30-06-2009
Andahuaylas - Abancay
Andahuaylas - Avant Kishuara (52 kms) / Avant Kishuara - Abancay (92 kms)
A Andahuaylas, il y a peu ou pas de tourisme mais une ONG française est présente sur place et il est possible de croiser du gringo, des volontaires vivant ici depuis quelques temps. L’un d’eux a ouvert un café ou je vais passer une bonne partie de la journée de repos que je m‘accorde ici.
Le lendemain, je reprends la route juste avant midi, la faute au compatriotisme…
Encore une fois, la journée débute par une montée. Je ne suis pas dans les meilleures dispositions mais la pente n’est pas si importante et rapidement Andahuaylas n’est plus qu’une tache de civilisation en contrebas.
La route croise quelques habitations au départ, un village ensuite et puis plus rien. Je suis au col relativement rapidement mais du fait de mon départ tardif, c’est aussi déjà la fin de journée.
Je vais pourtant trainer en haut tant le spectacle des cimes enneigées me transporte. Et puis le froid arrive soudainement et il faut me remettre en selle.
Il fait bientôt si froid que planter la tente ici m’apparait peu raisonnable. Je décide de continuer pour dormir un peu plus bas, mais la nuit va me surprendre…
J’ai trop pris mon temps là-haut et le soleil décline très vite. Du coup, je pédale comme un forcené dans les hauteurs. Il n’y pas réellement d’endroit de camping, il me faut avancer.
Et dans ma malchance, je retire ma polaire d’un de mes sacs et arrime mal le tout dans la précipitation de continuer. Quelques centaines de mètres plus tard, je réalise que le sac est tombé…Je dois faire machine arrière (en montée). Une fois récupéré l’ensemble de mes affaires, la nuit est complètement tombée…Je dois continuer à la frontale sur ce chemin, les mains gelées.
Commence une longue descente, les mains sur les freins. La frontale n’éclaire pas grand-chose et j’essaye tant bien que mal de rester au centre du chemin pour m’éviter un à-pic fatal.
J’aperçois des lumières en contrebas, le moral remonte, une maison et c’est gagné pour le camping. Je croise deux ou trois camionneurs dans la descente. Ils me rappellent ma petitesse tant ils m’apparaissent gigantesques dans la nuit avec un système de lumière autrement plus efficace que le mien.
Et puis les lumières aperçues disparaissent du fait de la route sinueuse. Mes pensées ont du mal à sortir du « Qu’est-ce que je fais là? » accentuée par l’inconfort des conditions, le froid, l’obscurité, la dangerosité.
Enfin, j’atteins les marques de la civilisation, quelques maisons le long de la route. J’ai peur de ne trouver personne à l’extérieur vu l’heure tardive mais c’est le contraire qui va se passer.
A la deuxième maison, un homme me hèle et me demande ce que je fais là. Je lui répond être perdu…Ce qui n’est pas complètement vrai mais qui peut s’avérer plus propice à l’hospitalité.
Je lui explique que je fais du vélo (…), que les montagnes en haut étaient tellement belles que je me suis attardé et, que je me suis fait surprendre par la nuit. Et bien sur, j’en place une sur le fait que j’ai une tente et qu’un petit endroit de rien où la planter ferait de moi un homme heureux.
Deux minutes plus tard, je plante la tente juste à coté de sa maison.
Il a déjà vu des vélos passer mais jamais d’aussi prêt et il se montre très curieux quant à mon matériel. La palme pour mon réchaud qui me vaudra une explication de son fonctionnement devant toute sa famille écoutant religieusement.
Enfin, je tombe de sommeil mais la nuit eut put être un bon moment de repos si ce n’est ce chien qui aboiera contre la tente pendant des heures.
Le lendemain, je me réveille sous les yeux interrogateurs des enfants qui se préparent pour aller à l’école. Le chef de famille (qui s’appelle aussi Julian) vient me saluer aussi avant d’aller travailler sur sa parcelle.
Je lève le camp en début de matinée et reprend un chemin « éclairé ».
Je dépasse bientôt une ribambelle d’écoliers qui va de la petite fille sage et timide aux groupes de petits garçons qui veulent briller devant leurs amis en se moquant de ce gringo providentiel. Je répond aux sourires par un sourire et passe mon chemin.
J’arrive rapidement à la hauteur d’un village plus important appelé Kishuara. Peu après, je rencontre deux femmes sur le chemin. Elles m’indiquent que deux cyclistes sont passés hier et ont dormi un peu plus haut…Les Osmosnos?
J’atteins bientôt un petit sommet et dans la descente, je les aperçois. Grand plateau, quelques minutes plus tard, je suis à leur hauteur, Qui?…Les Osmosnos.
On échange sur nos derniers jours et on reprend la route à trois. La route tout en descente se fait belle. On traverse quelques pinèdes. La seule appréhension est de ne pas se laisser surprendre par certaines parties sablonneuses qui ont facilement raison de votre équilibre pour peu que vous arriviez vite.
Abancay, ville étape de la journée est en vue très tôt, sur la montagne voisine, après une longue et sinueuse descente et une petite remontée.
Je prends les devants dans la descente mais attends régulièrement les deux autres. Arrêts paysages, pain fromage, réapprovisionnement, crème solaire, etc…
La descente est rapidement derrière et une fois traversé le pont enjambant la rivière, on retrouve…l’asphalte. On rejoint ici la route principale allant de Lima à Cusco. Après cinq ou six jours sans avoir vu le pétrole sous les roues, on parait rouler sans effort. Même si la route monte jusque Abancay, on peut se permettre d’avoir un rythme régulier et c’est appréciable.
Abancay est atteinte en fin de journée. Elle n’a rien d’attrayant et débute par une longue avenue bordée de garages de voitures sales. La ville est étriquée, la Plaza de Armas mal située.
Avant de rejoindre un hôtel pour la nuit, je me fais interrogé par une télévision locale. Le journaliste n’arrête pas de passer du vélo à ma tête et j’en rajoute sur la beauté de sa région pour lui faire plaisir. Il repart guilleret.
Les dernières nuit ayant été courtes, le sommeil aura raison de moi tôt dans la soirée.
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