22-02-2009
Tena -Guamani (80 kms)
La matinée est agréable. La route ressemble beaucoup à l’étape précédente mais cette fois ensoleillée. Je dépasse de nombreux coureurs de fond.
A la faveur d’un petit déjeuner (très) consistant, On m’informe qu’il s’agit d’une compétition de course à pied. Je les devance bientôt et croise de nombreuses personnes en bordure de route, au spectacle.
Je salue allègrement des personnes qui se retournent à la vue du vélo étrange avec un maximum de sacoches.
Et c’est maintenant un classique, les
conditions s’en mêlent, arrive la pluie.
Je m’arrête près d’un préau. Je demande s’il n’aurait pas un robinet « cerca » (à côté), il est midi et une eau d‘un robinet, c‘est toujours mieux que l‘eau d‘un cours d‘eau pour cuisiner. Réponse positive des deux personnes à l’abri de la pluie comme moi
Ils hallucinent sur cet étranger
qui, arrivé de nulle part, en vélo, sort son réchaud et commence à cuisiner
sous l‘abri bus.On fait rapidement connaissance, ils sont tout
en remontrances hospitalières quand arrive le bus. On se quitte, eux à l’abri
de la pluie, dans un bus allant à Puyo, moi, dans l’autre sens…Je déjeune en
solo et en attendant une amélioration du temps.
J’attend peu de temps et de retour au cyclisme, j’atteins rapidement l’embranchement vers la ville de Coca. La route qui peut être piégeuse car possiblement peu asphaltée.
Et ça commence mal avec une route en mauvais état dès la bifurcation. Ca ne s’améliore pas ensuite mais le moral est bon. De se sentir « en dehors des sentier battus », c’est simple, chaque minute, dans ma tête, la même idée: « Moi, ici? » Comment ai-je pu en arriver là? »Après à chacun son appréciation, la mienne est un sourire… « La vie est belle…Liberté mon amour! »
Le moral est bon mais bonjour les conditions. La pluie reprend peu à peu.
Juste avant du crachin, je rencontre un irlandais à moto (…Les sacoches et la moto BMW, impossible de se tromper…Un voyageur à moto) On s’arrête tous les deux et on se raconte chacun à son tour nos itinéraires…L’échange est sympathique et dans ma tête toujours cette idée: Voyager à moto, meilleur qu’à vélo?…
Après une longue conversation, personnelle, je ne pense pas…Mais qui sait, peut-être un futur voyage?
Après cette rencontre fortuite, je rentre dans une portion comment dire…de conditions défavorables, à traduire par pluie et route en majorité de terre.
Dans une montée, je dois pousser…Au début du voyage, j’ai du pousser, manque d’expérience,
de conditions. Pour pousser aujourd’hui, après de nombreux mois de bicyclette,
c’est que la pente est vraiment, vraiment, raide, et caillouteuse…
Un adolescent est en difficulté avec sa moto dans la descente, je lui demande s’il y a un village proche, le soleil commence à se coucher…Reponse positive, à environ 4 kilomètres. Bonne nouvelle.
Je l’atteins bientôt et la nuit est déjà là…
Le village, c’est quelques
maisons (10?) en bord de route. Je me dirige vers la petite échoppe de
nourriture et achète une livre de riz et trois œufs…Mon repas du soir.
Mais un cycliste étranger à cette heure, forcément, ça ne passe pas inaperçu. Alors, je profite de l’occasion et demande aux quelques personnes alentour, « si un cycliste à qui la nuit a fait qu’il a du s’arrêter ici pour cause d‘obscurité, etc, etc,… ne pourrait pas planter sa tente dans un recoin avec si possible un toit au dessus, comme par exemple dans l’échoppe?… »
Conciliabules en privé…Je suis tout à ma cuisine quand la chef de famille s’approche et me dit que c’est arrangé…
Elle m’entraine un peu plus loin et m’indique une chambre, humble mais inespérée. Elle me dit que pour cette nuit, je peux dormir ici, dans un vrai lit.
Je me confonds en excuses…L’humanité, un échange dans les yeux, de la simplicité….Ici aussi on parle Quechua et comme ceux « de la sierra » (d’Otavalo, voir post précédent), le contact est juste beau.
Je termine la journée en mangeant mon riz aux œufs, amusant les enfants, nombreux, curieux de l’attraction que je représente. Je suis de très bonne humeur face à l’accueil que je reçois et je répond aux questions de chacun.
Je passe, je crois, d’inconnu, à un voyageur sympathique, qui a toutes les raisons d’être aujourd’hui sur un vélo tellement c’est formidable de connaître le monde.
Avant de sombrer dans un sommeil profond, je découvre une chambre, devine la personne derrière la décoration, très différent de notre culture et, je m’endors en pensant que la vie version recevoir l’étranger comme une personne intéressante, devrait être…évident?
Tena (1 jour off)
A Tena, je retrouve le suisse, Andres, que j’ai
rencontré à Banos. Il a la même idée de passer au Pérou, jusqu’à Iquitos, en bâteau,
depuis la ville Coca. Décision est prise de faire le voyage à deux ces
prochains jours.
Les cyclistes de l’hôtel sont 4 américains,
depuis deux ans sur la route. Ils ont les 4, des vélos étranges, plus longs que
la normale. Eux aussi ont de belles anecdotes à leurs actifs.
Journée repos sinon.
Puyo - Tena (80?)
Cache-cache vous connaissez?
Je démarre tôt le matin avec la formidable envie d’aller plus loin, dans un décor nouveau, de forêt à perte de vue et de densité de population très réduite.
Je monte et descend pendant les deux premières heures et ensuite la route descend au cœur d’une nature…de plus en plus présente. Sur la carte je remonte vers le Nord et en quelque sorte, longe « les portes de l’Amazonie ». Mais quand la route se fait chemin de terre, déjà l’image de cette Amazonie des rêves de gosse est là, sous la roue avant du vélo.
Pourquoi cache-cache?…Pour la pluie.
Elle arrive sans crier gare. Fine pendant 30 secondes et tout de suite de celle qui trempe en une minute.
La première fois, je m’arrête en catastrophe sur le bord de la route, sors la bâche de la sacoche arrière et m’abrite comme je peux.
La pluie s’arrête rapidement mais je fais à peu près 2 kilomètres et rebelote. Cette fois, je trouve une petite cabane et met à l’abri. Et commence l’attente.
Le souvenir de l’étape d’hier (mouillée), refait surface. J’attend une demi heure et fais connaissance avec un local en attente d’un bus. A la faveur d’une éclaircie, je repars.
Je pousse un peu l’allure et avance à un bon rythme. Le temps s’est amélioré mais on m’a averti qu’ici, le temps… « C’est changeant ».
La pluie de nouveau…
Mais finalement, dans la deuxième partie de la journée, les averses se feront rares et je m’approche de Tena, la ville étape de ce soir.
Depuis Banos, mon compteur n’est pas à la fête. Il fonctionne quand bon lui semble et de fait, je suis un peu perdu niveau kilométrage, mais bon, les fondamentaux du vélo, c’est juste pédaler et je me fais une raison.
En début d’après midi, j’atteins un pont version sens unique. Définitivement, il y a peu de circulation dans cette partie de l’Equateur. Le pont indique aussi sur la droite, la ville de Misahualli (Mi-sa-wa-yi). Cette petite ville pourrait être une étape car elle est située le long d’une rivière importante et il est possible d’apprécier ici la nature sauvage, singes et autres animaux exotiques.
Je me réserve pour plus tard et décide de ne pas m’arrêter. Je déjeune juste à l’embranchement…Quelque chose qui ressemble à des tripes, accompagnées de riz.
Moins d’une heure après, je suis à Tena.
Je trouve un hôtel à l’entrée de la ville et fais la connaissance de voyageurs…à vélo.
19-02-2009
Banos - Puyo (70?)
A Banos, il est possible de louer des vélos. La
sortie de la ville direction Puyo est tout en descente au départ et on longe
des gorges. On peut alors admirer de nombreuses chutes d’eau. Ils appellent la
route, « la route des cascades».
Puyo, c’est ma destination de la journée, je
vais donc aux devants d’une belle journée de paysages.
Je sors de la ville le matin et croise un
premier couple ayant opté pour l’option « vélo » pour la journée.
Le temps est légèrement couvert mais le chemin
est vraiment agréable. Les points de vue sont nombreux et la nature de toute
beauté.
Une des cascades a un plus par rapport aux autres, imposante d’abord et nichée au creux de la montagne. L’endroit est accessible par un chemin d’une vingtaine de minutes. Je descends admirer la chute.
Je suis en version touriste itinérant aujourd’hui.
Et parfois la chance n’est pas avec vous…La
pluie redouble d’intensité et me voilà prisonnier.
Le temps s’écoule peu à peu et, après 45 minutes, je décide de sortir le réchaud, quitte à rester bloqué, autant avancer l’heure du déjeuner.
Je suis à présent trop loin de Banos, et
revenir serait grimper. Les touristes remontent en bus. Pour moi il me faut
continuer et affronter le mauvais temps.
Ce n’est que de l’eau mais elle a la désagréable
habitude de vous tremper les pieds. Ce ne sont que des nuages mais ils ont la désagréable
attention de cacher le paysage.
Je fais donc du vélo sous la pluie, concentré dans les descentes avec une pluie qui parfois aveugle. Je dois ralentir mais le freinage est compliqué par les patins qui glissent.
Après une bonne heure sous la pluie, je fais une pause sous un porche. Le ciel est bas, les gens à l’abri dans leurs maisons. Je les imagine sirotant une tisane.
La circulation est quasi inexistante, même en voiture, les conditions ne sont pas bonnes et ils doivent rouler doucement en soulevant parfois des gerbes d’eau.
Je reprend le vélo, toujours sous l’eau.
La route indique que j’atteins, « les
portes de l’Amazonie ». A la faveur d’une éclaircie, je m’arrête à un
mirador. Le paysage, c’est comme un estuaire au milieu d’une forêt à perte de
vue.
J’oublie le mauvais temps et ses tracasseries
et j’ai le frisson…L’Amazonie et moi au milieu, le rêve de gosse…
Qui n’a pas en tête un documentaire sur la forêt
impénétrable, les tribus primitives, le décor de la longue barque qui remonte
un fleuve d’une eau marron.
Pour ma part, je crois avoir passer de longues
après midi devant le poste à l’occasion de dimanches pluvieux et breton.
Ceux qui regardent le Grand Prix de F1 auront
le rêve d’aller voir les voitures tourner sur un circuit. Moi, je
suis à quelques kilomètres de Puyo, en Equateur et j’ai le frisson en observant
les arbres à perte de vue…
Je suis à Puyo finalement relativement rapidement.
La chambre de l’hôtel bon marché, se transforme bientôt en Tancarville géant.
Je suis au sec après la douche et sors le soir pour me renseigner sur la suite de la route et demander si elle asphaltée ou non de bout en bout.
Banos (1 jour off)
Banos (« les bains ») est connue…pour ses thermes.
Très touristique, la ville offre une quantité de tours impressionnante. Du simple trekking aux sports extrêmes « natures ».
Après le Cotopaxi, j’ai ma dose et très peu pour moi le canyoning et autre rafting. La ville est agréable pour son calme et je passe une journée detente aux « bains », en extérieur et au pied du volcan.
Latacunga - Banos (85 kms)
Ce matin, je suis tout seul à arrimer le vélo
et à ajuster les gants de cyclistes…
Ici la route de David, le cycliste de New York,
diffère de la mienne. Après un mois de binôme, parfois de trinôme, je suis de
retour à ma vie de solitaire à vélo.
Pas de débordement émotionnel mais un
changement d’ambiance ce matin, je prend le petit déjeuner devant l’écran et
les échanges sur ce que peut être la route d’aujourd’hui se font en mon for intérieur.
Mon esprit est en mode monologue.
La journée s’annonce comme une étape plutôt
facile sur le papier.
Plat au départ et ensuite, je descend sous les
2000 m d’altitude après mille mètres de dénivelé négatif.
Mais c’était sans compter sans notre invité
surprise. Le vent, oui messieurs dames, s’est invite pour la journée.
Le vent, c’est la déprime du cycliste. Suivant
le gradient de montée ou descente de la route, on est habitué à un rythme. Le
vent déroute et l’impression chaque minute, est de faire du sur place. Pas de
gratification, pas de sensations agréables de « manger la route ».
Non, la journée s’écoule comme un long effort contre un adversaire invincible.
La descente vers Banos est, de plus, rendue difficile par la poussière soulevée par le vent qui vient se ficher sous les paupières et m’aveugle quand le vélo prend la vitesse en descente.
Je suis près de la chute deux fois dans la
journée. La première du fait d’un camion qui me sert de trop près et, en devant
faire un écart, je roule dans une partie sablonneuse, le vélo dérape.
Je rattrape le tout avec difficulté, engueule
le chauffeur (une insulte moyennement classe mais il le mérite).
La deuxième fois est encore plus périlleuse quand je me fait littéralement téléporter avec le vélo quand la route en descente oblique sur la droite et une bourrasque de vent me surprend.
Je descend ainsi, avec les lunettes (contre la poussière) et en freinage presque perpétuel pour ne pas me faire surprendre à une vitesse trop élevée. La descente est normalement la récompense, elle est ici une continuité d’une journée à oublier.
J’arrive finalement à Banos en milieu d’après-midi.
La ville est très touristique et je suis surpris du nombre d’étrangers dans les
rues. Après un tour rapide, je trouve où
dormir.
05-02-2009
Cotopaxi
L’allemand, c’est Mathias, la jeune
vingtaine, sympathique. Il est basé à Quito ou il vient d’acheter une
moto et compte descendre vers la Bolivie en solo. Entre deux histoires de
papiers d’immatriculation, il vient tâter de la montagne.
Le
programme de la montée au Cotopaxi, c’est:
Départ
dix heures le matin, dans le 4x4 avec le guide et tout le matos de montagne qui
pour moi est relativement nouveau.
Entrée
du parc du Cotopaxi, une zone vide d’humanité, aux paysages rapidement vide
aussi de végétation.
Montée
à 4500 mètres en 4x4.
Montée à pied jusque 4800 mètres ou
se trouve le refuge (4800m, c’est l’altitude du Mont Blanc, plus haut sommet
européen)
On fait connaissance avec l’ambiance
alpiniste.
On
mange.
On
teste le matériel en condition et Sergio, le guide, nous donne les bases de la
montée en cordée et comment tomber si l’un de nous décroche…
Sieste
Repas
de nouveau et au lit vers 19h…On fait la montée de nuit, à la frontale, départ
minuit!
Montée
du Cotopaxi en environ six heures, on monte à 5897m…
Je
vous cache pas que je repose à peu près tout mon moral de « Je fais du vélo
depuis maintenant un moment, la condition physique devrait aller bien ».
Après, de me retrouver en tenue condition extrême avec harnais de cordée,
crampons et piolet je la fait au bluff du genre pas impressionné.
Un peu avant minuit, c’est le grand
tremblement, le refuge se prépare. Café et petit déjeuner consistant.
Les groupes partent les un après les autres. Environ une trentaine de personnes
tentent l’ascension cette nuit.
On
part les derniers. Notre guide, Sergio, un jeune qui vit qui pied du volcan,
est en forme, on rigole beaucoup.
Harnaché, une tête de terroriste avec la cagoule. On se met en route et çà démarre…à deux à l’heure. Le guide de préciser « l’important c’est le rythme ». On marche en file indienne, les pas dans les traces du précédent.
On
aperçoit dans les hauteurs les cordées qui nous précèdent à la lumière de leurs
frontales.
Au départ, les sensations sont
bonnes et on monte régulièrement. Et puis commence la valse des redescentes.
Certains, partis une heure avant nous, renoncent déjà.
Je
pense à la transe d’une montée difficile en vélo et je m’accroche. Mais au fur
et à mesure que l’on monte, l’oxygène se raréfie, et le conditions deviennent
plus difficiles, une neige mêlée de grêle et aussi un chemin en pente raide, la
neige s’enfonce. Il faut
parfois rattrapé un posage de pied en déséquilibre par l’enchainement d’un
autre plus assuré. Cet effort, facile au départ, devient source d’essoufflement
à présent.
Parti les derniers, on dépasse bientôt
les autres groupes et on se retrouve en tête. Ce n’est pas forcément une bonne
nouvelle dans le sens ou notre guide à 4 pas de moi, doit à présent « faire
la trace ».
Et puis, le contournement des autres
groupes m’a fatigué. On approche des 5400 et je m’essouffle. Il faut tenir mais
je soupçonne le guide d’avoir augmenté de rythme. La tête commence à me tourner
et pour la première fois depuis le départ, je fais part au groupe de sensations
moyennes et je demande une pause.
Encore 5 minutes répond le guide, il
faut atteindre cette arête. Va pour 5 minutes.
Mais après 10 minutes, je n’avance
que difficilement, une pause!
On s’arrête, on avance à présent de
concert avec une autre cordée de trentenaires français venus avec l’agence « Allibert ».
La
portion est tellement raide que suis courbé la majorité du temps contre la
pente pour avoir l’équilibre nécessaire au lever de genou sans verser en arrière.
Dans
ces moments là, pas de réflexion à avoir plus que jambe droite, souffle, jambe
gauche, souffle, etc.
La
fatigue est arrivée et elle ne lâchera plus et puis vient l’interrogation « Qu’est-ce
que je fais là? ».
Surtout
qu’après arrivent les crevasses et cet montée au piolet dans un goulet. Il faut
planter le piolet en hauteur, s’en servir pour se hisser et planter les
crampons du mieux possible.
Ensuite, il faut choisir une voie,
les conditions, de l’avis du guide, sont difficiles.
Ce qu’il veut, je suis mort, à l’article
de l’effort au courage.
Encore un effort et on arrive motive
le Sergio. Chaque pas est un supplice, je suis comme je peux.
Et puis çà y est, le sommet est là.
Victoire!
Je crie une fois, deux fois, trois
fois? Le cri vient du corps, extatique d’en avoir fini.
On se salue, vraiment ce qui sont là
ont eu mal. La vue est largement obstruée par les nuages mais la sensation d’avoir
fait le sommet est là, a la fois nerveuse et enthousiaste.
J’ai
parié avec le type de l’agence que je ferai un café au sommet, je suis monté
avec le réchaud.
Je
prend un café (Alto) à près de 6000 mètres.
Le jour se lève et il ne faut pas
trainer au sommet. On est monté de nuit car de jour, la neige en hauteur est
propice aux avalanches.
Je
ne vous conte pas en details la redescente, la souffrance de fournir un effort
quand on pense que tout est terminé,ni le goulet monté au piolet, que l’on
redescend en rappel.
La
lumière est là à présent, on descend progressivement et bientòt le refuge est
en vue.
04-02-2009
Quito - Latacunga (94 kms)
On démarre tôt, concentrés sur la sortie de la ville. Chaotique, enfumée, on va mettre plus d’une heure pour sortir de Quito, à slalomer dans la circulation matinale.
Enfin, la nature est de retour, on petit déjeune de notre désormais rituel petit déjeuner de 10h, Café, pain, fromage, œufs, riz, viande et jus de fruit…On est cycliste ou on l’est pas.
En reprenant la route on croise, non pas un ouzbek mais une suisse à vélo. On rencontre l’expérience avec Andy. En vieille briscarde du vélo, elle sillonne le monde à raison de quelques mois par an, en vélo, en solo et depuis des années.
Elle remonte cette fois depuis le Chili et se dirige vers la Colombie. On échange des informations sur la route à venir. On sort les cartes, on prend le temps sur le bord de la route et puis on se salue, la pluie est annoncée.
David, mal équipé pour la pluie, préfère s’abriter. Je suis en jambe, on est au pied d’une difficulté, je décide de continuer, je l’attendrai en haut.
La pluie s’arrête rapidement et j’atteins bientôt les 3400m (depuis quelques jours, on est généralement au dessus de 2500m).
Dans les hauteurs, je dépasse un panneau annonçant le parc national Cotopaxi (c’est le nom du volcan que je me suis mis en tête de faire l’ascension).
Et là, il apparait sur ma gauche, la cime cachée par les nuages, mais majestueux. De cette majesté qui vous fait pousser un cri…Les sommets enneigés commencent!
La suite, c’est une descente jusque la ville de Latacunga, ville étape pour la montée du Cotopaxi.
La journée a été rapide et je profite de l’après midi pour me renseigner pour monter le lendemain. Je fais le tour des agences pour me rendre compte que je suis seul pour la montée (David ne se sent pas).
Le prix est forcément plus important. Je discute le bout de gras un temps, à la marocaine, ne lachant rien, et j’obtiens un prix intéressant. Et puis un allemand arrive, il veut monter…
Rendez vous est pris le lendemain, à trois: le guide, l’allemand et moi.
.
.
.
.
Quito (4 jours off)
Repos, mécanique, dentiste, blog et sorties nocturnes à gringolandia (Un quartier central de Quito, véritablement envahi de étrangers, en majorité en provenance des Etats-Unis).
Je profite aussi de ces journées pour mettre au clair le programme que je veux donner à L’Equateur.
Choix est fait de délaisser la plage et lui préférer la montée d’un volcan et une route Est, vers…l’Amazonie.
.
.
Otavalo - Quito (105 kms)
Ce matin, trois des filles de la famille vont à l’école et les cyclistes prennent la route direction Quito. La grand mère ne peut contenir quelques larmes.
La journée débute par une montée, longue mais peu pentue, chacun monte à son rythme. Il est entendu avec Claudio qu’on se voit au sommet mais ensuite David et moi continuons en duo, Claudio ne se sentant pas capable de rallier Quito dans la journée. On a une surprise après quelques kilomètres, le père de famille a enfourché son vélo pour nous accompagner pour un bout.
On petit déjeune donc à quatre au sommet de la difficulté de la journée et on se sépare ensuite. Le père prend un bus direction Otavalo, Claudio prend son temps et David et moi prenons les devants.
On roule sur une route secondaire qui descend lentement mais régulièrement, la moyenne est élevée et bientôt, on traverse un paysage minéral de toute beauté. Le vélo avance tout seul, la nature est belle, le cycliste est heureux.
Mais toutes les descentes ont une fin et Quito est construite dans les hauteurs…
Avant de remonter, une voiture klaxonne et s’arrête, c’est le propriétaire d’un bar karaoke ou l’on est passé à Otavalo, il nous salue et nous souhaite bonne route.
Ca monte donc et David se sent en forme. Quand David est en forme, tu le sais, il fanfaronne.
Une première difficulté passée, on redescend pour entamer la dernière montée vers Quito. C’est sportif mais le corps est habitué à l’effort à présent et en s’arrêtant tous les 100m de dénivelé, petit à petit, on prend de l’altitude.
On s’arrête après un péage pour déjeuner. Le plat doit manquer un peu de fraicheur car quelques hectomètres plus loin, je suis dans l’obligation de m’arrêter. Mon estomac se dérobe et il est urgent de trouver un endroit pour remédier à la situation…
C’est chose faite en bordure d’un champs et je me remet en selle, mais encore quelques mètres et je dois de nouveau m’arrêter.
On est tout proche de Quito et il n’y a pas réellement d’endroit ou m’arrêter. Le besoin se fait impérieux et je m’arrête en bordure d’une falaise. Je grimpe un peu et me cache derrière un arbuste qui ne cache rien mais c’est ainsi.
Je suis pas vraiment au mieux à ce moment là et en redescendant, je glisse quand une pierre se dérobe sous mes pieds. Je vois alors cette pierre ou plutôt ce bloc commencer à dévaler la pente. En bas, il y a le vélo…
Je ne peux rien faire que regarder cette pierre aller à la rencontre de mon deux roues. Crac!
La pierre a été directement sur le pédalier, le système des vitesses des plateaux est cassé. Il ne me reste que quelques kilomètres à faire, l’incident est mineur. Je vais juste devoir rester sur petit plateau et je réparerai à la capitale.
Il est temps d’en terminer, la mécanique et la santé ne sont pas au top en cette fin de journée.
Pourtant Quito est construite toute en longueur et il nous faudra pédaler près d’une heure et demi en plus pour enfin descendre de vélo, On trouve un hôtel entre la nouvelle et la vieille ville.
La capitale après la campagne, changement de décor.










































































