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hualihza

Un an et demi de vélo sur les routes d’Amérique centrale et d’Amérique du sud

07-07-2009

Abancay - Cusco

Abancay - Sahwite (45 kms) / Sahwite - près du paso après Limatambo (91 kms) / Près du paso après Limatambo - Cusco (64 kms)

Abancay est quittée sans regret. Je prend la route en solo, les Osmosnos enfourcheront le vélo plus tard.
Tout de suite la route présente une particularité avec deux options, une route à la pente très  marquée et une autre tout en lacet. La plus pentue est j’imagine privilégiée par les véhicules dans la descente. Je vais quand mêm faire l’essai de celle-ci pour couper un virage…Je ne le retenterai plus ensuite.
La route monte ainsi d’un lacet à l’autre, serpentant entre les maisons. Je salue les villageois qui me dévisage et monte lentement.
Et puis je fais une rencontre, un français en solo sur la route et…à pieds. Il monte avec un sac à dos léger et traine un petit chariot avec le reste de ses affaires. On hallucine respectivement sur le paquetage de l’autre. On fait connaissance, partageons le pain sur le bord de la route et on se quitte, j’imagine avec cette même idée de l’autre: « motivé le gaillard ».
La route monte longuement mais c’est asphalté. Je serpente en solo voyant Abancay diminuer petit à petit, le sommet arriver peu à peu.

Et, une nouvelle fois un cri de bonheur. Un décor qui ressemble à une image de puzzle, les coniferes au premier plan, une chaines de sommets enneigées en arrière plan. C’est magnifique. En plus, une lumière oblique vient parfaitement éclairer les cimes. Je laisse mon vélo prendre de la vitesse dans la descente mais je n’arrive pas à ne pas m’arrêter àchaque nouveau point de vue.
Peu après, j’atteins la communauté de Sahwite. Ici est entreposé une imposante pierre inca entièrement sculptée. Il s’agissait en fait d’une fontaine. Le site inca est de second ordre mais l’intérêt revient à la pierre. On y distingue nettement tout un bestiaire: crabe, grenouille, singe et j’en passe.

Je fais la visite entouré de jeunes filles du village. La plus grande doit avoir 10 ans, elle me demande une propina pour des explications en plus de la petite somme versée à l’entrée. Je préfère leur offrir à toute les bonbons qu’il me reste et erait quitte pour ramasser les papiers jetés nochalamment.
J’engage ensuite la conversation pour savoir s’il y aurait possibilité de planter ma tente sur l’un des cotes du terrains de foot situé à coté de la pierre. Elles ne savent pas trop mais j’irai trouver finalement un adulte qui me répondra par l’affirmative.

Ce soir je rêverai de ballon rond et de gloire footballistique.

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Le réveil est frais et le lait de mes céréales proche de 0°C ce matin. Je traine en attendant les premiers rayons du soleil et me remets en selle.

Je descend jusque la ville voisine ou je complète mon petit déjeuner de riz et de viande. Tourner les jambes sur un vélo, c’est un estomac qui en veux toujours plus.

Dans la dégustation, je me retourne et retrouve…les Osmosnos. Ils ont dormi  un peu plus haut que moi et m’ont rattrapé à la faveur de mon arrêt. On reprend la route ensemble.
Le paysage, une nouvelle fois est grandiose, on redescend en direction du rio bleu turquoise au fond des gorges.
Dans la descente, on croise un couple de cyclistes d’expérience. Ils sont hollandais et on va rester un long moment à échanger sur le côté de la route.

En bas des gorges, on croise des touristes en activité canyoning...On se rapproche de Cusco.
S’ensuit un long faux plat montant sous le soleil. Les Osmosnos ont les jambes aujourd’hui et là où je pensais légèrement remonter le dernier col avant Cusco pour véritablement fournir un effort le lendemain, ils continuent sans piper mot.

Je les accompagne lentement mais surement jusque la fin de la journée. Et je vais me jouer tout seul, un mauvais tour.
Alors que l’on attend David (arrêté pour remplir sa poche d’eau de 10 litres en vue du campement du soir), je m’arrête en surplomb à la faveur d’un lacet et ne fais pas attention à la végétation autour. En repartant, mon pneu s’est orné de fleurs épineuses. En les retirant du pneu, un léger chuintement se fait entendre…Crevaison.
C’est le mauvais moment, il doit rester 25 minutes de jour. Je suis pourtant bloqué, pneu complètement à plat. Je leur dis de continuer et de trouver un endroit en me laissant derrière. Je leur indique juste de réaliser une pyramide de pierre sur le bord de la route pour retrouver le campement. Et je répare.

J’ai enlevé deux grosses épines mais ne retrouve qu’un trou. Rustine, repaquetage, ca a du prendre 15 minutes. Et commence la longue ascension en solitaire. Il se passe dix minutes et la nuit est complètement tombée. Je pédale à l’énergie et n’essayant de ne rien perdre du côté de la route et d’une éventuelle pyramide. Je passe une première demi-heure et commence à douter. Et le pneu qui recommence à se dégonfler…le deuxième trou. Impossible a réparer à présent, on n’y voit goutte.

J’interroge alors les quelques personnes que je croise sur deux cyclistes en amont. On me répond systématiquement par l’affirmative. Je continue donc et pompe régulièrement.
Ma situation est chaotique. Peu ou pas d’endroit pour camper, la nuit est tombée, la mécanique fait des siennes, je suis fatigué.
Je m’accroche et encore une grosse demi-heure plus tard, je distingue la lueur d’autres frontales…Je les ai retrouvé. Ils n’ont pas trouvé de campement idéal et la nuit les a aussi surpris dans leur recherche. On fait alors machine arrière d’une centaine de mètres et on décide d’aller frapper à une maison isolée.

Je suis le préposé à la demande du fait de mon niveau d’espagnol et je tombe sur un jeune adolescent qui s’empresse d’aller chercher sa mère devant une telle apparition.
Cette famille va s’avérer d’une hospitalité exemplaire et nous invite rapidement à nous installer dans l’arrière cour.
On s’installe en moins de temps qu’il ne faut pour le dire et bientôt les réchauds sont de sortie. Je ne suis pas mécontent d’en avoir terminé pour aujourd’hui. Et demain…Cusco!

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Après près de 4 semaines dans la cordillère andine péruvienne, tendu vers un objectif, Cusco sera atteinte dans en fin de journée. Le matin se fait d’autant plus agréable. De plus, hier en fin de journée, on a bien avancé et le passage du dernier col est à présent tout proche. Ensuite une longue descente et la dernière montée sur la capitale inca.

Peu de chose à dire sur cette dernière journée. La montagne est derrière, les hommes fatigués mais heureux d’en finir avec ce tronçon.
L’essentiel de la journée se fait dans une vaste plaine. Et puis cette arrivée sur les hauteurs de Cusco.

La ville est belle vue d’en haut et magnifique vue d’en bas. Je vais prendre le temps ici.

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Posté par jrihani à 00:47 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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