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Un an et demi de vélo sur les routes d’Amérique centrale et d’Amérique du sud

30-04-2009

Tarapoto - Moyobamba (117 kms)

Ce matin, je reprends la route seul. Andres voyageant en bus, ira à présent plus rapidement que moi. Carlos et Daniel, les deux péruviens prennent une route différente de la mienne. L’Amazonie est derrière…

Un sourire en sortant de la ville quand je lis une affiche annonçant l’élection de miss « fil dentaire »…
Sinon, le début de la journée est assez monotone. Je longe une rivière pendant de nombreux kilomètres. Les villages sont pour la plupart de l’autre côté de la rive et en contrebas.

La journée est chaude et monte légèrement (je longe le rio qui va en sens inverse). Les paysages de rizières du début de la journée laissent place à des petites collines en début d’après-midi.

Je déjeune en bord de route et monte encore. Le temps se rafraichit et ce n’est pas pour me déplaire. En m’arrêtant pour un jus de fruit en bord de route, je retrouve un couple de motard qui m’avait salué plus bas. On commence à discuter et l’homme se montre étonné en me disant qu’il comprend ma langue??? Quand je lui explique que je parle sa langue, l’espagnol et non le français, il a comme…un grand moment de solitude.
Je reprends la route, casque sur les oreilles et fait défiler les kilomètres. La route se transforme parfois en chemin, mais en règle générale, les conditions sont bonnes. On est dimanche et j’assiste à des grands rassemblements dans chaque village que je traverse avec à peu près la même configuration: les hommes jouent au foot et les femmes, souvent en habits traditionnels et de petites tailles, jouent…au volley!
Les gens sont souriants, du coup je retrouve un sourire évanoui dans la monotonie du matin.

La fin de la journée est périlleuse. J’ai pris du retard dans mon objectif de rallier Moyobamba dans la journée et je me fais surprendre par la nuit.
Au départ, c’est formidable, le coucher du soleil est de toute beauté mais très vite, c’est la nuit noire. Une nouvelle fois, je navigue à la très faible lueur de la frontale. Je me fais peur de nombreuses fois du fait d’un fossé profond et prie pour que chaque voiture me dépasse sans encombres.

Enfin, les lueurs de Moyobamba, objectif atteint. Un gros souper, un lit pour la nuit et une mise au point…
   

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[Aparté…

A partir de Moyobamba, il va me falloir faire une entorse à l’une des règles que j’avais réussi à tenir jusqu’ici…Prendre un bus!
C’est qu’il ne me reste plus suffisamment de temps pour rallier Lima afin d’être à l’aéroport le jour de mon vol vers la France…

Je décide donc de me rendre, en bus donc, jusque Chachapoyas où il m’apparait intéressant de faire un stop deux jours.
Ensuite, je prendrais de nouveau un bus pour Trujillo où je déposerais mon vélo et l’essentiel de mes affaires chez un mécano qui ouvre sa maison aux voyageurs à vélo.
Une dernière liaison jusque Lima et direction la France pour un petit mois.

… Mais avant cela la belle histoire de la cascade de Gocta…]

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25-04-2009

Yurimaguas - Tarapoto (130 kms)

Je débute la journée fatigué, la faute à cette chaleur humide dès le matin.

En sortie de la ville, je monte et descends des petites collines. J’imagine qu’avant la nature avait la luxuriance de la forêt mais elle a aujourd’hui laissé place à des champs pour l’élevage. Il y a très peu de circulation et je ne croise que de rares moto taxis.

Après trois heures de route, je m’arrête pour manger un bout. Il n’y a personne alentour et je mange un classique: riz et poulet entourés d’une feuille de bananier acheté en partant.

Je me suis arrêté près des seuls arbres vus depuis un moment et j’ai l’agréable surprise d’y observer des petits singes intrigués par ma présence.

En tout début d’après-midi, je dois mettre pied à terre, la route est barrée. Il y a quelques années, la route que j’emprunte n’était rien de plus qu’un chemin boueux. Aujourd’hui elle est neuve mais une dernière portion n’est pas tout a fait terminée.

Elle ne s’ouvre qu’en fin de journée pour laisser passer les quelques véhicules l’empruntant.

J’arrive devant le barrage, je vise un type en uniforme et avance droit sur lui.Au départ, j’essuie un refus du type « Monsieur veuillez lire les panneaux, c’est écrit noir sur blanc, ordre a été donné de ne laissez personne avant 18h ».Je parlemente, toujours cette technique du cycliste qui passe partout, qui ne roule pas de nuit et attendre ici me condamnerai de fait. J’y mélange une pointe d’innocence et de tête de chien battu et…Il me laisse passer.

Ensuite?…Je suis tout seul sur la route.

Le plat laisse place à de la petite montagne. Et dans une côte, on me hèle à savoir si je veux des fruits. Je fais la connaissance de Raul Sanchez Garcia et de sa voisine. Il m’offre un fruit de la forêt qui m’est totalement inconnu, l’ Humari. C’est plutôt savoureux. Il poussera même l’hospitalité à courir me chercher des papayes. Il me parle de ses projets d’ouvrir une guérite de fruits quand la route sera définitivement ouverte.

Avis aux futurs voyageurs, kilomètre 50, Raul, vendeur de fruit.

 Je continue ma route mais bientôt je fais face à un nouveau barrage. Le type est remonté en me voyant arriver, pourquoi m’a-t-on laisser passer. Je lui explique mon cas mais il ne veut rien savoir cette fois. Il est vrai qu’au virage d’après, les travaux sont d’une tout autre mesure et les écoulements de terrains possibles.

Il est environ 16h, le temps est au beau fixe, je ne demande qu’à continuer. Mais, il est catégorique impossible de passer. Je vais un peu m’énerver, lui expliquer que je ne pourrais arriver à Tarapoto autrement que dans la nuit s’il ne me laisse pas passer avant 18h.

J’essuie un nouveau refus avec l’ingénieur en chef. J’ai beau joué sur la corde collègue, entre ingénieur…Nada.

Résultat, Je dois prendre mon mal en patience. Je fais la connaissance d’une famille, elle m’offre de la chicha (boisson fermentée) et des vers de palmes à manger.

18h, il commence à pleuvoir et à faire nuit, et je reprend le vélo…furieux. J’appuie sur les pédales comme un dératé mais bientôt la nuit est là. J’imagine comment la route doit être belle de jour mais ce qui me préoccupe là tout de suite, c’est cette route qui n’arrête pas de monter.

Et puis arrive le flot des voitures et bus bloqués jusqu’à présent. Je termine en damné dans des lacets en me mettant dans le fossé à chaque fois que des phares apparaissent derrière moi, peur de ne pas être vu.

Enfin, c’est la descente, rapide et seulement éclairé de ma frontale. D’un des nombreux minibus qui me double s’échappe un cri: « Julien! »...C’est Carlos, il sera aussi à Tarapoto ce soir.

Je termine sur les rotules et m’écroule sur un banc de la place centrale.

(NB: Pour la petite histoire, je vais revoir le type qui n’a pas voulu me laisser passer, le lendemain dans un bar de nuit, et je vais lui conter tout le bien que j’ai pensé de lui la veille.)


      
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18-04-2009

Iquitos - Yurimaguas (Bateau, 3 jours)

Le port d’arrivée n’est pas le même que celui de départ mais une similarité, l’anarchie.
J’arrive avec le vélo chargé et dois jouer au funambule sur une planche de bois pour accéder au ferry/barge. Un déséquilibre et je verserais dans la boue avec le vélo.
Finalement, je me fraye un chemin sans trop de difficultés et discute le prix du voyage en soute de mon vélo et de l’attirail.

Ensuite direction le deuxième pont, il me faut trouver un endroit stratégique pour accrocher mon hamac.
Et comme, on est au lendemain du carnaval, il y a beaucoup de monde qui ont fait le même choix de voyager aujourd’hui.
Sur le premier pont, la vision est incroyable, il y a des hamacs absolument partout. L’idée qu’ils ont eu je pense est de mettre dans l’emplacement d’un hamac, trois de ceux-ci. Alors bien sur, ils sont nombreux à avoir l’habitude de dormir de telle façon. Mais tout de même, l’organisation est impressionnante.
Serrés comme des « piranhas »?

Le deuxième pont est ouvert aux vents et de ce fait, moins dense en population. Les conditions pouvant être difficile si une pluie de mousson s’annonce. Le campement devra alors tenir sous les bâches de plastiques. Heureusement le temps va se montrer clément.

Ensuite, c’est une longue promenade sur l’eau. Le bateau fait de nombreux arrêts mais trop court pour que les passagers dont ce n’est pas l’escale, débarquent.
Les journées sont rythmées par l’appel de la nourriture. Matin midi et soir, c’est le branle bas de combat. Le bateau sort de sa torpeur et une file indienne se forme entre les hamacs.
Dans une main, son ticket, de l’autre la gamelle ou le Tupperware. Pas trop de surprise, le menu est réglé sur riz et poulet. Chacun de retour à son hamac mange consciencieusement et défile ensuite aux lavabos remontant l’eau du fleuve, pour la vaisselle.

Le round d’observation avec ses voisins arrive rapidement à son terme, la glace est brisée et le bateau dans une grande communion, se raconte.
Je rencontre une professeure qui va d’école en école en Amazonie, elle est particulièrement intéressante et se montre particulièrement volubile quand il s’agit de parler de son pays.

Je fais aussi la rencontre de Carlos. On a le même âge. Il se présente comme guide touristique.
En réalité, il vit plus au jour le jour, aujourd’hui sur la route après avoir fait le rabatteur un temps à Cusco, son fief. 
Il me dit que le touriste est exigeant, on ne peut pas lui mentir alors il va voir de lui-même les endroits qu’il pourra par la suite renseigner pour les touristes. Il a le bagout du guide et on accroche rapidement. Pendant le voyage, il va rencontrer un vendeur d’artisanat et va lui proposer de vendre ses portes clés sur le bateau.
Je pense, sans venir de Marseille, que plus de la moitié des voyageurs est reparti avec l’un d’entre eux. Le gouailleur réveille d’un sourire les familles alanguies qui se laissent alors prendre à sa malice.
Aux plus anciens il promet le retour de la jeunesse, aux jeunes, la réussite à l’école, aux hommes, les femmes…

Le voyage va durer ainsi deux jours et demi. Le bateau glisse sur l’eau et je suis au spectacle des villages rencontrés le long du fleuve, souvent rêveur, allongé dans mon hamac, bienheureux.

Le matin du troisième jour de bateau, je met pied à terre. Andres qui a moyen apprécier de voyager de la sorte, décide de prendre un bon hôtel pour se reposer.
Pour ma part, je vais partager la chambre la plus économique de toute la ville avec Carlos. Les standards de confort ont désormais une prise minime sur moi.

On passe une journée paisible et le soir on est de sortie. On fait connaissance avec quelques personnes et après quelques verres, le groupe décide d’aller danser. Mais après une demi-heure, je décide que je ferai bien de rentrer.

Dans ma tête cette idée fixe, demain je reprends le vélo. La dernière étape en Equateur me parait à des années lumières et j’ai des fourmis dans les jambes…


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Iquitos (5 jours)

L’arrivée au port se fait dans une cacophonie prodigieuse.
Les journaliers courent en tous sens. Le ballet des bateaux est complètement anarchique.

Et soudain, des grands éclats de rire. Deux des journaliers se chamaillent pour ce que j’imagine être le chargement d’une caisse et en arrivent aux mains. Alors une matrone se saisit d’une bassine et les asperge copieusement en les traitant de « malparridos » (mal nés). Tous les gens alentour sont hilares et au spectacle.

Après la sortie du port, ce qui frappe tout de suite, c’est le fourmillement après plusieurs jours de densité de population proche de zéro.
Aussi, du fait de la situation particulière de la ville (elle n’est connectée avec aucune autre par la route), les motos taxis sont partout. Pas ou peu de voitures mais des légions de tricycles à moteur.

Après les bateaux, une nouvelle fois cette vision me fait penser à l’Asie.
Enfin pour ce à quoi mon humble connaissance de l’Asie me fait penser. Je ne serais pas étonner de voir surgir James Bond lancé dans une course effrénée.
Au final, la réalité d‘Iquitos, c’est un vacarme assourdissant.

Pendant les cinq jours passées dans laville, je vais faire la connaissance de la femme de notre guide. Elle nous invite à déjeuner une journée avec Andres.
On découvre le quotidien d’une famille pauvre mais à la ville. Les égouts passent devant la porte et les enfants sont là partout. Mais aussi et surtout des grands moments de fou rire quand j’observe les deux derniers de la famille fabriquer des répliques de portables en terre et les voir ensuite s’inventer une conversation des plus importantes.

A Iquitos aussi, hasard du calendrier, c’est carnaval. Je ne me fais pas prier pour me faire inviter par la famille d’un des aides du bateau.
De tout le concert de « techno cumbia », je suis le seul étranger. Les yeux s’écarquillent sur mon passage et les rires arrivent vite. Le premier qui me repère tire de la manche d’un second et par réaction, je croise de nombreux regards, de rires et d’écarquillement.

Les 5 jours sont finalement rapidement passés et après un weekend festif, décision est prise de rejoindre Yurimaguas en ferry.

 

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17-04-2009

Amazonie. Rocafuerte - Iquitos (8 jours)

Il est midi a Panacocha le quatrième jour, le bateau est en vue et comme prévu fait un arrêt pour le déjeuner. Il est temps pour Andres et moi de partir.

On salue généreusement un village qui nous avait dès le début accepté avec bienveillance.
Je charge le vélo comme je peux du fait du manque de place. Le bateau voyage à plein mais bientôt je trouve ma place après m’être frayé un chemin entre des marchandises allant de la télé aux caisses de fromages frais.
Au fond du bateau, 2 roumains conversent avec 2 suissesses. Le reste du bateau est composé de locaux habitant le long du rio Napo ou de travailleurs des compagnies pétrolières.
Je me laisse aller à des rêveries au fil de l’eau.

Nuevo Rocafuerte, ville frontière et terminus du bateau est en vue en fin de journée.
La nuit est là depuis un moment et c’est bientôt l’effervescence de la descente du bateau.

Le village est plus important que celui de Panacocha mais il apparait moins attrayant.

Il a été construit il y peu suite à la guerre entre le Pérou et l’Equateur. L’anciene ville de Rocafuerte est passée du côté du Pérou et est devenue Pantoja. Nuevo Rocafuerte signifie, la « Nouvelle Rocafuerte »

On pose les affaires et on retrouve le soir le chauffeur du bateau que l’on invite à boire un verre sous un porche. On prends le pouls du quotidien ici en écoutant les histoires de notre nouvel ami.

Le lendemain au réveil, les deux suissesses sont parties pour rejoindre Iquitos au plus vite, voyageuses pour qui l’arrivée est plus importante que le chemin. Les roumains quant à eux, sont ici en version « tour » et sont partis de bonne heure visiter une lagune alentour.

Moi et Andres, nous réveillons avec un rythme lent et l’après midi, on part en quête d’une lagune que notre ami de la veille nous a indiqué être accessible à pied depuis le village.

Le lendemain, la pluie, clémente depuis notre départ de Coca, s’invite toute la journée et la lecture apparait comme l’alternative indiquée.
On en profite aussi pour aller aux nouvelles concernant les bateaux qui font le voyage jusque Iquitos au Pérou.
La réponse est sans appel, il y a un bateau tous les 15 jours et il est parti il y a deux jours…Coincés.


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La nuit a porté conseil, on décide de lever le camp ce matin et on arrange un voyage en pirogue jusqu’au village frontière côté Pérou.
On évaluera la situation sur place. On ne perd rien, ici, on a fait le tour.

Mais avant de poursuivre notre chemin, il faut s’acquitter des formalités douanière. Et je vais avoir la mauvaise surprise de ne pas retrouver la « carte de migration andine ». C’est un papier que l’on vous donne à l’entrée du pays, même si je ne suis pas vraiment sur de l’avoir eu une fois entre les mains, mon entrée au Pérou avait été chaotique. Toujours est il que le douanier ne veut rien entendre, si je n’ai pas la carte, je dois payer 250 dollars d’amende.
Je tombe des nues et je lui dis que je vais bien rechercher dans mes affaires si je le retrouve. En fait, il me faut réfléchir. Revenir en arrière est trop compliqué, il va falloir négocier.
Finalement, j’envoie parlementer la personne qui va nous faire traverser le frontière en pirogue. Ils se connaissent, il va argumenter le fait que je suis un jeune étudiant sans le sou. Après de longues palabres, le douanier me fait un faux document et il encaisse 50 dollars, bien sur direct dans sa poche.

Tout est arrangé et déjà on file vers Pantoja, la ville frontière du Pérou à une heure de pirogue.

On arrive sous la pluie mais le passage d’une frontière, c’est toujours comme un recommencement et une envie de découvrir le nouvel espace de jeu.
On fait rapidement la connaissance de Pepe et la belle histoire commence.

C’est un guide qui a accompagné deux biologistes finlandais jusqu’ici il y a trois jours depuis Iquitos. Il veut à présent redescendre mais aimerait ne pas faire le voyage à vide. C’est notre chance, le prochain bateau pour Iquitos est dans une douzaine de jours. Mais à nous de ne pas trop le montrer, il va falloir parler prix.
Finalement, on s’accorde sur 150 dollars pour 5 jours de voyage jusque Iquitos avec un guide chevronné et la promesse de découvrir cette Amazonie qui me fait rêver. (entre parenthèses, le prix payé par les finlandais était de 1000 dollars la semaine).

Le soir, on va faire tamponner les passeports. On a du attendre la dernière heure, le douanier était à la pêche. Quant on se présente devant lui, il est en serviette de bain…

On prend le départ le lendemain à 7. Moi, Andres, le guide, deux assistants pour le moteur et deux chiliens arrivés dans la matinée.

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[ L’expérience des cinq jours qui vont suivre est tellement dense en moments de vie qu’il m’est difficile de la retranscrire en détail. Deux moments forts tout de même: l’expérience chamanique et le bivouac en pleine forêt. Et en tres résumé, L’Amazonie, c’est comme dans mes documentaires de jeunesse, une pirogue qui remonte un fleuve marron avec des deux côtés des arbres immenses. C’est comme dans les documentaires sauf que je suis rentré dans la télé. ]

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Le chaman… 

Le chamanisme amazonien s’est présenté ce matin. Bien sur avant de venir en Amazonie, j’ai pensé à l’expérience formidable qui consisterait à être initié à une cérémonie chamanique.
Et sans la chercher, elle va se présenter au détour d’une conversation. Notre guide discute des croyances des populations ici et indique que si l’on est intéressé, il connaît un endroit où lui-même a été initié. Une lumière vient de s’éclairer dans mes yeux.

Le lendemain, je jeune et on arrive en vue de l’habitation du chaman en début d’après-midi. Le guide descend tout seul, il lui faut parlementer.
On est autorisé à débarquer et bientôt, on est assis sous le toit de palmes de son humble demeure. Pas de plumes ni de peintures. Pas de chichis mais une ambiance.
L’endroit a une énergie particulière. Le guide est tout en remontrances devant le chaman, impressionné.

L’homme est très entouré, palabre dans la pièce principale quand deux de ses quatre femmes cuisinent à l’arrière.
Je me présente et rapidement, je suis attiré par la cuisine…
Sur des feuilles de palmes, une tête de tapir et une moitié de singe. Les hommes salent la viande et les femmes préparent le massato.
Le massato pour un européen, c’est assez exotique. On fait une purée à base de yucca (manioc) dont une partie est mastiquée par les vieilles femmes de la maison et recrachée dans la purée. La salive aide à la fermentation. Ensuite, on arrose le tout d’eau marron directement puisée dans le fleuve.

C’est la base de l’alimentation ici. Et quand un visiteur se présente, il est de bon ton de ne pas refuser l’invitation… Au gout c’est moyen, ca pique comme un lait fermenté et des bouts filandreux de yucca vous reste entre les dents. Mais le plus inconvenant viendra par la suite avec le passage aux selles.

Après les palabres, il est temps de préparer la cérémonie du soir, de préparer le voyage sous ayahuasca…
L’ayahuasca est une liane, qui mélangée avec des feuilles de yage vous permet de vous nettoyer de vos maux intérieurs mais permet aussi un voyage aux pays des rêves hallucinogènes à la rencontre de l’esprit de la forêt.
On se dirige donc derrière la maison pour trouver les ingrédients à la préparation. Ensuite, tout est bouilli pendant une heure et demi environ. Se forme alors une mélasse au fond de la marmite. C’est prêt.

Le voyage se fait de nuit, les yeux ouverts.
La maison s’est endormie, les enfants dorment à même le sol. Je partage l’expérience avec les deux chiliens. On est assis en cercle. Le chaman récite une bafouille dans une langue inconnue et m’invite à boire l’équivalent du contenant d’une pellicule photos. Il se retire et dit revenir une demi heure plus tard… Je ne saurai jamais si il est revenu une demi heure apres.

Je perd la notion du temps, l’espace est déformé, je suis comme dans un rêve mais j’ai les yeux ouverts. Et puis la magie opère, je survole la forêt amazonienne en compagnie d’un perroquet. Je vois beaucoup de serpents dans ma divague, perd completement pied…
Et, tout à coup, une mélodie fabuleuse se fait entendre.
Dans mon rêve éveillé, une petite indienne vient de sortir de la forêt en jouant de la flute. J’ai comme un reflux émotionnel, le moment est juste...beau.

La mixture vous entraine dans une rêverie mais le charme peut retomber brusquement et vous revenez dans une semi réalité. Je m’aperçois alors que la mélodie de la petite indienne est en réalité le sifflement du chaman qui agit comme un véritable catalyseur émotionnel.
Il agite aussi un bouquet de feuilles séchées et le bruissement de celle-ci me fait bondir comme un chat pris par surprise.

Trois heures passent ainsi et le charme retombe. Je me couche sur le flanc, pensant trouver le sommeil mais quelques minutes plus tard, je me réveille en spasmes et me dirige comme je peux pour vomir extirpant les maux de mon corps comme il se doit finalement dans pareille cérémonie.

Le calme est revenu, je sors et m’éloigne quelque peu de la maison. Je suis comme dans le coton, le ciel étoilé, lumineux, se détache des ombres chinoises formées par les cimes des arbres.
Je me vois alors remercier la forêt aux quatre coins cardinaux. Je la remercie de m’avoir accepter en son sein. C’est cette impression qui domine, comme si j’avais franchi une porte, que ca s’est bien passé.
Et je ressens un immense plaisir d’être comme accepté. Je ne suis plus un étranger.

Je m’endors doucement dans mon hamac et me réveille quelques heures plus tard. La demeure est en effervescence, j’ai le sourire jusqu’aux oreilles, une paix intérieure.
Je croise alors le chaman, il vaque déjà à une tout autre activité. je lui dis merci. Il sourit.


Le soleil est deja haut dans le ciel, il nous faut repartir.


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Le bivouac version forêt amazonienne…

Le troisième jour de la descente du rio Napo en direction d’Iquitos, on emprunte un petit cours d’eau ou l’on admire une nouvelle fois des dauphins roses.
On s’arrête aussi en chemin acheter une poule à un habitant, elle nous régalera ce soir au bivouac…

En début d’après-midi, on se fraie un chemin pour le bateau à coup de machettes et on s’installe. Je m’empare d’une des machettes et m’attaque à déblayer un périmètre. Les moustiques arrivent en nombre, la sueur me gagne en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Je m’arrête rapidement, la main cloquée.
On installe les hamacs, la moustiquaire complètement hermétique et une bâche en cas de pluie cette nuit. On confectionne aussi des bancs au moyen de lianes très dures.

La poule est tuée (pour tuer une poule, rien de plus simple, vous vous saisissez de la tête et vous faites faire deux tours à la bête). On organise le repas et ensuite on part pour une virée au cœur d’une foret préservée en suivant les quelques traces de chasseurs de gibiers.

Les arbres sont immenses, la flore impressionnante. Tout prend des proportions démesurées. Les fourmis rencontrées sont grandes comme deux de mes phalanges.
Dans la forêt, il est possible de survivre avec les connaissances indispensables comme celle de reconnaitre la liane qui filtre l’eau et en fait une eau potable pour l’homme.
On visite ainsi comme un jardin extraordinaire.

Le soir je pars poser les filets avec un jeune du coin fan de massato. Je découvre une vouvelle dimension de la forêt car il m’entraine en pirogue entre les racines des arbres inondées. L’endroit est complètement vierge, on se sent revenu aux fondamentaux. Je me sens un peu gauche dans ce nouvel univers mais la nature vous donne un tel spectacle que je je répète wow toutes les deux minutes et voit mon accompagnant sourire de mon émerveillement.
Je lui dis que c’est incroyable, même lui vivant ici ne peut pas ne pas s’en rendre compte. Il me dit que oui, c’est beau.

J'ai respecté la nature, j'ai crié a l'interieur.

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Levés aux aurores le cinquième jour, on prend le premier bateau rapide jusque Iquitos que l’on atteint dans la matinée. De retour au developpement...

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