hualihza

Un an et demi de vélo sur les routes d’Amérique centrale et d’Amérique du sud

18-05-2009

Huaraz - près de Carpa (71 kms)

Retour au vélo après les montagnes version trekking. Je quitte la famille en inaugurant leur livre d’or et je m’élance sur une pente légèrement ascendante.

Après quelques kilomètres, je m’arrête en constatant un grincement au niveau de ma pédale gauche. Je pense d’abord à un desserrement mais en fait j’ai cassé un des roulements. Il me faudra réparer à la prochaine ville importante mais pour l’heure, je peux continuer en croisant les doigts pour qu’elle tienne le coup encore quelques kilomètres.

Ensuite et une nouvelle fois, je rate l’entrée du parc national à travers lequel j’avais pensé poursuivre ma route. Me rendant compte de mon erreur, j’arrête un camion pour qu’il m’indique l’embranchement. Je fais marche arrière et vers midi, retrouve la route désirée.
Je m’arrête pour me cuisiner une collation et profite d’une fenêtre de temps clément. Derrière et devant moi, le temps est au gris et à la pluie.

Le paysage me fait beaucoup penser à l’Ecosse et coup du sort, mon MP3 se met à jouer « l’hymne des celtes ». Les picotements m’envahissent quand débute « Tri Martolod » d’Alan Stivell, version concert. Je chante, je crie, j’ai la chair de poule, un énorme sourire. Tout seul au milieu de cette lande péruvienne, mes origines bretonnes prennent le contrôle et déclenche un déferlement de dopamine. Bagad Kemper, Lann Bigoue, ça enchaine, le moment est brillant.

Ensuite bien sur, vient le crachin breton. Quand la pluie se fait plus dense, je m’abrite sous un porche. Je suis au dessus de 4000m, le temps s’est obscurci, on est en fin d’après-midi, il va me falloir trouver un endroit pour le soir. Je repère un petit panneau indiquant le village de Carpa à 4 kilomètres…

Je reprend le pédalage mais passe 5 puis 6 kilomètres et…rien. Encore un village fantôme.
La pluie mélangé au froid se transforme en sorte de grêle, giboulées. Je n’arrive plus à passer les vitesses tant mes doigts sont engourdis. Je me fais une raison, il va falloir affronter les intempéries cette nuit.
Le soleil décline mais la pluie s’est arrêtée. Après plusieurs tergiversation, j’élis domicile à quelques mètres du chemin, en contrebas.

Je n’ai pas la force de me faire à manger et dine du muesli du matin. Je peine à gonfler mon tapis de sol tant mes lèvres sont tétanisées. Finalement, je m’introduit comme je peux dans mon sac de couchage, la nuit va être très froide…


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Posté par jrihani à 17:52 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Courage Dudul,

Après les pentes légèrement ascendantes... viennent les côtes qui descendent un peu :P

krkrkrk!!!!

Figure-toi que je fais bientôt mon baptême Breton, et attaquerai la découverte du massif armoricain par Plouezec dans une grosse semaine.

Je poursuis la lecture de tes aventures frisquettes,

bises,

Audrey

Posté par Audert, 19-05-2009 à 15:45

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