16-03-2009
Panacocha (4 jours off)
Premier village rencontré, premier arrêt.
Le bateau qui se rend au village frontière s’est arrêté ici pour le déjeuner, après environ 6h de trajet. Tout le monde repart après une demi heure, sauf nous, Andres et moi.
Déjà, j’ai le droit aux regards interloqués mais très souriant. « Qu’est-ce qu’il vient faire ce type avec son vélo, ici où il n’y a pas de route et où les chemins alentours ne mènent qu’à quelques maisons situées en dehors d’un centre d’une…dizaine de maison tout au plus? »
Pour ma part, j’affiche un grand sourire, amusé d’être ici avec mon vélo en pareille posture.
Rapidement, on trouve le seul restaurant qui possède aussi quelques chambres. Mais plus que l’endroit, on fait connaissances avec les deux tenancières de l’endroit et on comprend vite qu’on sera ici comme à la maison.
Cuisine, politique, potins de micro société, on est au cœur du point névralgique du village.
La découverte étant la dynamique qui nous anime, on organise la visite du lendemain en fin de journée. Il y a une lagune à une heure et demi en barque a moteur.
On conclue avec un homme du village un prix contenant le prix de l’essence que l‘on va consommer, la location du bateau, la participation du guide et, les hameçons… Les piranhas, les piranhas!
Le lendemain est un rêve.
La journée est tout de suite fantastique. S’aventurer en pirogue au ras de l’eau le long de méandres est un bonheur.
Imaginez une forêt française, vous changez les arbres en végétations luxuriantes et tropicales, au lieu des moineaux, vous vous habituez à des perroquets multicolores. Imaginez un cours d’eau et remplacer les gardons par des piranhas.
Fascination totale. Je suis en Amazonie et en mode « bouche ouverte ».
Sur la pêche, Andres s’en sort beaucoup mieux que moi, qui me contente de nourrir les poissons en observant mon hameçon chaque fois délesté de son morceau de viande.
Je vous passe les détails innombrables, la magie de l’endroit est difficile à retranscrire.
Mais il y a des moments précieux dans la vie parfois, de ceux qui restent.
Et je n’oublierai pas avant longtemps ma première baignade dans ces eaux, à faire la planche, observant le bleu du ciel au delà de la cime des arbres.
Restera ce moment aussi ou en arrivant a l’entrée de cette lagune ou l’eau reflète parfaitement le ciel. Comme ces dessins qui consiste à tacher une feuille de papier et à la plier en deux pour observer une forme symétrique.
Ici la rainure de la feuille, ce sont les arbres des berges de la lagune.
Je fais un vœu à voix haute en suggérant que le summum serait de voir apparaitre à ce moment là un dauphin rose au milieu de la lagune.
Dieu existe? Je ne sais pas mais à peine une minute passe et on se retourne tous au son d’un souffle.
Ce n’est pas Jésus et c’est allé très vite.
Mais déjà il réapparaît, oui ,c’est un dauphin rose. (évanouissement de l’auteur)
On va passer finalement 4 jours à Panacocha. On doit attendre le prochain bateau pour la frontière.
On passe une fin de semaine sur place mais ici chaque jour est identique. Le rythme de vie est très différent car il y a très peu de contacts avec l’extérieur et l’électricité seulement 4 heures par jour.
Notre rythme change aussi alors du tout au tout. On n’est pourtant jamais vraiment inoccupés.
On pêche directement en face du restaurant. On s’aventure alentour à pied, les bottes sont de sortie.
J’amuse aussi les enfants avec le vélo et on discute longuement jusqu’après le coucher du soleil en regardant passer les troncs d’arbres charriés par le rio Napo.

11-03-2009
Coca (3 jours off)
A Coca, je retrouve Andres le suisse et on passera 3 jours à attendre la bateau qui convient.
On met le temps à profit pour s’équiper: bottes, hamacs, anti moustiques, gallons d’eau purifiée, etc.
Un mot d’ordre aussi pour les deux, pas de précipitation. L’idée n’est pas de franchir la frontière et d’atteindre Iquitos au Pérou le plus rapidement possible.
Direction l’inconnue donc, avec une belle envie de se perdre en route.
Guamani - Coca (100 kms)
Je suis levé aux aurores par le chant d’un coq. J’ai dormi d’une traite.
En ouvrant les yeux, je suis de retour dans la chambre de cette inconnue. Je ne la connaitrais jamais mais j’imagine une belle inconnue, les trois écharpes de miss accrochées au mur y sont pet être pour quelque chose..
En poussant la porte, je retrouve les visages de la veille. Beaucoup vaquent déjà à leurs occupations quotidiennes. Je petit déjeune en bord de route, on m’offre le café, et bientôt je rassemble mes affaires.
En partant, je ne sais comment les remercier alors je fais une photo de famille et leur promet de leur envoyer dès que possible.
Au départ, la route monte et descend pendant environ deux heures avec un passage que je suis bien heureux de faire en descente car le chemin inverse eut été un calvaire. La route s’aplanit ensuite.
Je roule sur une route peu empruntée et quelque peu monotone.
A midi je m’arrête sous un porche pour cuisiner. Je réchauffe le riz de la veille quand s’arrête une moto. J’ai un invité pour le déjeuner.
Je suis très habitué à rencontrer de nouvelles personnes, et au début de chaque rencontre, je suis naturellement très positif dans les premiers échanges. Pour autant chaque fois aussi, la méfiance doit être présente car …« On ne sais jamais ».
Avec mon invité, je n’ai rien à craindre mais je ne serais jamais vraiment sympathique.
Est-ce la réponse que donne ma personnalité à un homme qui se présente comme le surveillant des travailleurs de l’entreprise de coupe de bois? Je ne sais pas réellement, mais il apparait peut être que pour faire un tel travail de petit chef peu charitable humainement, il faut une personnalité qui ne cadre pas avec la mienne.
Enfin, sans faire de résumé social très critiquable, avec cette personne, surveillante de son état, le courant ne passera jamais vraiment.
Et comme rarement, je suis heureux de le voir s’éloigner le déjeuner terminé.
Je roule ensuite toute l’après midi en croisant très peu de villages et d’activité.
En fin de journée, Coca n’est plus très loin et après avoir longé les pipe lines de pétrole extrait ici, je franchis le pont indiquant l’entrée de la ville.
Coca est une ville ou l’on croise outre les populations locales, beaucoup de militaires du fait de la guerre avec le Pérou encore récente et aussi les travailleurs des sociétés extrayant le pétrole.
Niveau touristique, c’est très limité mais c’est ici qu’il est possible de prendre un bateau en direction de la frontière amazonienne avec le Pérou.





















