peu chaotique et même si dans l’ensemble c’est relativement plat, je vais souffrir.

Apres 40 kilomètres, je commence a sentir des contractures dans les jambes. Je bois un maximum et m’arrête régulièrement. Mais la moindre cote me parait interminable. La même cote que deux mois en arrière, je trouvais désuète.
Moi et mes jolis mots pour présenter le cote formidable de voyager a vélo, j’en mène pas large.

Pourtant les kilomètres défilent peu a peu. Cote paysage, je suis comme dans un arrière pays caribéen, les habitants sont d’origine africaine pour la grande majorité et l’activité principale est la pêche dans les marais avoisinants.

La pauvreté est la comme chez elle. Les gens s’en accommodent tant bien que mal et j’hallucine de voir et que les familles occupent toujours des habitations inondées. (Je n’ai pas fait de photos, aujourd’hui comme hier, il m’est impossible de photographier un quotidien difficile)

Je déjeune en bord de route, m’abritant d’un  soleil étouffant. La cuillère de la soupe de légumes est secoue de tremblement pendant plus de 5 minutes, l’effort matinal a été intense.

Les derniers kilomètres se font en tandem avec un colombien aussi a vélo et enfin j’arrive a ma ville étape du soir. Je suis mort de fatigue mais heureux d’arriver.

Avant de trouver un hospedaje pour la nuit, je fais le tour de la ville pour appeler a l’étranger et souhaiter bon anniversaire a un frère. 
Peu après un homme s’approche et m’informe qu’il existerait une maison «de la jeunesse » ou la nuit est gratuite…
J’ai le profil…Je me retrouve devant ce qui se révèle être le presbytère, je tente tout de même ma chance mais la réponse du prêtre est sans appel, pas de place. J’aurais pourtant adore le lit avec le crucifix juste au dessus.

Je trouverais finalement rapidement une chambre ou dormir peu chere et je m’endormirai tout aussi rapidement.

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Posté par jrihani à 23:44 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

La reprise!

hualihza, le deuxieme episode!  La descente de l’Amerique du Sud!

          

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Posté par jrihani à 23:29 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14-12-2008

Love tour en images...

Parce que des images parlent mieux que des mots...

La phrase etait toute trouvee mais bon en ultra resume et en images, la boucle Venezuela Colombie de ce mois et demi dernier (et tout ca sans velo), c'est juste apres...

Les news velo arrivent tres bientot, je suis sur la route depuis 4 jours, le compteur s'affole, le bronzage cycliste est de retour, des rencontres encore et toujours, du grand, du beau, du lourd...et tout ca dans la sueur.

Pardon? Ferais-je monter la sauce pour amateurs et amatrices de nouveaux episodes hualihziens?

Peut-être, ce qui est sur, c'est que pedaler, ecrire et mettre le tout sur internet prend du temps mais promis, des mon arrivee a Medellin (dans 3 jours), je mets tout ca en ligne.

Je vous souhaite a tous un joyeux Noel et une belle annee deja...et des photos tout de suite...

Love tour...

* VENEZUELA *

- Caracas

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- Chichiribici

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- Taxi frontiere

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* COLOMBIE *

- Taganga

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- Parque Tayrona

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- Cartagena

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- Medellin (de la nuit, de la nuit, de la nuit et...pas de photos)

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- Zona cafetera

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- Salento

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- Cali

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- San Augustin

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- Bogota

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- Et du parapente pour finir...

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Posté par jrihani à 01:18 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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