31-01-2009
Ambuqui - Otavalo (63 kms)
Ce matin, on prend le temps.
Aujourd’hui, autant, en fin de journée
la veille on était descendu, autant il va falloir remonter.
Il en va ainsi des routes en
montagne, on descend pour traverser la rivière en contrebas, là ou est
construit le pont. Un pont plus long et dans les hauteurs est trop onéreux, il
faut descendre pour remonter (les cyclistes de Millau ne peuvent pas
comprendre).
En haut, on rejoint la ville d’Ibarra.
On y déjeune et j’en profite pour téléphoner à une famille indigène Kichwa que
l’on a rencontré à Cali sur un marché d’artisanat.
Ils habitent Otavalo, une ville à
une petite trentaine de kilomètres, et on est invité.
On reprend la route et en sortie de
ville alors que je pédale en avant, je distingue de loin comme un cycliste avec
des sacoches…
J’accélère la cadence et klaxonne à
tout va. Il se retourne et on se présente tout sourire. Il est italien, s’appelle
Claudio. Il se remet d’une chute, suivi d’une inflammation du genou. En deux
semaines, il a peu avancé.
On s’arrête a une station essence,
on partage un « mate de coca » et on se raconte les histoires de
voyageurs à vélo. Il n’est pas en phase avec la vie européenne et alterne un
travail « d’esclave » de trois mois en Italie et voyage à moindre
frais à vélo le reste de l’année.
On décide de continuer à trois. On
fait à peu près 1 km et on croise dans l’autre sens…un autre cycliste. Il a la
dégaine du cycliste depuis un bout sur la route. Il est suisse, un physique d’armoire
à glace et le sourire facile.
Ca fait deux ans qu’il est en Amérique
du Sud sur le vélo. Il n’a aucun plan préétabli, le temps, il a depuis
longtemps déconnecté. Il monte sur la Colombie.
On se souhaite bon voyage et le
nouveau trio David, Claudio et moi, pousse sur Otavalo.
Les deux rencontres nous ont retardé
sur l’heure que j’avais avancé à la famille équatorienne. Je retéléphone pour m’excuser
et avoir les derniers détails pour trouver la maison.
A ce moment là, je ne sais pas où l’on va débarquer. Idée est entendue que l’on passe pour un café si notre arrivée à l’improviste est plus ou moins malvenue.
Mais, ca va être tout le contraire, on est mis à l’aise tout de suite par l’hospitalité d’une famille humble et déjà les enfants courent dans tous les sens en riant.
Immersion en famille indigene a mille lieux de la culture europeenne...
29-01-2009
Ipiales - Ambuqui (98 km)
Après avoir pas mal « bloqué » en
Colombie, il est temps de rejoindre l’Equateur.
La frontière n’est qu’à une poignée de kilomètres
d’Ipiales, avec David, nous y sommes en tout début de matinée, priant pour que
le passage soit rapide.
Le tampon de sortie de la Colombie est réalisé
en 5 minutes et on rejoint la douane équatorienne. Là; changement de décor, la
file est longue et n’avance pas.
Près de trois heures et demi plus tard, je fais
enfin face au douanier. Encore un prototype du petit chef qui a la tache hautement intéressante de tamponner les
passeports et qui pourtant se donne des grands airs. Je ferme ma bouche, répond
à ses questions avec un air faussement gentillet. Imprimante (il tamponne même
pas!), et c’est bon, je suis en règle, je peux rester 90 jours en Equateur.
On s’élance vers 11h, bienvenue en Equateur.
On évite la première ville Tulcan et on continue
sur une route peu fréquentée. Une demi heure plus tard, deux militaires m’arrêtent.
Je suis coutumier du fait depuis la Colombie mais autant les colombiens étaient
sympathiques et cherchaient juste à briser leurs monotonies en écoutant mon
histoire, autant ces deux là prennent leur rôle au sérieux. L’un deux fouille
sans vergogne dans ma sacoche avant.
Je suppose que je dois laisser faire, de
nouveau je me fait gentillet voire légèrement simplet, je m’adapte.
20 minutes de questions réponses et je repars.
S’ensuit la difficulté de la journée et en peu
de temps, on prend de l’altitude.
On s’arrête dans un village pour déjeuner, tous
les yeux sont braques sur nous, on est l’attraction. Les équatoriens en moyenne
doivent mesurer entre 1m50 pour les femmes et 1m60 pour les hommes, je déclenche
les rires des cuisinières lorsque l’une d’elles passe a mas cotés.
La vie semble paisible, on déjeune pour 1,5
dollars (en Equateur aussi, on paye en US dollars).
L’après midi, on passe l’attraction de la région, un parc dédié à la période paléontologique, de nombreux vestiges et squelettes d’animaux ont été découvert ici.
La route se fait belle et David comme moi
sommes enchantés de la journée. Mais, au détour d’un virage, un corps est allongé sur le bas coté, revêtu
d’un drap blanc. Un proche est en pleurs, les badauds observent la scène. On ne
s’arrête pas, mais quelle tristesse et une réflexion sur la dangerosité de la
route.
Parti tard ce matin du fait de l’attente à la frontière, on termine la journée soleil couchant dans un cirque de falaises impressionnant. Tout en descente, on goute à un véritable plaisir de voyageur à vélo sur une route quasi déserte en Equateur, paysages somptueux et lumière magnifique.
En bas, on atteint le village d’El Juncal mais on continue un peu et on trouve ou dormir.
Des hauts et des bas aujourd'hui mais le bilan de cette preñiere journee en Equateur est positif, le voyage continue.
26-01-2009
[ Pause café: Colombie et Venezuela… ]
Depuis l’Europe, on a beaucoup d’idées reçues sur ces deux pays. Ils font pourtant souvent l’actualité mais leurs situations sont souvent mé- ou mal connues, trop peu d’instants « café journal », sacrifiés sur l’autel de oui la géopolitique mondiale c’est important mais la vie de travailleur va souvent trop vite…
Petits éclaircissement donc, d’un ex-travailleur qui a choisi de prendre le temps, peut être parce qu’on a qu’une vie ou…peut être par amour du café.
C’est beaucoup de politique, c’est très résumé, critiquable surement, j’espère digeste, à prendre comme une alternative au trop souvent vide conversationnel du collègue à la pause…café.
Colombie, "la sulfureuse"
En deux, « tututututut » ( jingle Pyramide, émission animée à l‘époque par Patrice Laffont), Cocaïne et FARC…Vous me dites…La Colombie.
Pour beaucoup, la Colombie n’est synonyme que de ces deux mots et à travers eux, l’insécurité.
Mais si ces deux mots ont effectivement une réalité pour le pays, ils cachent aussi un pays très largement développé même si souffrant de graves inégalités.
Un pays riche en paysages magnifiques et divers: cote caribéenne, cordillère andine, zone caféière et jungle amazonienne.
Un pays grand producteur de café et dans un autre registre, un pays réputé pour la beauté de ses femmes parfois aidées par le business florissant de la chirurgie esthétique.
Et aussi, une réalité, la Colombie urbaine n’a rien a envier aux grandes villes européennes.
Une particularité tout de même, en Colombie, les villes sont divisées en estratto. Ils définissent la classe sociale, du plus pauvre, estratto 1 au plus riche, estratto 6.
Eaux, électricité, soins y sont plus cher, mais favorise la ghettoïsation et met a mal la mixité sociale. Le système des impôts sur le revenus apparait (de l’avis de l’auteur) comme une meilleure formule.
Enfin, la Colombie est un pays humainement chaleureux, où la fête et la
musique sont partout (rumba, salsa, vallenato…), un pays méconnu, un
pays…à découvrir.
Et comme il y a toujours des grincheux qui me rappelleront « Et l’insécurité alors? ».
Et
bien oui, la guérilla existe belle et bien mais cette présence est
relativement circonscrite et si l’on évite ces régions, cette réalité
colombienne n’affecte pas le voyageur.
- Cocaïne
L’époque des barons de la drogue connue sur la place publique est révolue. Cartel de Cali, de Medellin, Pablo Escobar, les années entachées de terribles exactions et d’assassinat à répétitions est à remiser au passé. Les narcotrafiquants existent toujours mais ils se font plus discrets.
Cette page de l’histoire de la Colombie terrible est pourtant regrettée par certains colombiens, avec un brin de romantisme, certaines classes pour la plupart défavorisées regrettant le temps du Robin des bois Pablo Escobar.
Une époque qui n’est pas sans rappeler l’actualité mexicaine (…)
Les barons de la drogue ne sont plus mais la réalité de la cocaïne est toujours belle et bien présente. 80% de la production mondiale provient de la Colombie et est disponible à à peu près chaque coin de rue en Colombie.
A qui profite alors cette manne gigantesque?
Là ou il y a un marché, tout comme les armes, la politique devient un grand jeu de dupes. On revêt la cape anti narco en public et on traite en privé.
- FARC, Uribe et paramilitaires…
FARC (guérilla d‘extrême gauche)
A partir de 1954, la Colombie connait une détérioration de sa situation économique. Les capitaux étrangers, notamment ceux des organismes financiers nord-américains et des instances internationales de crédit, affluèrent dans le pays.
La Colombie connait alors un profond changement économique: les industries nationales, jusqu’alors détenues majoritairement par les colombiens, passent aux mains d’investisseurs étrangers.
De même, les gros propriétaires fonciers accumulèrent des terres de plus en plus vastes en expropriant par la force les moyens et petits propriétaires. La violence, omniprésente dans le pays, échappe au contrôle du gouvernement.
Les deux partis, libéral et conservateur, craignant que ces remous tournent à la révolution, décide de s’allier. Le Front national est né.
Et ils décident qu’entre 1958 et 1974, seuls les partis conservateurs et libéral pourront être représentés au Parlement et mener les affaires publiques. Tout autre parti politique (communiste, socialiste, démocrate-chrétien) se voient refuser l’accès au pouvoir.
Pour tous les partis politiques en dehors des conservateurs et des libéraux, ce régime est une dictature…Ils s’organisent en guérilla.
Parmi elles, les principaux mouvement d’opposition armée d’obédience communiste sont l’ELN, le M19, le MRL, l’ANAPO et…les FARC (Forces Armées Révolutionnaires Colombiennes)
Mais après plusieurs années de conflit, les FARC ont oublié quelque peu les valeurs marxistes d’extrême gauche et se sont livre sans limite au trafic de drogue et aux enlèvements, engrangeant des milliards. Il devient un véritable groupe terroriste.
Aujourd’hui, le pouvoir leur livre une lutte sans merci et les FARC sont à un tournant de leur histoire.
En 2008, ils ont perdu leur membre fondateur et chef Manuel Mirulanda, alias Tirofijo, ainsi que le numéro 2 Raul Reyes. Mais l’hydre a eu tôt fait de se retrouver des nouveaux leaders.
Toujours est il que ces disparitions en plus de la loi de démobilisation du président Uribe qui absout les guérilleros qui se rendent, ont fait mal a l’organisation.
La libération d’Ingrid Betancourt a été un formidable coup de pub pour le gouvernement d’Uribe, le ministre de l’intérieur colombien a été déclaré homme de l’année 2008.
Aujourd’hui, les FARC cherchent du soutien au Venezuela et en Europe.
Alvaro Uribe (Actuel président de la Colombie)
L’élection d’Alvaro Uribe s’est faite dès le premier tour en mai 2002 avec un discours de fermeté, d’autorité et de pouvoir vis à vis des guérillas.
Fini le dialogue, place à la guerre, avec l’appui logistique et financiers des Etats Unis.
La chasse aux guérilleros et la récupération de plusieurs zones du pays font du président actuel un homme de changement très populaire parmi toutes le couches sociales de la population colombienne qui ressent au quotidien la baisse sensible de la violence.
Les grandes routes nationales, autrefois zones de danger, sont sécurisées. Les villes aussi dans leur grande majorité.
Pourtant les problèmes persistent. On stigmatise un groupe terroriste et d’un autre côté on participe à une véritable violence d’Etat…
Paramilitaires (guérilla d‘extrême droite)
Outre les guérillas, des paramilitaires (ou escadrons de la mort) sont présents en Colombie, dont la plus grande organisation s'appelle Autodéfenses unies de Colombie (AUC). Ces milices luttent contre les guérillas, les militants de gauche, les membres d'associations et les syndicalistes, ainsi que l'ensemble de la population civile, parfois en lien avec le gouvernement colombien.
Ainsi des meurtres sont commis contre des opposants politiques et des villages entiers sont déplacés suite à des attaques paramilitaires. Les groupes paramilitaires sont soutenus par les gros propriétaires ruraux, pour éliminer systématiquement toute opposition politique.
Bien que les groupes paramilitaires soient en principe illégaux en Colombie, le gouvernement intervient rarement après les attaques paramilitaires contre des civils; l’armée et la police ont opéré parfois avec certains de ces groupes.
Depuis 2006, le « scandale de la parapolitique » éclabousse le gouvernement Uribe,
Les forces paramilitaires d'extrême-droite, tout comme la guérilla marxiste se financent en grande partie grâce aux revenus du trafic de drogue. De l'aveu même du leader des AUC Carlos Castano, les paramilitaires tirent environ 70% de leurs revenus du trafic de drogue, et contrôlent les filières depuis la production jusqu'à l'exportation.
Cela met en lumière un double-jeu du gouvernement colombien, qui reçoit une aide financière importante consacrée à la lutte contre les narcotrafiquants mais garde une position ambiguë envers les AUC.
Le pouvoir cherche à stigmatiser la guérilla marxiste il est vrai devenu un groupe terroriste mais en silence procède à une véritable violence d’Etat.
Qu’en pensent les colombiens?
Uribe a été réélu en 2006 avec plus de 62% des voix même si le taux de participation n’a été que de 45%.
Pour le respect des droits de l’homme et une justice sans équivoque, il faudra encore espérer quelques années…
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En attendant, la Colombie est un pays réellement charmant, allez y avant que Look voyages et consorts n’investissent trop la place.
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Socialismo, Patria o Muerte! (Le socialisme, la Patrie ou la Mort):
Le Venezuela et Chavez
Le Venezuela est une république fédérale d'Amérique du Sud.
C'est Amerigo Vespucci qui lui donna le nom de petite Venise, Venezola, à cette contrée où une peuplade indienne résidait dans une cité lacustre à l'habitat sur pilotis, qui lui inspira le nom de la ville italienne.
Mais le Venezuela dans le monde, c’est un homme, Hugo Chavez Frias.
Il
est connu pour ses envolées lyriques et son anti américanisme exacerbé.
Mais à travers le traitement de l’information, connait on bien le
personnage et sa politique.
La critique serait elle massive car elle
ne peux ouvertement aller dans le sens d’un homme aux idéaux
révolutionnaires de gauche possédant la grande arme des pays
capitalistes…Le pétrole?
Autopsie d’un homme, d’une politique, d’une voie différente?
Le Venezuela est un important producteur de pétrole et est membre fondateur de l'OPEP (créée sous l'impulsion du Venezuela notamment).
Le pays a subi une grave crise économique dans la décennie 1990.
Cette crise explique en partie l'arrivée au pouvoir du Président Hugo Chavez. Celui-ci décide progressivement une socialisation partielle de l'économie, et l'affrontement idéologique avec les États-Unis, son principal client économique.
Hugo Chávez Frias, est président depuis le 2 février 1999 (réélu le 30 juillet 2000 et le 3 décembre 2006). Une tentative de déstabilisation économique aboutit à un coup d'Etat en avril 2002 qui avorte très rapidement suite à une forte mobilisation populaire en faveur du retour de Chávez.
Hugo Chávez a remporté toutes les élections avec 60 % des voix environ depuis celle qui l'a porté au pouvoir. L'opposition provoque un référendum révocatoire contre le président comme le permet la Constitution bolivarienne en août 2004. Le « non » l'emporte à 59,06 % des suffrages.
Lors des élections régionales de 2004, seules deux régions ne se sont pas prononcées en faveur de son parti. L'État est théoriquement une démocratie participative.
Depuis que l'opposition a boycotté les élections à l'assemblée nationale du 4 décembre 2005, le parlement est dominé par le Mouvement de la cinquième république.
Les élections à la présidence de décembre 2006 ont confirmé Chávez à la présidence du pays et ces élections ont été unanimement reconnues comme un processus “transparent, équitable, démocratique”
La constitution vénézuélienne, inspirée des principes de Simón Bolívar a été votée par référendum le 30 décembre 1999.
La Constitution Bolivarienne de 1999 oblige le Gouvernement - dixit le discours officiel - à « renverser les données économiques qui, dirigées par le Fonds monétaire international (FMI) avaient été la cause de la « décennie perdue » (1985-1995), et ses terribles effets négatifs sur les populations et leurs systèmes économiques ».
Le président Chávez applique cette Constitution avec insistance. Son action politique est centrée sur le renforcement du rôle de l’État par le biais de nationalisations et la revalorisation du pétrole, principal produit d'exportation du pays. Elle vise à se libérer des impositions d’une lourde dette, qui grevait en 1998 50 % du budget national, en la payant. Le gouvernement cherche aussi à satisfaire la dette sociale d’urgence : santé, alimentation, éducation. De nouvelles lois sont rédigées concernant la réforme agraire, la banque centrale, l'exploitation d’hydrocarbures (gaz, pétrole), la fiscalité, le contrôle de monnaies et devises, etc.
Le 7 mars 2006, le Parlement du Venezuela adopte la modification du drapeau national afin de l’adapter à la « révolution socialiste » du président Hugo Chávez, à l’initiative du projet.
Entièrement contrôlé par les partisans du chef de l’État suite au boycott des élections législatives par l’opposition en décembre, le Parlement a approuvé l’ajout d’une huitième étoile en hommage au héros national Simón Bolívar, libérateur de l’Amérique latine et inspirateur de l’idéologie du régime.
Les députés vénézuéliens ont également modifié le galop du cheval blanc figurant sur l’écusson national afin de le tourner, non plus vers la droite, mais vers la gauche, afin de symboliser l’orientation politique du gouvernement...
En janvier 2007, le président a annoncé vouloir réformer en profondeur la constitution, afin d'aller vers la création d'une « République socialiste du Venezuela ».
En 2007, Hugo Chávez demande des pouvoirs spéciaux qui grâce à une « loi d'habilitation révolutionnaire » lui permettent de gouverner par décrets sans passer par le parlement, dans les prochains dix-huit mois à partir du 1er janvier 2007. Ces pouvoirs spéciaux sont limités aux thèmes sociaux (recentralisation des ministères de la santé, du logement et de la sécurité alimentaire), à la réforme agraire (inventaire, récupération et distribution de toutes les terres non ou mal exploitées à des coopératives) et à la récupération par achats des services publics et industries stratégiques, privatisées dans les dernières décennies (électricité, eaux, télécommunications, industrie pétrolière et minière : fer, aluminium or et diamants).
Ce programme est déjà en marche depuis le 1er janvier 2007, avec des répercussions variées : très critiqué par les grands propriétaires terriens, la plupart titulaires de documents parfois douteux, mais acceptés par plusieurs, en regard de l'apparente flexibilité appliquée dans chaque cas particulier par des arrangements à l´amiable. Dans l'industrie pétrolière, les partenaires commerciaux étrangers doivent désormais se contenter d'une participation minoritaire dans toutes les sociétés.
L'opposition antichaviste qualifie quant à elle ce régime de « démocratie absolutiste ».
Liberté de la presse
En 2006, le Venezuela était classé 115e pays sur 168 par Reporters sans frontières en matière de liberté de la presse. RSF pointe l'adoption de nouvelles lois en 2004 et 2005 contre différents types d'« offenses », notamment à la personne du président, et contre les appels à la violence, les jugeant « très restrictive[s] en matière de liberté d’expression » et affirmant qu'elles créent « un climat d’autocensure au sein des médias ».
La position de RSF vis-à-vis du gouvernement Chávez est cependant critiquée, cette dernière ayant repris de fausses informations données par certains médias nationaux vénézuéliens durant le coup d'état de 2002 et ne possédant comme correspondants au Venezuela que des personnes impliquées dans les médias d'opposition.
Dimanche 27 mai 2007, une minute avant minuit, la Radio Caracas TeleVision a cessé d'émettre sur le réseau hertzien, la commission nationale des télécommunications ayant décidé de ne pas renouveler la concession hertzienne de cette chaîne en partie à cause de son soutien et de sa couverture du coup d'État de Pedro Carmona en 2002. Cependant, RCTV continue toujours d'émettre sur le réseau câblé et par satellite avec une audience potentielle restreinte au cinquième de la population.
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Politique du gouvernement Chavez
(les détails…pour celui ou celle qui vient de se resservir un café)
Politique économique
Depuis son élection, Hugo Chávez déclare mettre petit à petit en place une politique économique sensiblement « socialiste » sans pour autant l'être totalement, il la nomme « révolution bolivarienne ».
Une redistribution partielle des terres a été lancée : dans un pays où l'économie est principalement fondée sur l'exploitation du pétrole et où la question de la terre n'est plus un véritable problème économique depuis les années 1960, Hugo Chávez décide de nationaliser les domaines en friche appartenant aux plus riches propriétaires et à ceux ne pouvant justifier de titre de propriété. Il les redistribue alors à des agriculteurs devant former de petites coopératives, afin de donner du travail aux plus pauvres et de limiter les importations dans un pays endetté et ayant une quantité considérable de terres cultivables non exploitées. Les résultats n'en ont pas été concluants et de nombreux économistes craignent que la politique menée par M. Chávez ne rende le Venezuela encore plus dépendant des importations alimentaires qu'auparavant.
· Des systèmes de microcrédits d'initiative publique sont mis en place afin de faciliter le développement des petites entreprises parmi les franges les plus pauvres de la population n'ayant pas accès au crédit bancaire, faute de garanties suffisantes. À la différence du microcrédit commun, issu d'initiatives privées, celui mis en place ici est encouragé par le pouvoir.
· La culture des OGM est interdite. Un système de banque de semences est mis en place. Son but officiel est de préserver la diversité des plantes.
· La pêche intensive est interdite dans les eaux territoriales vénézuéliennes, afin de préserver la biodiversité maritime et de favoriser les petits pêcheurs. La pêche au chalut est ainsi interdite dans les zones côtières.
· La nationalisation de pans entiers de l'économie du pays s'est accélérée depuis 2006: la nationalisation de la troisième banque en juillet 2008 a suivi celle des télécoms, de l'électricité, du pétrole, de la production de lait ou de ciment ainsi que, entre autres, des aciéries. Sur les 6,5 millions d'habitants ayant un emploi déclaré, 2 millions sont salariés de l'Etat.
Les exportations pétrolières du Vénézuela, conjuguées à la hausse des cours de l'or noir, ont permis à Hugo Chávez d'entreprendre une politique sociale généreuse.
Bilan
La période 1998-2002 a été marquée par la récession, le PIB décroissant sur la période d'1,9%.
Depuis, la croissance économique a été tirée par la hausse des cours du pétrole et la croissance a atteint 9% en 2006. Le pétrole représente en 2007 90% des exportations du pays et 50% des recettes du gouvernement.
En 2007 l'inflation a atteint 22,5%, soit le double de l'objectif gouvernemental, contre une estimation de 5% par le Fonds monétaire international pour les économies émergentes.
Le taux de chômage était estimé pour 2006 à 8,9%.
Le système de rationnement mis en place avec le programme MERCAL a débouché sur la pénurie de certains produits, car ils sont payés à un prix imposé par l'État en dessous du prix du marché.
Fédécameras, l'organisation patronale vénézuélienne, y voit « le signe avant-coureur des pénuries d'une économie planifiée à la soviétique ».
Couplé avec la hausse mondiale du cours des matières premières alimentaires, cela a débouché sur une situation de pénurie grave en 2007 de produits de base. Le gouvernement Chávez a mis en place en réponse un programme d'échange « Pétrole contre nourriture » avec ses voisins sud-américains.
Éducation
Hugo Chávez a mis en place plusieurs programmes d'éducation :
· La "Misión Robinson" pour l'alphabétisation qui utilise, la méthode cubaine "Yo sí puedo" au lieu de l'ACUDE utilisée par les gouvernements précédents
· La "Misión Ribas" qui vise à la poursuite de l'enseignement scolaire
· La "Misión Sucre" qui concerne l'éducation supérieure.
La réorganisation de la Fundación Ayacucho en 2005 a permis d’attribuer plus de 14 000 bourses d’enseignement supérieur pour l’année 2006 ; la part du Produit Intérieur Brut consacrée à l’éducation, qui était de 1,7 % en 1993 et de 1,6 % en 1998, est passée à 4,3 % en 2005.
Selon l'UNESCO, l'analphabétisme a été éradiqué au Venezuela.
Santé
En échange de livraisons de pétrole vénézuélien, le gouvernement cubain de Fidel Castro fournit environ 20 000 médecins, qui participent au programme Barrio Adentro (à l'intérieur du quartier), un programme de santé pour les quartiers défavorisés, et sont également présents dans les zones rurales reculées.
Les casernes militaires sont utilisées pour accueillir du matériel médical de haute technologie, multipliant ainsi les centres hospitaliers et permettant à une plus grande partie de la population d'y accéder gratuitement.
Hugo Chávez et les FARC
Le gouvernement de la Colombie, qui possède une frontière terrestre avec le Venezuela, s'est inquiété de l'expansion militaire du Venezuela et de son attitude par rapport aux organisations terroristes de Colombie, en particulier les groupes de guérilleros marxistes (FARC, ELN).
Selon le gouvernement colombien et divers médias, Chávez aurait permis aux FARC et à l'ELN de trouver refuge dans la zone frontalière des deux pays.
Chávez a en outre été accusé d'avoir directement financé l'organisation des FARC : En mars 2008, les forces armées du gouvernement colombien affirmèrent avoir récupéré trois ordinateurs appartenant à Raúl Reyes lors de son assassinat dans la république voisine d'Équateur.
Selon des documents trouvés dans cet ordinateur, Hugo Chávez aurait reçu des FARC, en 1992, une somme équivalente à cent millions d'euros lorsqu'il était emprisonné pour sa tentative de coup d'État, et il aurait envoyé la somme de 300 millions de dollars aux FARC en 2008. Ces accusations ont été immédiatement démenties par le vice-président vénézuélien Ramon Carrizalez
Malgré toutes ces accusations et polémiques, une rencontre au sommet entre Hugo Chávez et son homologue colombien Alvaro Uribe, le 11 juillet 2008 au Venezuela, a conduit les deux hommes à renouer des relations cordiales et à annoncer « le début d'une nouvelle ère ».
Les deux pays ont en effet grand besoin de renforcer leurs relations politiques et commerciales, et la rencontre a notamment servi à discuter d'accords portant sur six milliards de dollars américains.
Cette rencontre historique a été précédée par des déclarations apaisantes de Hugo Chávez qui a félicité son homologue colombien pour la libération réussie d'une quinzaine d'otages politiques des FARC (dont Íngrid Betancourt), et l'a invité à se rendre au Venezuela où il serait reçu « comme un frère» ; Hugo Chávez a par ailleurs appelé les FARC à renoncer à la voie des armes après la libération d'Íngrid Betancourt.
Anti-américanisme et anti-impérialisme
Une hostilité affichée envers l'administration des États-Unis et son « impérialisme » est le trait dominant de la politique étrangère du gouvernement vénézuélien depuis 1998.
Chávez ainsi a accusé le gouvernement américain de comploter pour perpétuer l'hégémonie de son pays en Amérique latine, et pour y arriver, de vouloir renverser son gouvernement.
Le 20 septembre 2006, lors d'un discours à l'assemblée générale de l'ONU, il qualifie le président américain de « menteur » de « tyran » et de « diable ». Il avait auparavant parlé de George Bush comme d'un « âne » ou d'un « ivrogne ».
Son hostilité de principe aux Etats-Unis est critiquée à l'étranger par ceux qui n'y voit que des manoeuvres politiques pour unifier les habitants du pays face à un ennemi fantasmé
Au nom de l'anti-impérialisme, Chávez désire une disparition du FMI, qu'il qualifie de « Dracula ».
Le 30 avril 2007, Chávez a déclaré la sortie de son pays du FMI.
Une diplomatie du pétrole
Le Venezuela a signé de nombreux accords pour fournir du pétrole à prix inférieurs au marché à certains pays, ainsi en juin 2005, celui signé entre le Venezuela et 13 autres pays des Caraïbes, contrat portant sur des échanges pétroliers avantageux, afin de faciliter l'indépendance des pays des Caraïbes.
En janvier 2006, Hugo Chávez lance une opération de réduction de 40 % du prix du fioul exporté aux États-Unis, en faveur des Américains pauvres.
Il donne suite à une promesse prononcée en septembre 2005, après la catastrophe de l'ouragan Katrina. Les bénéficiaires se trouvent dans les États du Maine, du Massachusetts et du Rhode Island, et incluent aussi le quartier new-yorkais du Bronx ainsi que quatre tribus amérindiennes…
Critiques
Les principales critiques issues des médias européens ou nord-américains ou de l'opposition vénézuélienne pointent du doigt l'« autoritarisme » et le « populisme » d'Hugo Chávez
Hugo Chávez vu de France
Hugo Chávez est suivi avec intérêt par la gauche altermondialiste.
Il est souvent cité par Attac, et par le mensuel Le Monde diplomatique. Le journal a évoqué à plusieurs reprises un traitement médiatique français jugé particulièrement partial, Ignacio Ramonet voyant en particulier dans la polémique de mai 2007 concernant RCTV le symbole d'une « campagne de démolition [...] haineuse » à l'encontre de Hugo Chávez. Ce diagnostic de partialité a été repris par Acrimed. Il bénéficie aussi du soutien du sénateur socialiste Jean-Luc Mélenchon.
De l'autre côté de l'échiquier politique, au Front national, quelques personnalités soutiennent Hugo Chávez notamment le professeur Jean-Claude Martinez et Alain Soral.
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Pour finir, une citation d'Hugo Chávez éclaircissant sa pensée :
« Parmi les éléments qui pourraient définir le socialisme du XXIe siècle, je dirais que la première caractéristique est l’élément moral. Il faut commencer par cela, par la conscience, par l’éthique. Le Che a beaucoup écrit sur la morale socialiste. Quelle que soit la vision du monde que l’on a, il faut nous réapproprier le sens éthique de la vie. Ce que je dis là tient sans doute beaucoup du christianisme : « Aimez-vous les uns les autres » ou « Aimez votre prochain comme vous même ». En réalité, il s’agit de ceci : de la solidarité avec le frère. Il s’agit de la lutte contre les démons que le capitalisme a semés : l’individualisme, l’égoïsme, la haine, les privilèges. »
[Sources: Wikipédia (surtout pour Chavez, mais pour un chef d‘état tel que lui, il fallait creuser plus loin que le ragot venezuelien), guides, presse et discussions autour bien souvent d’un…café]
16-01-2009
Ipiales - 3 jours off
Repos, ecriture et visite du Santuario de Las Lajas...



Pasto - Ipiales (83 kms)
Ce
matin, la rue a retrouvé sa tranquillité. Les festivaliers ont déserté l’aire
de jeu, les commerçants, eux, sont déjà à
pied d’œuvre pour nettoyer leurs devantures après une semaine de carnaval.
David n’est pas au mieux ce matin, ennuis intestinaux. On prend tout de même la route.
Il doit être environ 8h mais on ne
quittera la ville que vers 10h. La faute à deux crevaisons successives de
David.
Je le regarde réparer en prenant le café. C’est le moment que choisit une colombienne pour s’approcher et de demander d’où l’on vient. En fait, on va converser pendant plus d’une demi-heure, elle veut tout savoir du mode de vie européen.
Elle travaille ici en tant que cuisinière et me demande en France combien gagne une cuisinière. Quand je lui répond qu’en France, la culture n’est pas de manger à l’extérieur dans des restaurants peu chers, on gagne en profondeur dans le débat…Des projections économiques simplistes, on entre dans le chapitre des différences culturelles.
Elle
me quitte dans un sourire, je devine que pour elle, le moment a été plutôt
inhabituel.
Il est temps de rentrer dans le vif du sujet, l’étape du jour. Et pour bien commencer, on monte au delà de 3000m. Mais l’effort est régulier et le sommet est atteint sans essoufflement majeur. La nouveauté, c’est le froid.
Les
oreilles et les doigts se figent plus qu’à l’habitude. La longue descente qui
suit la montée requiert une couche de plus. Je sors pour la première fois des vêtements
que depuis Mexico je transporte. Ma monture est certes lourde mais de la sorte,
pas ou peu de prise au dépourvu.
La
descente est longue et ça fait un moment que je n’ai pas aperçu David dans le rétroviseur.
A l’occasion d’un péage, je m’arrête pour l’attendre. Je vais attendre un bon
moment et toujours pas de David en vue. Je décide de poursuivre.
En
bas, j’ai perdu plus de 1000m d’altitude et ça remonte aussitôt. Je monte au village suivant et
attend une nouvelle fois. Une demi-heure passe et toujours rien.
Je fais encore quelques kilomètres
et m’arrête pour déjeuner en face de la route…Environ 40 minutes et pas de cycliste new yorkais.
Cette fois, je ne peux plus attendre, il me faut continuer. J’espère que rien de sérieux ne lui est arrivé.
En partant du restaurant, on m’offre un fruit appelé « chirimoya », une première pour moi. C’est très sucré, la chair est tendre…
«- Merci.
- De rien, Dieu vous accompagne »
De nouveau seul sur la route. Bientôt une fine pluie fait son apparition. Je m’arrête un moment et une nouvelle fois je discute avec une cuisinière colombienne. Nouvel instant de vie.
Ipiales se rapproche mais je sais avec les indications que j’ai pu glané avant le début de cette étape que ça monte juste avant l’arrivée de la ville.
Perdu dans mes pensées, un bus me dépasse et j’entend crier « Julien! ». Surpris, je pense d’abord à un couple de hollandais qui voyage en bus et avec qui on s’est mis d’accord pour se revoir à Ipiales.
Mais, au signe de la main qui accompagnait la parole, je reconnais le pull de David. Plus de doute, c’est bien lui…Il a pris un bus. En même temps que je pense que rien de grave ne lui est arrivé, je m’interroge tout de même sur sa présence dans le bus.
De retour à ma condition…Il ne me reste qu’a rallier la ville en solo. Ca monte comme prévu, la pluie et le froid refont leur apparition.
J’atteins
finalement Ipiales en fin d’après-midi (je n’aurais pas pu attendre plus
longtemps David). Je serre le poing en découvrant le panneau atteignant la
ville, l’étape d’aujourd’hui, n’était pas une promenade de santé.
Direction le centre et un hôtel recommandé par des voyageurs. Le couple de hollandais est arrivé dans l’après midi et David est là aussi.
Il
est malade, a pris un coup de froid dans la descente. Il s’est arrêté, s’est
endormi en chemin dans un restaurant. A bout de forces, il a pris un bus à
contre cœur. Rien de grave, je suis soulagé.
Le soir, à l’occasion d’un tour dans la ville, autour de moi, la Colombie a changé, les populations indigènes sont de retour.
Après les Mayas d’Amérique centrale, je suis arrivé en pays Inca.
15-01-2009
Pasto - 1 jour off
Festival de « Negros y Blancos » (5 jours de fête).
C’est l’un des festival les plus
anciens de Colombie. Les conquistadors se peignaient la tête en noir et les
esclaves en blanc le lendemain. La tradition est perpétuée et en
dehors des traditionnelles festivités, défilés de chars, concerts, etc, c’est à
peu près la folie dans les rues du centre du matin au soir.
C'est simple, il est completement impossible de sortir sans etre recouvert de peintures, de talc ou de mousse. Les magasins sont fermes, les gens sourient, tout est permis, c'est carnaval!
Cano - Pasto (43 kms)
Je sors prestement de la tente ce matin ayant détectée une attaque en règle de fourmis. Et même si elles sont inoffensives, le fourmi-llement le long des jambes au matin, c’est moyen ma tasse de thé.
A quelques mètres sur le chemin ou nous installé le campement, je fais face à un petit groupe de personnes. Je leur souhaite le bonjour et ne m’inquiète pas plus. Je prépare le café au milieu du cirque montagneux et dans la fraicheur du matin.
Petit moment de réflexion matinale et David se lève à son tour. Il a senti le café. Il me conte sa nuit quelque peu agitée, il a eu du mal à trouver le sommeil. Avant de remballer, il sort le violon.
Un hippie aurait eu un infarctus à ce moment là je pense.
On reprend la montée là où on l’avait laissé la veille. Pour ordre d’idée, ce matin, on est à 1200m. En fin de journée on devra être à 2800.
Le paysage est encore et toujours magnifique. On croise très peu d’habitations avant d’arriver au village de Cano. On en profite pour filtrer de l’eau, compter nos derniers pesos et s’autoriser un petit déjeuner à la mode locale: riz, œufs, bananes frites, tranche de tomate et café.
On fait quelques kilomètres et on rencontre un cycliste colombien qui nous invite au choix à un jus ou à un café chez lui. Et bientôt on fait connaissance avec toute la famille. Nos anecdotes, le voyage à vélo, il adore. Il est tout en démonstration devant sa famille et a un sens aigu de l’hospitalité.
Une nouvelle fois, je me dois à une explication au questionnement « Mais vous n’avez pas de famille? ». Ma réponse est peu ou prou la même chaque fois. Je souligne la différence de culture entre l’Europe et les pays d’Amérique latine concernant ce point.
Ici, on vit en famille et si les différentes générations ne vivent pas sous le même toit, la famille n’est pas loin et omniprésente au quotidien. A la différence, en Europe, il est normal de voir les enfants quitter le nid familial à 18 ans. Le contraire nourrirait de rumeur de surprotection de la part des parents. En règle général j’entend.
Et si les relations avec la famille sont plus distendues, elle n’est pas à mettre sur un manque d’amour en Europe.
Bien sur, on a le droit à la séance photos. David propose de les remercier en jouant un air de violon, une nouvelle fois c’est un succès.
On quitte la famille en les remerciant de leur bienveillance à notre égard et on laisse un père fier d’une telle rencontre devant ses enfants et allant dans le sens de sa passion, le cyclisme.
Et devinez quoi, ca monte encore.
Le temps se rafraichit à mesure que l’on s’élève et bientôt on essuie de légères averses. La pente n’est pas très marquée et avec la fraicheur du temps, la montée se fait sans trop de difficulté. David fait remarquer que c’est la condition qui vient...C’est possible.
Aujourd’hui le kilométrage n’est pas très important pour rallier Pasto. En début d’après midi, on a atteint les 2800m d’altitude et on entame la légère descente sur Pasto.
Quand la ville est en vue, je lache un cri. Les derniers jours étaient loin d’être une sinécure et la perspective de la mission accomplie, du repos à venir me fait monter l’adrénaline. On y est arrivé.
Sourire jusque là, on fait notre entrée dans la ville et…c’est carnaval.
Mojarras - Près de Cano (82 kms)
Lever vers 6h30. Les cyclistes de Bogota sont déjà parti. On décide de ne pas trainer non plus du fait de la chaleur qui commence à monter.
La station service où on a élu domicile la nuit dernière n’assure le service du petit déjeuner qu’à partir de 7h30. On décide de prendre la route et de s’arrêter ensuite…Erreur fatale.
Les premiers kilomètres passent et on comprend qu’on traverse une zone désertique.
Sans alimentation, point de carburant pour le cycliste. On commence a trouver le temps long. Et puis un panneau annonce un hameau…on pense être être sauvé…Pas du tout.
Aucune possibilité de se restaurer dans le village si on peut appeler de la sorte un regroupement de quelques maisons dignes d’un décor hollywoodien d’arrière pays dans un western.
Apres de nombreuses interrogations, une personne pourrait éventuellement nous faire du riz mais ca risque de prendre du temps…
Aux grands maux, les grands remèdes, je sort le réchaud, un sachet pates qu’il me reste et je commence à faire la popote en sirotant un petit pot de miel qu’il me reste en cas d’urgence.
Pendant ce temps, David filtre l’eau avec son Katadyn (une petite pompe de voyage qui fait passer l’eau douteuse dans un filtre et en ressort potable).
On perd les heures de fraicheur de la matinée mais impossible de faire autrement. Le prochain village est a plus de 25 kilomètres, continuer sans manger serait de la folie.
Les quelques villageois sont bien sur étonnés de voir deux cyclistes en pareille posture.
Les pates avalées, on remballe et on reprend la route. Cabossée la route.
Je prend les devant et pédale sur la voie qui va a contre sens pour profiter de l’ombre des petites falaises, le soleil venant sur ma gauche. Il y a peu de circulation, rien de dangereux à une telle pratique.
Les paysages sont désertiques. Après les péripéties du début de matinée, le corps va mieux et j’éprouve du plaisir à passer dans un tel décor vide d’humanité.
Avec David, on s’est aperçu aussi d’un petit problème logistique la veille au soir. D’ici à deux étapes, il n’y a pas de guichets automatiques, pas de banques, pas de cash.
On a tous les deux un problème de liquidités, il va falloir faire avec ce que l’on a. C’est un peu difficile quand vous abordez la montagne et que vous n’avez pas la carotte du plaisir d‘une boisson fraiche pour avancer, difficile de reprendre de l’énergie correctement quand la nourriture doit être rationnée. A l’aventure, comme à l’aventure.
La chaleur est maintenant partout et la route grimpe et grimpe encore. Les kilomètres de début d’après midi sont très difficiles.
Et puis, ca y est le village annonçant la fin du dénivelé positif est en vue. Avec les quelques pesos qu’il nous reste, on se restaure a moindre prix et on achète des tomates et des pates pour le repas du soir.
Ce soir, manque de ressources oblige, il faudra trouver un endroit pour camper coute que coute.
Apres une belle descente dans un paysage majestueux, il nous faut une nouvelle fois remonter. On s’arrête a une station service en contrebas avant d’entamer la montée. Un soda pour deux, il faut rationner.
Un équatorien de passage nous demande si on va grimper. Réponse par l’affirmative. On reprend des forces avec cette boisson gazeuse je lui répond. 2 minutes après, il revient avec deux autres sodas: « Tenez il va vous en falloir des forces »…
C’est la fin de journée. Pour diminuer le dénivelé à grimper le lendemain, on décide de rouler jusqu’à la nuit. On ravitaille en eau, on monte encore quelques centaines de mètres et on part en quête d’un endroit ou dormir.
Ca va être difficile car à notre droite, c’est la falaise et à gauche le précipice…On grimpe à flanc de montagne.
Finalement on trouvera notre salut dans un minuscule recoin fait par une route secondaire et on s’installe la pour la nuit. L’idée est tout d’abord de passer la nuit à la belle étoile mais une fine pluie nous tombe dessus et je sors la tente, en bord de précipice comme il se doit. La tambouille est prête juste à temps, après un exploit de David sur le réchaud récalcitrant.
Comme à mon habitude, je m’endors rapidement. Dans ces cas la, le seul désir est de récupérer de la journée et tant pis si vous dormez avec vos vêtements de cyclistes trempés de sueur la journée ou si un hypothétique problème pourrait subvenir.
10-01-2009
Piendamo - Mojarras (160 kms)
La nuit a été bonne, j’ai repris des couleurs. Et même si la route continue sur le même mode qu’hier, l’effort m’apparait moindre.
Rapidement, on rallie la ville de Popayan que l’on choisit de passer sans s’arrêter.
Pour la petite histoire, j’ai eu l’occasion d’y passer un mois auparavant, la ville possède un certain charme colonial avec ses maisons anciennes aux murs blancs mais aujourd’hui je passe juste dire bonjour a son peripherique.
En périphérie justement, on croise beaucoup de cyclistes, souvent d’un certain âge… « pour garder la forme ».
L’un d’eux se porte à ma hauteur et on va parcourir ensemble environ 5 kilomètres. Il s’appelle Juan, il est passioné de vélo, mais après les présentations, j’ai le droit à un résumé de ses exploits, en combien de temps une fois il a parcouru de tel endroit à tel endroit, son rythme de pédalage, etc.
J’acquiesce poliment mais entre nous, je ne suis pas mécontent quand il me quitte.
Une fois sortis de la ville, la route monte plus régulièrement avant de redescendre promptement. Et là nouvelle rencontre.
Je vous le donne en mille, deux cyclistes…d’un certain age.
Leur trajet va du sud au nord de la Colombie avec une moyenne de plus de 100 kilometres par jour. C’est surement admirable pour leurs ages (ils ont 59 et 61 ans) mais de l’humilité s’il vous plait.
La sagesse avec les années ne se vérifie pas tous les jours. Ils transpirent de fierté.
Il me demande mon age, je n’ai pas le temps de répondre que l’un d’eux s’esclaffe « Oh, vous êtes jeune »…et de me rappeler une nouvelle fois son âge.
Je l’imagine fanfaronnant dans sa famille…Pathétique le vieux sportif.
S’ensuit une difficile montée Jusqu’au village de Rosas. Je m’arrête au stand plus longtemps que David qui se sent en jambes.
Je monte à mon rythme mais arrivé en haut, point de David. Peu banal, on a l’habitude de s’attendre. Je décide de continuer non sans demander autour de moi s’ils n’auraient pas vu un cycliste au vélo ressemblant au mien.
Réponse par la négative, j’entame la descente. Je m’arrête plus bas, toujours pas de trace de lui. Tant pis, je continue.
Une heure après, il apparait dans mon retro. Il s’était bien arrêté en haut de la cote mais était caché par des véhicules…
La journée est longue aujourd’hui. On met les bouchées doubles et on s’arrête peu.
Mais à une petite trentaine de kilometres de l’arrivée, on rencontre un petit peloton de cyclistes de Bogota (des jeunes, ouf!).
Ils sont habillés en sportifs de la tête au pied et voyage très léger. Ils font partie d’un même club (www.ciclonautasnx.com) et c’est leur sortie de l’année. De Bogota a Quito en vélo, retour en bus.
On va faire un bout de route ensemble. Mais pour ma part, l’expérience va être douloureuse. J’ai plus de 120 kilometres dans les jambes et les voilà qui prennent un rythme « Tour de France ». Mon vélo doit avoisiner les 60 kilos quand les leurs font à peine 15. Autant dire que dans les cotes je suis à la peine. Apres 15 kilometres, c’en est trop, Un plaisir de vous avoir rencontrer mais ca va pas être possible de continuer ensemble.
Je les regarde s’éloigner mais plus tard, avec David, on les retrouve tous au bord de la route. On s’échange les adresses et on se quitte sur des airs de violon.
Quelques kilomètres plus loin, on s’arrete pour se ravitailler en eau et on voit sortir une femme en serviette de bain. Elle se tord de rire. Elle sort de la douche et elle est en forme. Avant de partir, elle insistera même pour qu’on la prenne en photo...Enfin, on est invité à repasser quand bon nous semble.
Le rire est communicatif, avec David, on repart souriant.
Le soleil décline, il est temps d’arriver. Le dernier kilomètre est fait à la frontale. Mais l’objectif du jour est atteint, on est a Mojarras ce soir, après 160 kms!
On retrouve le groupe de Bogota, ils n’iront pas plus loin ce soir. On dormira dans le même hôtel et après avoir diner tous ensemble, on se quittera une nouvelle fois au son du violon.
Cali - Piendamo (108 kms)
La journée piège. On est le 2 janvier… Le retour au vélo, après une semaine aux antipodes de la pratique sportive…Je vous laisse imaginer.
Fabian a choisi de rentrer sur Medellin, le trio devient duo et je fais la route avec David, l’américain.
Après 1h, les jambes sont cotonneuses, la tête brumeuse, le souffle inexistant. La sortie de la ville était relativement plane mais bientôt ça monte et descend et le soleil est de la partie.
On croise beaucoup de motards. C’est les vacances de fin d’année et beaucoup quittent la ville pour la campagne. Certains descendent aussi en Equateur pour profiter des plages de l’océan Pacifique.
Je ne suis pas bien aujourd’hui. La journée prend un mauvais tour, le moral se fatigue du vélo. Je prends alors les devants. Je mange ce que je peux et m’allonge sous un arbre. Le sommeil me prend instantanément. David n’est pas en reste et on dort un peu plus d’une heure en bordure de route.
Mais il faut rouler même si l’objectif d’atteindre aujourd’hui Popayan semble déjà bien compromis.
La route aujourd’hui est vraiment assassine, à peine s’est on élevé de 150m que ça redescend et tout est à refaire.
Dans ces cas la, on s’accroche, on essaye de positiver en se disant que chaque montée/descente vous rapproche d’une typologie plus clémente.
La fin d’après-midi approche, David a encore dans l’idée de rejoindre Popayan dans la journée mais après interrogation d’un colombien sur le profil de la route jusque là, il décide aussi de jeter l’éponge. Aujourd’hui, on ira pas plus loin que Piendamo.
Je suis bien content d’en avoir terminer avec le vélo pour aujourd’hui. On trouve une chambre dans une station service.
Je discute un temps avec une employée pendant un temps, rapidement, elle se confie…
Extrait:
L’échange commence par sa confidence de rêver visiter la France. Elle me dit que son mari vit en Espagne. Ou est le problème je lui demande, la France est voisine de l’Espagne. Elle de me répondre qu’il vit depuis de nombreuses années déjà avec une autre. Devant tant d’expansion personnelle, je me risque a lui demander si depuis elle n’a pas retrouvé l’amour.
Sa réponse m’apparait surprenante: Elle n’a jamais plus eu de relation avec un homme pour…sauvegarder ses enfants.
Refaire sa vie est considéré comme à risque. Le nouveau compagnon pourrait maltraiter les enfants de sa première relation, peur du viol aussi. Je tombe des nues, argue du fait qu’il existe des hommes bons.
Elle semble moins persuadée que je le suis…
Douche chaude (assez rare pour le faire remarquer), repas et au lit.




























































